• Vis ma vie de dév en 2026 – Pour la Science, n° 587
    Thomas Gerbaud.
    lecture chaudement recommandée…

    à feuilleter en kiosque, p. 64-65…

    Une journée comme une autre dans une entreprise de technologie. Les outils d’IA générative ont un impact direct sur notre métier. Témoignage d’une développeuse à peine fictive.

    … ou en version en ligne (avec #paywall), titre et chapeau assez différents…

    L’IA devait aider les développeurs, elle les condamne à relire du mauvais code | Pour la Science N° 587
    https://www.pourlascience.fr/sr/redresseur-de-code/je-n-ecris-plus-je-relis-du-code-genere-par-l-ia-le-quotidien-d-une-de

    Et si le vrai coût de l’IA en entreprise n’était pas le code qu’elle écrit, mais la compréhension qu’elle remplace ? Récit fictif d’une développeuse qui voit son métier glisser de l’architecture vers la relecture de code généré par des agents.

    Hier j’ai passé deux heures à relire une pull request (PR) générée par le PM. Pas un dév, un product manager. Il a branché Cursor sur le repo, a décrit ce qu’il voulait, et il a ouvert une PR. Les tests automatiques avaient validé son code. Mais, surprise : le code ne faisait pas ce qu’il prétendait faire. Fatiguant.

    Dans ce code, une fonction de 80 lignes gérait à la fois la validation métier, l’accès à la base SQL et le formatage de la réponse HTTP. Aucune séparation de responsabilité, aucune réutilisation de code pré-existant. Le genre de truc qu’on corrige chez un stagiaire en semaine 2. Sauf que là, c’est en prod et c’est le PM qui a mergé sa propre branche sur main parce que les tests sont verts. Depuis quand son agent a les droits, déjà ! ? J’ai mis quarante minutes à écrire un commentaire suffisamment diplomatique pour ne pas déclencher une n-ième réunion de crise. Enfin, moi j’ai écrit la version franche, Claude l’a rendue acceptable.
    […]

    • c’est le PM qui a mergé sa propre branche sur main

      En dehors de personnes devs, je me demande qui comprend un tel charabia professionnel ?
      Tant qu’à rester sur terre, si tu te poses la question voici un semblant de traduction :

      c’est le responsable des produits qui a fusionné sur la branche en production sa propre branche sans même avoir été relu par un+e humain contrairement aux pratiques d’approbation des participants au code mutualisé sur une plateforme GIT.

    • Discussion avec un consultant intervenant dans une équipe d’un CAC40. Les dévs ont un budget de tokens de 1000€ par jour. C’est épatant. Lui, il a budget illimité. L’équipe a un budget de 100K€ mensuel de licences. Ils ne le consomment qu’à moitié.

      J’ai pas creusé. J’ignore la signification précise de ce qu’il m’a indiqué.

      Je suis épaté de ce que notre métier est en train de devenir, sous l’impulsion de ces gens convaincus qu’ils sont montés dans le bon bateau.

    • J’entends des collègues très à l’aise avec les LLM, qui ne se plaignent ni de accoutumance (du LLM, pas l’humain), qui sauvegardent leurs prompts, qui ont tout plugué avec tout (comme dans l’article, GitHub via agent et MCP), et pourtant quand je vois ce qu’ils en font, je ne trouve pas ça tellement mieux que mes simples chat opportunistes et en dilettante avec Deepseek (pour le boulot).
      A part se sentir en meilleure pratique, je ne vois pas par où ils se distinguent.

    • J’ai créé le code (php,js,html,css,json) et fait évoluer l’ensemble des fonctionnalités d’un site de vente en ligne durant une vingtaine d’années sur un CMS français (sur lequel je reversais mes contributions) avec quand même 18 ans de bénévolat.
      Le client, malgré de longues explications, c’est là ou ton statut de dev doit comprendre les enjeux diplomatiques, avait du mal à entendre ni mes conseils (les informaticiens vous êtes bien tous les mêmes ai-je entendu un jour) ni que le site soit en évolution constante ni qu’il faille adjoindre temporairement d’autres personnes au projet.
      Résultat ? le client est parti voir ailleurs puis encore ailleurs et après un an et vu l’état du bousin aujourd’hui, une IA a dû passé par là pour massacrer l’ensemble et le porter sur un CMS américain bien pourri. Ce qui me chagrine c’est au final le pur gachis, ce joli site peaufiné dans ses moindres détails est devenu môche et surtout plus rien ne marche, même les process de la boutique n’aboutissent plus !
      Sans parler de la reprise de toutes les photos par des IAs pour des sites qui vendent les mêmes produits et ne s’embarrassent pas d’éthique pour se placer au premier rang des moteurs de recherche en mulitpliant les copies de code et de textes.

      Bref, les iAS sans derrière un cerveau humain en état de fonctionnement pour exceller dans les pratiques du web qui sont complexes et relèvent d’un métier proche de l’artisanat avec des années de pratique, c’est vraiment de la merde. Et puis, en patriarchiasse, j’ai un handicap élevé, je suis une femme, on peut donc reprendre mes sites et s’approprier mes codes sans même me contacter pour savoir si je peux aider et donc avant c’était « si une femme le fait je peux le faire » maintenant un cerveau normalisé au masculinisme ambiant c’est « si une femme le fait je peux le faire dix fois mieux avec une IA ».
      Ben non, raté, #droit_dans_le_mur

    • Mais dans quelle boîte laisse-t-on quelqu’un du fonctionnel pousser du code en prod ?? C’est un niveau de connerie assez fou quand même.
      De mon côté, petite note optimiste mais je trouve que la hype redescend un peu. Certes les IA sont là mais ce n’est plus considéré comme complètement magique dans le milieu tech. Maintenant j’attends que la bulle explose pour donner le coup de grâce (alors, on aura probablement encore de l’IA mais à mon avis beaucoup moins vu que les coûts risquent d’exploser).