Patrick Champagnac :
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Ce matin, je partageais la réponse de Pedro Sánchez aux attaques du gouvernement italien contre l’Espagne après la crise de Ceuta.
Beaucoup auraient pu croire à une simple passe d’armes politique.
Mais Pedro Sánchez ne s’est pas arrêté à une déclaration publique. Il vient d’adresser une lettre officielle aux institutions européennes.
Au-delà du débat entre Madrid et Rome, je trouve intéressant de voir un chef de gouvernement répondre à des accusations non par des slogans ou des outrances, mais en s’appuyant sur le droit européen, les faits et les données de Frontex.
En voici un extrait :
« En moins de 48 heures, le gouvernement espagnol a entièrement repris le contrôle de la frontière. Il a apporté une importante assistance humanitaire et a procédé au rapatriement de la quasi-totalité des migrants entrés irrégulièrement.
La réaction des gouvernements européens a été très contrastée. La plupart nous ont exprimé leur soutien et leur solidarité, en proposant leur aide. D’autres, en revanche, ont choisi d’attaquer l’Espagne et de demander son exclusion temporaire de l’espace Schengen.
Une telle attitude, fondée sur des préjugés, des fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques, est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et au principe de solidarité qui unit nos États.
Elle est également contraire aux intérêts à long terme de l’Europe et au plus élémentaire bon sens. Ceuta ne fait pas partie de l’espace Schengen ; il n’y a pratiquement plus de migrants en situation irrégulière qui n’aient pas été rapatriés ; et, selon Frontex, l’Espagne est l’une des frontières extérieures les moins perméables de l’Union européenne, avec un nombre d’entrées irrégulières deux fois inférieur à celui enregistré, par exemple, en Italie ces dernières années. »
Au fond, ce qui me frappe le plus n’est pas le désaccord politique. C’est qu’à une époque où l’on gouverne souvent à coups de petites phrases, il est encore possible de répondre en invoquant les traités, les faits et les institutions. L’Europe ne peut fonctionner durablement que sur cette exigence.
(Rocco Femia )
