François Isabel

Ni dieu, ni maître, nicotine & nirvana

  • « J’en ai vu les lancer contre des rochers » : pourquoi les pêcheurs tuent les tortues de Floride dans certains étangs du Vaucluse
    https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/vaucluse/avignon/j-en-ai-vu-les-lancer-contre-des-rochers-pourquoi-les-pec

    Les tortues de Floride sont aujourd’hui considérées comme une espèce exotique envahissante. Une fois malencontreusement pêchées, il est interdit de les remettre à l’eau ou de les laisser en liberté. Les pêcheurs, sans solution, sont souvent contraints de les tuer.

    Dans l’étang des bosquets, à Sérignan-du-Comtat, dans le Vaucluse, plus d’une vingtaine de tortues de Floride coulent des jours heureux. Si l’animal n’a rien à faire en France, il est arrivé dans les années 1990, exclusivement pour être vendu en tant qu’animal de compagnie. « Les gens les abandonnaient dès qu’elles grossissaient, puisqu’elles peuvent atteindre plus de 20 centimètres », relate Jules Theobald, le garde-pêche de l’étang des Bosquets.

    Seulement voilà, l’espèce s’est très, voire trop, bien adaptée au territoire et est devenue en quelques années une espèce exotique envahissante : « Sur l’étang de Sérignan, il y en a énormément cette année car elles se sont reproduites et qu’elles n’ont aucun prédateur ».

    Une surpopulation qui devient problématique puisque ces tortues, reconnaissables à leurs traits rouges sur les tempes, sont plus nombreuses que les autres espèces dans l’étang : « Elles mangent des insectes, des petits poissons et des amphibiens », ajoute le garde-pêche. Autre problème, les petits animaux peuvent être porteurs de maladie et notamment de la salmonelle.
    Des règles strictes à respecter

    Pour ces raisons, ces tortues exotiques sont soumises à des règles très strictes. En France, lorsqu’elles mordent à l’hameçon, les pêcheurs ont interdiction de les remettre à l’eau, de les remettre en liberté et de les transporter illégalement.

    On a essayé de contacter les organismes comme l’OFB (Office français de la biodiversité), mais ils nous ont conseillé de les congeler (moyen le moins douloureux pour tuer une tortue de Floride) car ils sont débordés et n’ont plus de place.
    Jules Théobald

    à France 3 Provence-Alpes

    Alors, les pêcheurs se retrouvent contraints de les tuer : « Certains utilisent un couteau, j’en ai vu d’autres les lancer sur des rochers, c’est quelque chose que je ne cautionne pas. C’est dommage car ce sont des animaux qui n’ont rien demandé, mais il n’y a pas d’autres solutions », se désole le garde-pêche.
    Tuées par congélation

    Selon lui, le meilleur moyen reste de les congeler : « Elles décèdent instantanément sans douleur, c’est la meilleure chose que l’on puisse faire. » Une méthode que Théobald aimerait éviter à l’avenir. Le garde-pêche espère obtenir plus d’aide de l’OFB et d’autres organismes pour récupérer les animaux sans les tuer. Il évoque également la limitation de la reproduction. Contacté à plusieurs reprises, L’OFB n’a pas répondu aux sollicitations d’ICI - France 3 Provence-Alpes. Sur son site internet, l’organisme rappelle que 60% des extinction globales d’espèces sont en lien avec espèces exotiques envahissantes.

    Si, pour l’heure, la situation reste encore supportable, le garde-pêche craint une invasion incontrôlable comme celle des écrevisses de Louisiane, qui provoque de gros dégâts.