• Logique de l’enclos

    http://vimeo.com/80196474

    "Historiquement, la race a toujours été une forme plus ou moins codée de découpage et d’organisation des multiplicités, de leur fixation et de leur distribution le long d’une hiérarchie et de leur répartition au sein d’espaces plus ou moins étanches - là logique de l’enclos. Tel était le cas sous les régimes de la ségrégation. À l’âge de la sécurité, peu importe qu’elle soit volontiers déclinée sous le signe de « la religion » ou de « la culture ». La race est ce qui permet d’identifier et de définir des groupes de populations en tant qu’elles seraient, chacune, porteuses de risques différentiels et plus ou moins aléatoires." (Achille #Mbembe)

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2013/11/la-logique-de-lenclos.html

    #Enclos
    #Race
    #Racisme

    • Et ça ne fonctionne pas seulement dans le sens de l’oppresseur vers l’opprimé : hier Gare de l’Est avec mes cinq filles diversement chocolatées, je croise une Africaine qui nous lance « arrêtez de faire des bâtards » avant de se lancer dans un monologue sur la pureté raciale... Bon - je ne suis pas certain qu’elle était super équilibrée, mais c’est un exemple qui me semble montrer que la racialisation comme remède à la sensation de perte de repères sociaux n’existe pas seulement chez le « petit blanc ».

    • J’ai vu dans la rue à Courbevoie un garçon noir d’environ 11 ans qui insultait son père, noir lui aussi, à cause de la couleur de sa peau. C’était très violent, le père ne disait rien.

    • "Et ça ne fonctionne pas seulement dans le sens de l’oppresseur vers l’opprimé...", qui a jamais dit ça ? "Ce processus [de racialisation] constitue de nouveaux «  sujets historiques  » des discours idéologiques – c’est-à-dire crée de nouvelles structures d’interpellation. Ce processus produit les «  sujets racistes  » naturalisés, en tant qu’ils sont les «  auteurs  » d’une forme spontanée de perception raciale. Il ne s’agit donc pas d’une fonction externe du racisme   : il n’agit pas que sur ses victimes, ceux qu’il est censé désarticuler, c’est-à-dire réduire au silence. Ceci est également important pour les sujets dominés – les «  races  » ou groupes ethniques subordonnés qui vivent leurs relations à leurs conditions réelles d’existence ainsi qu’à la domination des classes dominantes dans et à travers les représentations imaginaires de l’interpellation raciste, et qui en viennent à s’expérimenter eux-mêmes comme les inférieurs, comme les autres. " (#Stuart_Hall)

    • A ce sujet, j’ai du mal à comprendre les impacts des démarches d’affirmation identitaire : constituent-t-elles une reconquête ou une marginalisation ? J’ai l’impression que ça peut être lu dans les deux sens... Tu as des sources qui traitent de cette question ?

    • C’est une thématique assez classique, qui a souvent été utilisée (en France) pour discréditer les « minorités » en lutte... En réalité cette « affirmation identitaire » est dialectique et contradictoire, elle peut permettre d’installer une « suprématie » de l’ordre dominant comme elle peut permettre une résistance à celui-ci. Tout dépend d’où elle provient (assignation ou choix) et qu’elle en est la finalité (émancipation ou asservissement).

      Deux concepts sont utiles pour la comprendre : celui de « renversement du stigmate » d’Erving Goffman (un exemple : http://bougnoulosophe.blogspot.be/2013/11/linvention-de-lappellation-beur.html#links) et celui « d’essentialisme stratégique » de Gayatri Spivak (http://seenthis.net/messages/25116).