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  • Parfum de mensonges et eau trouble autour de l’immersion du Cosette, en Martinique - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6700

    Les défenseurs de l’environnement sont d’autant plus en colère qu’ils ont l’impression d’avoir été bernés : « Le 3 novembre en fin d’après-midi, le préfet de Martinique a annoncé à la presse que le Cosette serait convoyé en France pour y être dépollué, démantelé et recyclé. Et le 4 novembre à l’aube, sous prétexte de l’« apparition d’une voie d’eau » et d’un « péril imminent », nous l’avons vu quitter le port de Fort-de-France accompagné d’un navire de la Marine nationale. Il a été coulé à vingt-cinq kilomètres des côtes au niveau d’une décharge sous-marine déjà utilisée en juillet 2008 pour le sabordage du Master Endeavour », explique Garcin Malsa, président de l’Assaupamar.

    « Avec ses 2.500 tonnes de métaux pollués par de la peinture toxique et ses boues d’hydrocarbures, le Cosette constitue un nouveau site pollué à 2.700 mètres de profondeur. Il se trouve, qui plus est, dans le périmètre du projet de parc naturel marin dans la mer des Caraïbes que Ségolène Royal a déclaré soutenir lors de sa visite en Martinique fin août-début septembre 2014 ! », s’indigne le fondateur de Robin des Bois Jacky Bonnemains.

    Chez Robin des Bois, on s’est frotté les yeux quand on a reçu, en 2010, la photo du Cosette, vieux cargo de 99 mètres de long abandonné à quai à Fort-de-France. Jacky Bonnemains est devenu, au fil des décennies, l’un des grands connaisseurs de la sécurité maritime et du démantèlement des bateaux – l’association édite un bulletin trimestriel sur ce sujet. En comparant des photos, il reconnaît très vite l’un de ses vieux ennemis, le Zanoobia.

    « Construit en 1966, le Cosette avait eu au milieu de sa carrière le nom de Zanoobia. Un nom mythique pour nous, car le Zanoobia a participé à l’exportation depuis l’Europe vers les pays du tiers monde de déchets toxiques de l’industrie européenne et suisse », rappelle le fondateur de Robin des Bois.

    L’une de ses virées est restée dans les mémoires. En janvier 1987, dix mille fûts toxique quittent l’Italie pour Djibouti, avant d’être détournés vers le Venezuela. Là, ils sont déchargés en cachette et provoquent la mort d’un enfant. Caracas obtient de l’Europe le retour des fûts qui, réembarqués, parviennent à Tartous, un port syrien. La cargaison est si toxique que la Syrie n’en veut pas.

    C’est alors, en mars 1988, que le Zanoobia entre en jeu. « Il a réembarqué ces déchets pour la Grèce qui n’en a pas voulu non plus. Le navire a alors erré pendant plus de deux mois en Méditerranée avant que l’Italie dont ils provenaient à l’origine accepte de les reprendre », poursuit Jacky Bonnemains.

    #transport_maritime #déchets_toxique #mer_poubelle #loin_de_la_métropole