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  • Le populisme et l’érosion de la sphère publique

    Robert A. Heinlein, romancier et penseur politique américain, soutient que les étiquettes politiques telles que « démocrate », « communiste », « fasciste », « libéral » ou « conservateur » ne constituent pas des critères fondamentaux pour distinguer les citoyennes et les citoyens sur le plan politique ; l’humanité se divise plutôt entre celles et ceux qui cherchent à dominer les autres, et ce dernier groupe qui ne cherche pas à avoir le dessus sur autrui. Cette réduction de la vie politique à une asymétrie fondamentale déterminée par le critère de la domination offre un prisme utile pour comprendre le populisme contemporain.

    En réalité, le populisme ne démantèle pas la démocratie d’un seul coup. Il l’érode progressivement, jusqu’à vider de sa substance la sphère politique elle-même. Il commence par affaiblir les institutions intermédiaires — partis, syndicats et associations — et les remplace par une relation directe entre le « leader » et le « peuple ». Dans cette configuration, le désaccord se transforme en suspicion et la critique est présentée comme de l’hostilité envers la nation ou considérée comme une menace pour sa stabilité. Le débat public se réduit à des slogans et à une mobilisation émotionnelle.

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