Stéphane Deschamps

COMPTE ABANDONNÉ (Pas la peine de me suivre, je suis parti ailleurs. Bien à toi, visiteur/visiteuse.)

  • Changez de vie, apprenez à lire | ploum.net
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    Pourquoi lire rapidement ?

    La quantité d’information écrite dans le monde est inimaginable. Pour chaque composant de votre vie, il existe des centaines ou des milliers de textes affirmant tout et son contraire. Plus vous en lirez, plus vous pourrez confronter des idées, devenir critique, bâtir votre propre pensée. Mais il ne s’agit pas seulement d’utilitaire. La fiction est le souffle épique de nos vies, une source d’inspiration, de créativité. Ah, si seulement vous aviez le temps de lire tout cela !

    Ce temps, lire rapidement vous l’offre !

    Lire rapidement, c’est comme boire l’apéro rapidement : on savoure moins. Ou pas les mêmes choses.

    • Et c’est d’autant plus vrai quand on ne lit pas que des articles purement informatifs, et plus de plus encore quand on lit de la littérature et de la poésie. Lire Céline ou Rimbaud sans vocaliser, sans entendre la musique qui va avec : quel intêret ?

      C’est sûr que si on ne lit que Libé, Numerama, Github et Marc Lévy, ça peut être utile. :D

    • Lire plus rapidement, c’est avoir plus de temps pour penser à ce qu’on lit. Question d’approche.

      En considérant que le temps gagné sert à faire d’autres choses, tu fais un préjugé très fort.

    • @edas : Quel préjugé ? Je dis juste qu’on savoure moins ou qu’on ne consomme pas les mêmes choses.

      Moi je suis un gourmet des bonnes choses, que la plupart du temps je savoure (voire : que j’annote, dans le cas qui nous occupe), ça ne m’empêche pas de lire vite et en travers comme tout le monde des tonnes de trucs.

      Et donc je ne fais pas de préjugé (du moins je l’espère) mais je ne lis pas la fiction à toute berzingue parce que pas mal de choses doivent décanter, se tourner en bouche, et qu’il n’y a qu’une solution dans mon cas, c’est justement de ne pas lire tout vite.

      J’arrive à la même conclusion que Ploum :

      La fiction est le souffle épique de nos vies, une source d’inspiration, de créativité.

      … mais pas par le même moyen. Je confrontais les pratiques davantage que je ne jugeais, en fait.

    • Hééé, ça fait plaisir de te revoir @notabene !
      Ce qui est magnifique avec la lecture c’est qu’on puisse potentiellement lui consacrer le temps que l’on veut, lui donner le rythme de son choix, la savourer, la désirer, quel luxe !
      Après je trouve très pratique la lecture diagonale, c’est un bon exercice pour le cerveau de chopper la quintessence d’un écrit, voir d’ouvrir au hasard pour savourer un petit bout comme croqué. Mais chaque fois que je reprends un bouquin, j’ai l’impression de lire encore d’autres choses qui m’avaient échappé, et bien évidemment qu’à un autre moment de la vie, cela puisse résonner autrement. Et cette résonance, je me donnerais bien le droit de la quantifier en temps de lecture ! :)

    • Je pense qu’il y a incompréhension sur ce qu’il nomme la lecture rapide. Il ne s’agit pas de « lire vite » dans le sens « lire en travers et moins s’intéresser au contenu », mais dans le sens « voir et comprendre plus rapidement ».

      Ce qu’il vise, et c’est pour ça qu’il parle d’apprendre, c’est ce qu’on enseigne parfois aux thésards dans l’option (quelques heures) qu’ils choisissent et qui représente le seul « cours » qu’ils ont. Sandrine est passée par là, et quand elle m’a expliqué j’ai confronté et c’est un peu ce que je fais naturellement.

      Pour moi ton message c’est comme quelqu’un qui me dit que comprendre ou connaitre les additions et multiplications standard l’empêche de goûter les mathématiques et qu’il préfère continuer à compter sur ses doigts.

      Savourer, annoter, décanter, n’empêche pas la lecture rapide. Je dirai « au contraire ». C’est parce que tu peux comprendre et lire le texte sans passer du temps à faire courir tes yeux sur la page et faire du déchiffrage (le terme parait très « CP » mais ça revient bien à ça, juste en plus efficace) que tu peux passer du temps à penser, à réfléchir, à annoter, à relire, à soupeser, à t’inspirer, à chaque page, chaque paragraphe, chaque chapitre.

      Lui le voit effectivement comme un moyen d’accumuler plus dans la reflexion au lieu de passer plus de temps sur le contenu en cours (et ça me conforte dans l’idée que quand il parle d’apprendre la lecture rapide, il se réfère bien à ces modules qu’on propose parfois aux thésards) mais c’est juste une façon de voir les choses.

      Le préjugé dont je parle, c’est penser que percevoir plus rapidement a forcément pour objectif de passer à la suite plus rapidement, alors que ça peut aussi justement avoir pour objectif de passer plus de temps de réflexion, d’immersion et de plaisir en le gagnant sur l’activité purement physique.

      On peut se dire que le déchiffrage force un peu la patience, et donc cette activité intellectuelle, mais c’est un peu se déresponsabiliser : L’activité intellectuelle tu peux aussi la faire par choix, pas que forcé par la contrainte.

    • J’ai parfaitement compris qu’il parle de comprendre plus vite, pas juste de « lire » plus vite abstraitement. Mais je persiste à dire que ce n’est pas possible dans l’absolu. Plus précisément : c’est possible seulement pour un certain type de textes, formaté d’une certaine manière toujours pareil, etc. Lire comme ça impliquera en partie d’attendre qu’un texte soit formaté de manière à pouvoir le lire comme ça (structure, intertitres, conclusion, pas d’ironie cachée dans des phrases au milieu qui changerait le sens, etc). Et à la longue ça peut donc aussi impliquer de soi-même écrire comme ça.

      Bref, ça va donc pour un truc d’universitaire ouais, lire des infos de journaux classiques, de la documentation sur le web, des textes scientifiques (et tous ces blogs écrits tous pareils).

      Par ailleurs la lecture globale est une aberration pour l’apprentissage de la lecture, donc mettre en avant la mise en mémoire de mots entiers pour des enfants, c’est assez inconscient. Une fois qu’on a déjà appris à savoir déchiffrer tous les phonèmes, qu’on sait lire des mots inconnus sans « deviner », là oui on peut éventuellement se mettre à mémoriser des mots. Mais seulement à ce moment. Si on veut augmenter le risque que nos gosses aient des problèmes de dyslexie ya pas mieux. Qui plus est quand on parle de l’apprentissage « républicain », à tous, pas juste à ceux qui ont des parents cultivés ayant du temps pour aider.

    • @edas :

      Il ne s’agit pas de « lire vite » dans le sens « lire en travers et moins s’intéresser au contenu », mais dans le sens « voir et comprendre plus rapidement ».

      Nan mais oui mais nan. Je comprends bien ce que tu veux dire, je ne parle pas de bâclage et si c’est ce qui ressort de ma réponse alors c’est que tu m’as lu trop vite ;)

      Nous comparons des choses incomparables : tu me parles d’efficacité, je te parle de saveur.

    • Peut être m’exprime-je mal, et dans ce cas n’en faisons pas une discussion interminable, mais je pense que tu te trompes en pensant qu’être capable de lire plus vite se fera au détriment du plaisir. Pour moi l’éloge de la lenteur ça veut dire flâner volontairement, pas peiner pour avancer.