• J’y vais ce week-end ;) Sans vouloir me la péter, je ne m’étais effectivement pas trompé il y a trois semaines en publiant ce petit billet au vu de l’engouement unanime autour de ce film. Je devrais me faire devin tiens.

    • Oui c’est de l’excellent spectacle et on ne va pas bouder son plaisir, mais je profite de #seenthis pour mettre mon grain de sel - @ ceux qui n’ont pas encore vu le film : pas vraiment de spoiler ici (d’ailleurs je ne vois pas ce qu’il y aurait à spoiler), mais lisez mon commentaire après la séance si vous voulez rester dans le trip jusque là ;).

      L’unanimité m’étonne toujours - « chef d’oeuvre », « film de la décennie », « on a raison d’être unanimes » - parce qu’elle focalise exclusivement, et sans le dire, sur la prouesse technique du film. De ce côté-là, on n’est pas déçu : superbes effets spéciaux, réalisme, plans léchés, bon jeu d’acteurs (Clooney fait du Clooney, c’est ce qu’on attend de lui). Mais l’abdication volontaire de la critique sur tout le reste que constitue un film pour ne pas risquer de gâcher la fête, justement, m’agace quelque peu.

      Est-ce que le film est important dans l’histoire du #cinéma, c’est une autre affaire, qui n’est jamais abordée. Le scénar est simple (une adaptation à l’espace des bonnes vieilles courses poursuites où le super-héros passe d’une voiture à un avion à un bateau à un sous-marin à un prototype improbable) et efficace, mais je ne dirais pas franchement exceptionnel, et même avec de grosses ficelles hollywoodiennes (soit dit en passant, marrante la résurrection de la bonne vieille guerre froide comme amorce de la catastrophe). Personnages simples, héroïques, sans découverte phénoménale. Sur la photographie, oui c’est beau comme des photos de Yann Arthus Bertrand, mais ça n’invente rien. Le son est traité de manière intéressante sur le plan technique (effets de distance et de spatialisation), tout en restant du son sagement spectaculaire.

      En somme : une visite guidée agréable et comme si vous y étiez de diverses navettes spatiales. Une forme de #tourisme par procuration, une fête de la technique cinématographique, un état de l’art des technologies du spectacle et une ode - désabusée, il faut reconnaître - aux technologies spatiales. Mais qu’on sache laisser le film à cette place-là... C’est du cinéma qui répond exactement à ce qu’on attend de lui, et précisément pour cette raison il n’invente rien.

      Je serais curieuse de savoir ce que @le_cinema_est en pense d’ailleurs, de tout c’la...

      #Gravity #consensus

    • Si on veut bien passer sur sa simplicité, le scénario du film accumule les bons points : un #film_catastrophe dont le héros est une héroine. Un problème géopolitique réel et difficile à visualiser (le missile, la réaction en chaîne). Quelques trouvailles sympa (le tableau de bord en chinois, « atterrir c’est décoller », etc.).

      C’est aussi une plongée à grand spectacle dans l’#espace, la navette et les stations, avec des images assez réalistes qu’on n’avait pas vraiment vues jusqu’ici, et qui ne fait pas cheap.

      Jusque là, OK, c’est le film de la semaine.

      Mais là où je ne suis pas d’accord avec toi, c’est quand tu fais la comparaison avec YAB pour dire qu’il n’invente rien. Parce qu’à mon avis ce ne sont pas les images de la Terre qui sont intéressantes dans ce film.

      Au contraire, c’est le fait qu’on tournoie dans le vide, que tout bouge de manière illogique pour nous terriens, qu’un repère spatial c’est un rythme de rotation (sur soi et autour de la Terre). Le fait que, quand tu ouvres un sas, la porte claque sous l’effet de la pression intérieure. Les mouvements impulsés par les propulseurs (et par l’extincteur). Et ça, c’est du cinéma, au sens premier du terme. C’est « les 40e rugissants » dans l’espace.

    • #vu

      Moi, j’ai trouvé un vrai intérêt aux images de la terre : Elles sont impressionnantes, elle est superbe et pourtant méconnaissable. Non seulement, il faut être calé en géographie pour reconnaitre les terres qu’on entrevoit, mais en plus, il faut faire une vraie gymnastique de l’esprit parce qu’on ne sait jamais dans quel sens on est. C’est surement là que le titre du film a pris le plus de sens à titre personnel.

    • Bon, ben moi je suis désormais certain que comme une part maudite de la population, je ne vois pas la 3d (seulement les effets haribo, en gros), donc C’EST VRAIMENT SUPER MERCI YEUX DE MERDE.
      En plus j’ai kiffé quand même !

    • Vu hier soir. Rien a ajouté concernant la petite critique d’@intempestive avec laquelle je suis d’accord, tout comme la remarque de @Fil sur la mise en scène (non conventionnelle et ludique)

      Mon problème c’est que j’ai eu zéro empathie pour le personnage (le jeu d’acteur n’est pas mauvais cela dit) car la forme prend trop souvent le pas sur l’émotion à transmettre.

      Après que ça fasse le buzz et reçoive tant d’éloge, ça n’est pas nécessairement lié à la qualité (ou pas) du film. C’est plutôt un phénomène à mettre en rapport avec le cinéma Hollywoodien qui ne se renouvelle pas, et les attentes d’un public lassé des grosses productions sans âme. Gravity est un film audacieux. Les critiques « officielles » quand à elles, aiment bien surfer sur la vague du « Wouha c’est original pour un blockbuster » - enfin j’ai l’impression.

      Je recommande Les Fils de l’Homme du même réalisateur, bien supérieur en tout point.