• Sortir de l’hypnose numérique, #livre de Roland Reuss
    éd. Des îlots de résistance, 150 p., 13 euros.

    #Ecrans : Une fascination dévastatrice | #critique_techno
    http://www.marianne.net/Ecrans-smartphones-Une-fascination-devastatrice_a234295.html

    Le numérique fait de nous des êtres connectés en permanence, sous l’emprise de la fascination de l’écran et de l’omniprésence du smartphone.

    A chaque seconde, nous sommes affairés. Ce qu’exige l’esprit pour son déploiement, que nous sortions du monde, nous est devenu inenvisageable. Ainsi meurt le jugement. Notre existence est comme émiettée. Notre être est en morceaux. Notre temps nous est volé. La conséquence de ce morcellement : nous ne sommes plus capables d’#attention. De ce fait, les œuvres se ferment à nous dès l’adolescence, qui devrait être l’âge de leur découverte. Sur fond de la destruction de l’attention, le numérique poursuit un objectif : « éliminer le livre ».

    #métadonnées #individu

    Contrairement à ce qu’on nous chante, le contenu et le contenant ne sont pas dissociables.

    • J’avais une réflexion de ce type, dernièrement, avec le problème de la disparition des temps morts.
      Tu arrives en avance à un rendez-vous, tu pourrais en profiter pour buller, laisser vagabonder tes pensées... ben non : faut que tu feuillettes une revue abjecte de publicités et de fadaises consuméristes, mais plus sûrement, tu va te jeter sur ton doudou numérique pour faire quelque chose.

    • Notez que l’article de Marianne faisant l’éloge de ce livre a pour auteur un type très réactionnaire http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Redeker (ce qui ne m’étonne pas vue la tonalité du livre).

      Pas de nouveautés dans l’article de Redeker, juste les thèmes finkielkrautiens classiques, avec peut-être encore plus de confusion (par exemple entre le numérique et le Web, comme si tous les systèmes numériques avaient des hyperliens). Il y a aussi sa théorie du complot favorite « le numérique poursuit un objectif : éliminer le livre » comme si les dirigeants de Google et d’Apple se levaient chaque matin en se demandant « comment vais-je combattre Gallimard et Grasset aujourd’hui ? » Quant à son affirmation « le contenu et le contenant ne sont pas dissociables », elle montre un manque consternant de sens dialectique. Le contenant et le contenu ne sont pas indépendants mais l’un ne découle pas non plus directement de l’autre, la relation entre les deux est complexe.

      Sinon, pour rigoler, on peut noter que l’algorithme de la régie publicitaire a choisi d’accompagner l’article de Marianne par... une publicité pour un smartphone !

    • Depuis quelques mois — vraisemblablement depuis ma retraite monastique illuminée (cf. http://seenthis.net/messages/219017 ) —, j’ai plus souvent le nez en l’air — comprenez : pas plongé dans le smartphone — en particulier dans les « temps morts »… et c’est agréable. Savoir rester à ne rien faire, dans le contentement de l’instant, et en sourire… et à d’autres moments être connectée, en interaction avec les autres, dans le flux, plus dense. J’ai besoin des deux.

      Roland Reuss peut remballer sa rhétorique, lui qui oublie que les pages, aux limites finies, de nos livres — hérités du codex, qui remplaça le volumen, dont on ne peut pas dire la même chose, puisqu’il se déroulait… à l’infini ? — bénéficiaient déjà de systèmes de renvois, parfois signalés par une petite main, dite #manicule, laquelle semble être l’ancêtre du picto de nos hyperliens. Et toc.

      Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

    • Roland Reuss est l’auteur de la nouvelle édition, controversée et merveilleuse, de Kafka chez Stroemfeld Verlag - qui refuse par exemple de donner un ordre aux chapitres du « Procès » et les rend accessibles par un dispositif combinatoire...On peut lire son entretien il y a dix ans dans Vacarme sur la philologie anti-autoritaire - http://www.vacarme.org/article64.html

    • La présentation du livre sur le site de l’éditeur est intéressante :
      http://www.ilotsderesistance.fr/FicheLivreSortirDeLhypnoseNumerique

      La critique formulée dans Sortir de l’hypnose numérique s’étend à plusieurs phénomènes contemporains : la soumission volontaire aux injonctions omniprésentes de la publicité ; l’automerchandising ; la perte de toute sensibilité à la langue ; l’obéissance de certains professeurs d’université qui anticipent sur les programmes de recherche à des fins lucratives ; l‘acceptation irréfléchie d’une théorie économique greffée sur tous les domaines et qui a mis en circulation des notions comme celle de « modèle économique » ou d’« industrie des contenus », telle une nouvelle monnaie que chacun se voit aujourd’hui contraint d’utiliser.
      Elle fait également apparaître le débat actuel sur les droits d’auteurs comme étant le symptôme d’une crise : dans une époque principalement caractérisée par l’absence d’esprit, l’individualité créative se retrouve nécessairement sur la défensive. Cependant, pour le progrès quel qu’il soit, cette individualité reste indispensable.

      Le livre enfin, cet objet matériel à trois dimensions, revêt ici une importance exceptionnelle : il est le lieu de la réflexion ; il concentre l’attention ; il est le centre d’un contre-pouvoir (…).

      L’auteur est signalé comme ayant participé à un appel d’Heidelberg (pour le livre), en 2009, mais je n’ai pas trouvé de traduction en français.
      http://www.textkritik.de/urheberrecht/appell.pdf

    • J’ai acheté le livre, le titre "Sortir de l’hypnose numérique" était prometteur. Mais le livre est vraiment très mauvais, je n’ai même pas réussi à aller au-delà de la page 40.

      Il y aurait un très bon livre à écrire avec un tel titre ; mais ce n’est pas celui-là. Je vais garder la couverture, au cas où, et jeter les pages intérieures.