• « La cause des pères : une stratégie pour faire passer une idéologie #misogyne » - #Sexisme - Basta !
    http://www.bastamag.net/article2961.html

    On peut déplorer que les journalistes n’aient pas pris la peine d’aller voir le site de ces militants, ce qui leur aurait permis de comprendre tout de suite à qui ils avaient à faire. Ils n’ont pas non plus vérifié les chiffres donnés par ces pères sur les gardes d’enfants. Celles-ci sont au profit quasi-exclusif des mères, pour la simple raison que les pères réclament moins cette garde ! Si ces messieurs ont été si vite et si bien écoutés, c’est que la société dans laquelle ils s’expriment est prête à accueillir leur parole. Les idées masculinistes vont dans le sens de notre culture, toujours structurellement misogyne, sexiste et prête à écouter n’importe quel idiot se plaindre des femmes. Imaginons un seul instant que des féministes soient montées sur une grue pour dénoncer les violences conjugales, qui pour le coup sont bien réelles. On aurait dit : qui sont ces hystériques extrémistes qui montent sur une grue ? Elles n’auraient pas eu 1/10ème de l’attention accordée à ces hommes. A moins qu’elles n’y soient montées nues, évidemment.

    • Toute confrontation produit des effets de balanciers, des retours de bâtons, c’est physique. Une lutte, même la plus juste, va engendrer dans son sillage des injustices, ça n’a rien d’extraordinaire, c’est une lapalissade. Oui le féminisme a ses excès. On doit y faire gaffe, ne pas le dénier.
      Ne serait-ce que pour ne pas prêter le flan a deux parasitages bien connus : la relativisation et la victimisation. La relativisation, c’est renvoyer hommes et femmes dos à dos, en disant que chacun a ses fardeaux et que ça s’équilibre. Et la victimisation, c’est encore plus pénible, c’est l’inversion des rôles, le bourreau qui se prétend victime, façon Zemmour, qui faire glisser le débat initialement porté sur la question des valeurs morales, vers le chantage émotionnel et la manipulation la plus abjecte. Souvent ils arrivent à leur fin. L’opinion est toujours plus vulnérable au déferlement émotionnel qui jaillit des médias, et toujours moins aux argumentaires conceptuels et aux raisonnements moraux.

      Le féminisme est une lutte, sans doute interminable, et tant qu’elle perdurera on se prendra régulièrement des dommages collatéraux dans les dents.
      En tant qu’homme, je veille à ne pas intégrer l’idée que je suis présumé coupable, car je ne suis pas loin de me plier inconsciemment à cette idée parfois. Ça c’est devenu le fardeau des hommes. Je le dis sans idée de relativisation ou de victimisation, mais juste parce que c’est un ressenti, et pour illustrer le fait que tant qu’il y aura de la culpabilité malsaine chez les mecs, certains continueront à se laisser aller à de la victimisation malsaine en réaction. Bref, le chemin sera encore long..

    • @petit_écran_de_fumée
      « Oui le féminisme a ses excès. On doit y faire gaffe, ne pas le dénier. »
      Je ne veux pas dénier, mais si tu ne donne pas le détail je ne comprend pas du tout de quels « excès » tu veux parler.

    • Ce ne sont pas des excès très graves selon moi, simplement ils sont fréquents. En général c’est une histoire d’amalgames, de lecture sexiste d’une situation dans laquelle on se sent impliqué à tort, de procès d’intention, lorsqu’on est réduit à notre identité masculine. Ce n’est pas non plus scandaleux, ça s’explique, on est dans une lutte, c’est normal, on n’est pas chez les bisounours, mais c’est lourd.

      Tu pourrais peut être ressentir ça si tu entendais régulièrement « vous les français.. » en parlant de la guerre d’Algérie, de Total, du nucléaire, de la françafrique, de DSK. Ce n’est pas agréable d’être réduit à son identité de français, d’âtre assimilés à tout ça. C’est lourd.
      Moi je ressens cette gêne quand on me réduit à mon identité de mec. Je culpabilise d’entendre souvent « vous les mecs » quand on parle de prostitution, domination, abus sexuel ou viol.

      J’évoquais essentiellement cela. Ça peut sembler futile, et bien dérisoire par rapport aux effets de la domination masculine, mais cette culpabilité latente existe et peut favoriser un déni masculin, voire de l’anti-féminisme. J’espère que cela ne sera pas interprété comme de la relativisation ou de la victimisation masculine, j’exprime ce qui me semble être un phénomène « mécanique » à considérer sur ce sujet.

    • Merci pour ta réponse @petit_écran_de_fumée
      Le phénomène « mécanique » c’est très bien décrit et ca va me servir. Je trouve ca mieux que « les excès » qui était à mon avis un peu maladroit et est une expression qu’utilise beaucoup les masculinistes, d’où mon « dégainage d’intentions procédurales » ^^

      J’espère que tu ne m’en veut pas :)
      Bonne fin de journée à toi.

      #seenThis_police