[Maxime Saada, PDG du groupe Canal+] avait affirmé en mai que son entreprise ne souhaitait plus financer les films des signataires d’une tribune qui dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma. Elle visait le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, actionnaire de référence de son groupe.
Il s’était ensuite défendu de vouloir dresser une « liste noire », face à l’émoi dans la profession et au-delà.
Or mardi matin, 24 heures après l’annonce de l’accord, Maxime Saada semble bien confirmer l’existence d’une telle liste. Interrogé en marge des résultats de Canal+, le PDG a assuré qu’il « n’oublie rien ». « C’est 1 % des gens qui ont signé cette pétition. Je reste sur ma position, qui est que, si des gens portent préjudice à l’image de Canal+, on ne financera pas leur film », a-t-il dit.
« C’est quelque chose qui va être pris en considération et cela paraît naturel », a-t-il ajouté, tout en précisant qu’« on n’a, en revanche, jamais changé notre politique, et on ne la changera pas, de diversité du cinéma français ». Dans l’accord de financement présenté lundi, « on a insisté sur la diversité, les premiers films, les nouveaux films, les nouveaux talents, les films d’animation », a souligné le dirigeant.
Fin mai, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la CGT avaient annoncé une démarche en justice [ ▻https://www.lefigaro.fr/medias/tribune-anti-bollore-la-ligue-des-droits-de-l-homme-ldh-et-la-cgt-assignent ] pour contester l’éventuelle mise en place d’une liste noire.