• Aix : une femme de détenu raconte son quotidien
    http://www.laprovence.com/article/actualites/2280196/etre-femme-de-detenu-cest-etre-enfermee-a-lexterieur.html

    Elle nous raconte le tout premier parloir à la prison, qu’elle pensait pourtant avoir oublié : « Je ne savais rien. Les dames de la Halte Saint-Vincent m’accueillent et me montrent tout. J’attends devant, avec le... troupeau. On est au milieu d’inconnus, des hommes et des femmes. Des enfants mal élevés, d’autres très bien élevés. On n’est plus qu’un numéro. Les surveillants, dans l’ensemble, sont gentils avec nous. Heureusement, car s’ils ne l’étaient pas, on n’est pas en position de force ».

    « On s’habitue à tout »

    Une quelconque solidarité se noue-t-elle au fil du temps, avec les autres visiteurs et les autres compagnes ? « Pas pour moi. Je me sens isolée et je m’isole volontiers. Des détenus ont parfois fait des choses ensemble, alors leurs femmes se connaissent. Cen’est pas mon cas ». Son homme est seul en détention, Françoise aussi, comme par ricochet peut-être.

    La suite ? « On nous appelle, on attend. La première fois, j’avais terriblement peur qu’on ne m’appelle pas et de ne pas le voir... Puis on rentre. Tapis roulant, portique, le soutien-gorge qui sonne et qu’on doit enlever. Il faut faire avec tout ça. On quitte ses chaussures. Ils ouvrent, on traverse la cour, on voit les barbelés. On attend ensemble, dans une pièce où on est enfermés les uns avec les autres... », récite-t-elle comme une histoire apprise par coeur. Avant de suspendre sa phrase et de commenter avec un sourire de passage : « Tiens, en racontant ça, je me dis qu’on s’habitue à tout... »

    #prison #parloirs

    • Hier sur #Canal_Sud étaient lus des textes de détenus qui sont incarcérés dans des prisons modèles françaises toutes neuves. Comme je suis tombée sur la radio en conduisant, j’ai d’abord imaginé que ces textes témoignaient d’une époque révolue, ils étaient pires que celui de A.Londres racontant Cayenne.
      #gloups On peut les lire dans #L_Envolée.

    • Le terme de prison-modèle, détenu-modèle me semble être un des plus merveilleux exemples de novlangue banalisée.

      Car après tout, de quoi parlons-nous ? Des lieux dans lequel les atteintes à la propriété, aux moeurs et au code du commerce sont sanctionnés par l’enfermement. Si on pouvait y mettre les roms, les musulmans, et les femmes mal habillées par leurs maris, on les y mettrait, mais ça ferait sans doute trop peur aux marchés financiers pour qu’on s’y risque. Nous avons voulu construire une société de multipropriétaires solidaires autour de leur piscine collective en oubliant qu’accaparer l’espace au nom du droit ne se conçoit que lorsque l’espace est une ressource abondante.