• L’accueil des jeunes #enfants, une priorité oubliée ?
    http://www.alternatives-economiques.fr/l-accueil-des-jeunes-enfants--une-priorite-oubliee_fr_art_1

    Le gouvernement a défini un objectif ambitieux en 2013 en prévoyant de créer 275 000 solutions d’accueil pour les enfants de moins de 3 ans sur la période 2013-2017. Même si cet objectif reste en deçà des besoins et de la promesse du candidat Hollande - qui avait avancé le chiffre de 500 000 places -, ce serait un progrès significatif. Pour le concrétiser, il faudrait créer chaque année 55 000 places, soit dans le projet du gouvernement : 20 000 en accueil collectif (crèches), 20 000 auprès d’assistantes maternelles et 15 000 à l’école maternelle pour accroître la scolarisation des enfants de 2 ans. Un récent rapport du Haut conseil de la famille (HCF) montre que cet objectif est loin d’avoir été atteint l’an passé [1]. En 2013, seulement 14 000 places ont vu le jour, au lieu des 55 000 nécessaires, avec 10 000 en crèches collectives, 6 000 en enseignement préprimaire et… 2 000 en moins auprès des assistantes maternelles.

    • Vivant dans un coin où il n’y a plus beaucoup de service public, pour moi, le but c’est de donner le choix aux femmes, dont celui de gagner leur vie pour n’être pas dépendantes d’un homme. Ensuite, il y a aussi toutes les femmes qui doivent assumer seules leurs enfants et qui n’ont pas d’autre choix que de travailler, avec ou sans mode de garde. Là, on se rend compte qu’avec, c’est mieux que sans.

      Après, au-delà du mode de garde se pose la question du revenu de subsistance qui éviterait effectivement à beaucoup de femmes de devoir se taper des boulots de merde payés que dalle et de se voir ensuite montrées du doigt parce qu’elles ont mal élevé leurs enfants. Mais certains disent que cela reviendrait à un salaire maternel qui scotcherait les femmes à la maison.

      Dans tous les cas de figure, plus de mode de garde collectifs = plus de choix. Sinon, l’absence de choix se fait systématiquement au détriment des femmes.

    • Je plussoies, pour que des choix existent il y faut des mesures collectives (PAJE, crêches, communauté, etc.). Cela permet y compris que soit de fait mise en question la « priorité à l’emploi », au nom de laquelle on restreint l’accès des enfants de chômeurs aux cantines, comme l’accès des enfants de précaires aux crèches. Dans ces deux cas, la remise au travail, domestique (nourrir, prendre soin), est à l’ordre du jour, ce qu’expriment clairement ces restrictions (on invoque le manque de places... encore un #déficit, organisé) c’est que ne pas avoir d’emploi, ou être à temps partiel, deux situations pourtant extrêmement fréquentes, ne devrait pas rester impuni.
      Est aussi en cause la possibilité pour les jeunes enfants d’établir des relations par delà le cercle familial.

      #familialisme #droit_au_chômage

    • Dans les toutes premières années, les enfants ont avant tout besoin de personnes référentes de confiance, régulières, toujours les mêmes, qui les aiment, qu’ils voient souvent, avec qui ils ont des contacts physiques, charnels, et des paroles adressées individuellement le plus souvent possible. Bref, des « parents », quels qu’ils soient (un, deux, trois, hétéro, homo, ou autre, peu importe). Les relations sociales supplémentaires, ils ont des années et des années pour les avoir ensuite, une fois que leurs premiers besoins ont été pris en compte.

      Tous ces trucs sur le travail, c’est pour les adultes, et pour l’économie. On argumente de soi-disant bienfaits pour les gosses après coup, pour se justifier.

      La question de l’indépendance des femmes est évidemment une question super difficile à réfléchir. Mais perso, ça me fait toujours chier d’y répondre au détriment des l’éducation « primaire » des enfants. A mon avis ça ne peut rien apporter de bon sur le long terme à part perpétuer la manière de vivre actuelle.

    • Pour remettre de l’équité dans le partage des tâches, pourquoi ne pas proposer à l’un des parents la possibilité de rester à la maison pour s’occuper des enfants moyennant une rémunération qui s’apparenterait à l’actuel congé parental sauf que là, il ne s’agirait plus d’un congé mais d’une réelle activité rémunérée.
      Pourquoi écarter le parent d’une possibilité de déléguer l’activité éducative à des structures bien adaptées et qui ont fait leurs preuves (halte-garderie, crèche parentale) afin que cette personne puisse aussi avoir une vie sociale et ne pas être reléguée dans son seul rôle d’éducateur. Tout en sachant garder une certaine mesure, évidemment, et ne pas user de ce mode de garde de manière trop systématique.
      L’idéal serait de créer du lien de proximité (quartier, village) et de faire tourner entre plusieurs parents le service « garderie » pour que chacun-e puisse en profiter régulièrement.

    • En attendant, il y a près de deux millions de mères célibataires, un peu plus de pères célibataires qu’avant et de grosses difficultés économiques pour pas mal de pauvres à se séparer, donc le besoin de structures collectives d’accueil des enfants ne se pose pas exclusivement en terme de disponibilité pour l’emploi ou sous l’angle de la répartition des taches domestiques et de soin dans la famille. Couple, famille, emploi, ces formes d’existence n’ont pas à être sans cesse prise pour ... étalons.

    • Attention quand même : on parle de l’accueil des très jeunes enfants. Bien sûr certains célibats arrivent dès la naissance, mais il y en a quand même une très grosse partie qui se fait bien plus tard. Il se trouve même que la présence de jeunes enfants dans un foyer réduit le risque de séparation. La plupart des mères ou pères célibataires sont donc en fait parents d’enfants allant déjà à l’école. Ce qui ne concerne pas l’accueil dont on parle ici.