INSOLITE. Dans cette grotte miraculeuse se sont réfugiés les malades de l’épidémie dansante de 1518
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(...) Les danseurs fous de Saint-Guy, « la peste dansante »
La grotte Saint-Vit (qu’on peut traduire en français par Guy) connaît une immense notoriété à partir de 1518. C’est à cette époque que Strasbourg frappée par la famine est prise de manie dansante, de peste dansante ou de danse de Saint Guy.
Dans un premier temps, pour apaiser la frénésie collective, les médecins et prêtres de l’époque prescrivent de soigner le mal par le mal. Des musiciens sont chargés d’accompagner les danseurs fous dans l’espoir que la musique leur permettrait d’expulser cette étrange énergie qui les possède. Mais le remède est pire. Des danseurs meurent d’épuisement.
Alors, face à l’épidémie inconnue, les autorités religieuses décidèrent d’emmener de force tous les malades affectés par la danse de Saint-Guy dans la grotte miraculeuse. D’après le chroniqueur de 1518, Daniel Specklin : « On disait une messe pour les malades qui étaient chaussés de rouge. Ils devaient ensuite tourner autour de l’autel pendant qu’on les aspergeait d’eau bénite. Enfin, on les signait du Saint-Chrême ». Et Ô miracle ! Ils étaient effectivement tous guéris.
La science contemporaine s’est penchée sur le phénomène de la danse de Saint-Guy et sur la résolution de ces miracles. Pour elle, la danse de Saint-Guy est une intoxication de la consommation de seigle par un champignon, l’ergot, qui peut provoquer des hallucinations et des spasmes incontrôlés. Elle explique également que des phénomènes de transes collectives peuvent survenir chez des individus vulnérables qui croient aux châtiments divins. Pour les malades, le fait de manger du pain non contaminé lors de leur voyage de Strasbourg à la grotte Saint-Vit (44 kilomètres de distance et 1000 mètres de dénivelé au total) et de répondre à leurs croyances par des prières libératrices peut suffire à créer bien des miracles…
Il n’empêche, à partir de 1518, la grotte Saint-Vit va se faire une réputation de « grotte guérisseuse miraculeuse », bien au-delà de l’Alsace. Tous les danseurs fous s’y rendent. En 1520, Diebold de Furchhausen s’y installe comme premier ermite. En 1541, une maison y est construite au-dessus de la grotte. En 1581, une chapelle y est édifiée pour accueillir les fidèles et récolter les généreux dons pour l’Eglise.
Mais au fil du temps, les pratiques dans la grotte vont se montrer de plus en plus déviantes et blasphématoires. On y atteste de nombreux exorcismes. Des femmes en mal d’enfant déposent des ex-voto en forme de crapauds. Face à ces pratiques que le christianisme réprouve, les autorités religieuses par l’entremise du cardinal de Rohan, sont contraintes de fermer l’oratoire en 1758. Ils interdisent la messe dans la grotte. Le site est ensuite transformé en exploitation agricole et le pèlerinage est oublié.
Pourtant, selon une légende actuelle : des femmes déposeraient encore des ex-voto en forme de crapauds dans la grotte Saint-Vit…(...)
