• Qui sont les clients des prostituées ?

    La grande majorité des clients considèrent ces femmes comme des objets de plaisir, les traitent avec mépris, voire colère, et surtout, font du sexe sans aucun engagement émotionnel, à la grande différence des non-clients. Les adeptes de la #prostitution affirment sans ambages qu’ils sont huit fois plus susceptibles que les non-clients de violer une femme s’ils pouvaient s’en tirer. Ce qui pourrait expliquer, malheureusement, que l’espérance de vie d’une prostituée américaine est de 34 ans.

    #femmes
    Je pense que c’est exactement ça le problème : les clients cherchent moins le sexe que le rapport de domination, la possibilité de mépriser et de nier l’autre à travers sa marchandisation.
    http://sexe.fluctuat.net/blog/49831-qui-sont-les-clients-des-prostituees-.html

    • Je n’ai pas lu l’étude, mais l’article que tu évoques ici, ainsi que ton commentaire précédent. Ce que j’en retiens, c’est un jugement moral. Je ne peux m’étonner du lien fait entre l’intérêt pour le sexe, exprimé par l’achat de services sexuels, d’une part, et des agissements condamnables en rapport avec le sexe, ici un viol, d’autre part.

      Le viol est illégal et scandaleux. Voilà, c’est dit. Trois femmes de mon entourage proche ou lointain se sont fait violer (et je ne compte pas les autres formes d’agressions sexuelles ou d’agressions connexes). Pourtant, je n’ai pas tant d’amies que cela. J’avais servi de confident et de conseil à deux d’entre elles dans les heures ayant suivi l’agression. J’avais mis des jours à m’en remettre rien que de cette écoute (mes conseils : urgences, police, psy). Des semaines durant, cela m’avait hanté. Je ne veux même pas imaginer ce qu’elles ont dû traverser depuis. À défaut d’être détruites (ouf !), ces femmes ont été abîmées (aïe).

      Aucun des trois violeurs n’a été condamné pour le viol. Deux absences de plaintes (malgré mes conseils dans ce sens), un non lieu (après des années de procédures). L’absence de conséquences, et les statistiques le démontrent, est une réalité. Pour autant, les consommateurs de services sexuels (l’étude ne semble pas se cantonner à la prostitution au sens strict, puisqu’elle inclus aussi le téléphone rose, et j’imagine aussi la pornographie dans toutes ses formes) ne sont pas tous des violeurs en puissance, si ?

      J’entends par là que ce lien me paraît étonnant. Les consommateurs de services sexuels éprouvent de l’intérêt pour le sexe. Et pour le sexe, hein, pas pour des histoires d’amour. Sinon, ils liraient « Les oiseaux se cachent pour mourir » plutôt que de s’abonner à « Net Video Girls ».

      C’est un peu comme constater que les amateurs de vitesse ont le permis de conduire, et d’essayer de faire un lien entre le permis et la délinquance routière. Le lien est patent. « Un conducteur a huit fois plus de chances de devenir un chauffard que ceux qui n’ont jamais conduit un véhicule de leur vie », pourrait-on dire. Le fait d’acheter une voiture montre-t-il du mépris envers le concessionnaire ? Le fait de payer pour se la faire réparer ou entretenir est-il condamnable ? Voire même prendre un taxi sans s’impliquer d’un point de vue émotionnel avec le chauffeur est-il scandaleux ? Tout ceci est-il pertinent ?

      Bon, il faudra que je jette un œil à cette étude...

      #viol #sexe #étude

    • Il existe de nombreux témoignages de prostituées affirmant qu’elles jouent justement un rôle social d’évacuation de la violence masculine. A part ça, la précarisation de leur situation dûe à la répression (la leur, ou celles des clients) n’est peut-être pas non plus pour rien dans leur faible espérance de vie : programmes de prévention sanitaires rendus plus compliqués, répression les obligeant à se cacher et donc à être plus vulnérables, etc. Je ne vois vraiment pas comment on peut parler de criminalisation du client sans mettre en difficulté (un peu plus encore) la personne prostituée, après je ne suis pas expert non plus hein, j’ai juste des potes qui pratiquent.