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  • Survivre à la frontière : Ceuta et la (non-)crise du régime migratoire

    Comment expliquer l’afflux massif des derniers jours de juillet ?

    En juin dernier, sur le quai de la gare de Cordoue, Amin me racontait qu’il y a neuf mois, peu avant ses 18 ans, il avait quitté sa ville, Sidi Slimane, pour se rendre à Tétouan. De là, il s’est jeté à l’eau pour rejoindre Ceuta ; il a dû nager pendant neuf heures, en longeant la côte pour échapper à la surveillance à la frontière. Une fois à Ceuta, il a été hébergé dans un centre pour mineurs, puis transféré par le gouvernement espagnol vers un autre centre pour mineurs immigrés à Madrid. À sa majorité, il a dû quitter l’établissement et a vécu dans la rue avec d’autres jeunes immigrés. Heureusement pour lui, une procédure spéciale de régularisation des étrangers était alors en cours, dont il a pu bénéficier. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il était en route pour Málaga, où il avait une offre d’emploi comme réparateur de téléphones portables. Amin a survécu à la traversée jusqu’à Ceuta, mais sur les plus de cent quarante personnes qui ont péri en Méditerranée il y a quelques jours, aucune n’a eu autant de chance. Cette conversation a eu lieu en 2026, mais elle aurait tout aussi bien pu se dérouler en 2000 : le projet de passer la frontière demeure toujours d’actualité. Alors, comment expliquer cet afflux massif de ces derniers jours de juillet ?

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/05/apres-ceuta-pour-les-droits-des-personnes-migrantes-contre-toutes-les-formes-de-racisme-et-autres-textes/#comment-75402

    #international