• Devenir une « ville éponge » : la solution de Berlin face à la sécheresse
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    Tu vois, à Toulouse où ces 2 derniers mois le thermomètre est resté biens souvent la nuit au-dessus de 30 degrés, le service de l’urbanisme ne savait pas il y a 8 ans ce qu’est une toiture végétalisée. Je ne suis pas allée vérifier, mais vu la politique du maire actuel ils n’ont pas du beaucoup changer d’optique. Les touristes de passage trouvent qu’il y a beaucoup d’arbres en ville, merveilleux. C’est sur que plantés il y a 240 ans les platanes des canaux sont de belles cathédrales d’ombre mais si maltraitées… Ça n’empêche pas les grosses bouses (qui sait si ce ne sont pas les services de la ville d’ailleurs) de leur avoir coupé les magnifiques lierres qui montaient jusqu’à leurs cimes et les protégeaient de la chaleur en assurant gites et couverts à des tas d’animaux.

    Et pour la végétalisation des rues, aujourd’hui la ville installe très fière de ridicules bacs en metal sur une ou deux places de stationnement ou le sol bitumé n’est même pas retiré. Aaaah Berlinois, j’ai pleuré d’émotion là-bas à observer les habitants prendre soins des "mauvaises herbes" qui poussaient sur les trottoirs.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’eau de pluie.
    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.