PICABRAQUE

Bohémien sans papier

  • Henri Maldiney (1912-2013), philosophe de l’art, de la parole et du trouble mental

    http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/12/31/henri-maldiney-1912-2013-philosophe-de-l-art-de-la-parole-et-du-trouble-ment

    Contrairement à la thèse souvent avancée selon laquelle une œuvre d’art ne saurait être comprise qu’en fonction de son contexte social et culturel, l’approche de Maldiney est résolument anti-historique : il considère que chaque œuvre est à elle-même son origine et s’attache à approfondir la notion de « surgissement ». « L’Art n’a pas d’histoire », allait-il jusqu’à affirmer, provocateur, dans L’Art, l’éclair de l’être (rééd. Cerf, 2012). Ce qu’est l’œuvre, même l’artiste « n’en sait rien avant d’être surpris par elle » assurait-t-il aussi, récusant la notion d’intentionnalité dans un autre ouvrage important sur sa réflexion esthétique : Ouvrir le rien, l’art nu, (Encre marine, 2000).

    Toute l’œuvre d’Henri Maldiney est le fruit de dialogues intenses, notamment avec ses amis proches les peintres Pierre Tal Coat et Jean Bazaine, les poètes Francis Ponge et André du Bouchet, les psychiatres Jean Oury et Jacques Schotte… « Au centre de la pensée de Maldiney, explique Jean-Louis Chrétien, est le sentir ». Non pour opposer le sensible à l’intelligible, mais pour placer au premier plan la notion d’ouverture de l’individu au monde, à travers une « crise » originelle tenant à la fois du saisissement et de l’épreuve.

    #art #philosophie #parole #langage #création #Maldiney

    • il n’est entouré que de Pierres, Jeans, Jacques, Andrés... je remarque la manque de femmes dans son entourage. C’est pas un philosophe du XVII, du coup ca me semble anormal de le voir entouré uniquement d’hommes. L’article en lien finit avec ceci ;

      « Il parlait avec les psychiatres, mais aussi avec les malades et les infirmiers, et développait une vision ouverte sur la personne du malade ». De ces échanges est issu un de ses ouvrages majeurs : Penser l’homme et la folie (Millon, 1993).

      Je sais que le français invisibilise le féminin, mais cette phrase a aggravé mon impression d’andocentrisme de cette « ouverture ». C’est encore pire avec le petit « h » à homme dans le titre de son bouquin. C’est peut être des erreurs du journaliste mais tout ceci m’a fait pensé que cette philosophie se passe sans la moitié de l’humanité.

    • N’était il entouré que d’hommes comme peut le suggèrer l’article ou n’est ce qu’une simplification (volontaire ou non) du journaliste ? Dans tous les cas, en y réfléchissant, quel qu’aient été ses choix personnels, il n’était pas facile, pour sa génération, de trouver facilement de femmes poètes, femmes psychiatres, ou femmes artistes peintres en abstraction (vous avez des noms ?). Et on peut observer que psychiatre/artiste/malade (quel que soit l’ordre :-)) est aussi bien féminin que masculin...

    • Et on peut observer que psychiatre/artiste/malade (quel que soit l’ordre :-)) est aussi bien féminin que masculin...

      Non en français il n’y a pas de forme neutre au niveau du genre. Tous ces mots sont au masculin pretendu neutre et ils invisibilisent les femmes comme c’est presque toujours le cas en français.
      http://cafaitgenre.org/2013/12/10/feminisation-de-la-langue-quelques-reflexions-theoriques-et-pratiques

      Pour ce qui est des malades en psychiatrie il y a un gros problème de sexisme, comme en témoigne les liens ci dessous :
      http://seenthis.net/messages/143771
      voire aussi le tag #victimologie

      Je ne veux pas attaquer ce philosophe en particulier, son andocentrisme apparent ou réel est banal. Tristement banal. J’essaye de relever cette banalité qui me semble injuste que ce soit en -1256 ou en 2013 ne change rien pour moi.
      Bonne soirée

    • Il ne s’agit pas que « psychiatre »/"artiste"/"malade" soit « neutre », ce que je n’ai pas écrit, mais aussi bien féminin que masculin. Mais peut-être pour être dans l’air du temps faudrait-il plutôt dire bisexuel... ou transgenre... La problématique de ce philosophe est ailleurs.