• Par ailleurs, il importe de constater qu’existe effectivement un état d’esprit conduisant à envisager des logiques d’élimination (d’extermination ?) de la population, sous la forme de l’argument énoncé techniquement de “forces du travail” devenues inutiles (d’ailleurs inutiles par l’action même du corporate power). On retrouve dans son fondement du capitalisme prédateur et darwiniste l’état d’esprit de la grande Dépression, avant l’arrivée de Roosevelt, lorsque le secrétaire au trésor Mellon (l’une des plus grosses fortunes des USA à cette époque) déconseillait au président Hoover, en 1931, de venir en aide aux chômeurs, estimant que le chômage allait permettre l’élimination des individus inaptes au travail, incompétents, dépourvus de “conscience laborieuse” (c’était l’expression favorite de Mellon). Ce darwinisme social prend aujourd’hui des allures de folie engendrant la situation extrême qu’on connaît, dans tous les cas telle qu’elle est exposée par le système de la communication, et contenant évidemment une dimension d’autodestruction qui n’était pas perceptible durant la Grande Dépression.

    • On reconnait dans cette approche l’analyse malthusienne. Autrement dit une logique ancienne attribuée par commodité à Malthus pour la concision de son analyse. C’est à dire une pensée dépassée depuis 150 ans par les travaux d’une école de pensée toute entière dédiée à essayer de faire mentir ces prédictions.

      Mais il est sans doute commode pour les gros bourgeois d’oublier que sans état pour défendre par les armes l’inégalité, l’exploitation et la propriété, ils serviraient depuis longtemps de viande à pita aux pauvres. L’état est le bras armé de la bourgeoisie, sa milice financée par l’impôt.