• L’usine et la société — Mario Tronti (1962)
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    Ce texte est inclus dans la première partie d’ Ouvriers et Capital intitulée « Premières hypothèses », dont il constitue le deuxième chapitre. La première édition d’Operai e capitale a été publiée en 1966 aux éditions Einaudi. La traduction française, en 1977 chez Christian Bourgois.

    Ce qui tout d’abord n’était qu’un rapport facilement discernable entre la sphère de la production et les autres sphères sociales devient désormais un rapport beaucoup plus complexe entre les changements internes à la sphère de la production et les changements internes aux autres sphères : ce rapport entre production capitaliste et société bourgeoise devient aussi beaucoup plus médiatisé, organique, mystifié, évident et dissimulé à la fois. Plus le rapport déterminé de la production capitaliste s’empare du rapport social dans sa généralité, plus il semble s’évanouir en ce dernier comme une de ses particularités marginales. Plus la production capitaliste pénètre en profondeur et envahit en extension la totalité des rapports sociaux, plus la société apparaît comme la totalité face à la production, et la production comme une particularité face à la société. Quand le particulier se généralise et s’universalise, il apparaît comme représenté par le général et par l’universel. Dans le rapport social de production capitaliste, la généralisation de la production s’exprime en une hypostase de la société. Lorsque la production spécifiquement capitaliste a achevé de tisser l’ensemble des rapports sociaux, elle apparaît elle-même comme un rapport social générique.

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