• Apologie du terrorisme : un ado poursuivi à cause d’un dessin sur Facebook
    http://www.numerama.com/magazine/31910-apologie-du-terrorisme-un-ado-poursuivi-a-cause-d-un-dessin-sur-face

    « La liberté d’expression ne doit pas être réservée à quelques privilégiés. L’heure n’est pas à l’ouverture de procédures inspirées par des réactions à chaud, mais plutôt à la mise en place de réponses mesurées qui protègent des vies et respectent les droits de chacun », explique l’ONG, qui craint que certaines arrestations faites sous le coup de l’émotion et de la fermeté ne violent en fait la liberté d’expression.

    Car si tout le monde s’accorde à défendre la liberté d’expression lorsque celle-ci va dans le sens du vent, il ne faudrait pas oublier qu’elle s’applique aussi à des messages qui peuvent s’avérer déplaisants ou révoltants. « Si l’on ne croit pas à la liberté d’expression pour les gens qu’on méprise, on n’y croit pas du tout », explique ainsi le philosophe Noam Chomsky.

    • Et puis : « ah mais nan, on n’est pas dans un pays totalitaire les gars, vous délirez grave les idiots utiles, - comme les gens qui savent disent... - parce que 1) il est pas encore mort le gars, et 2) vous voyez, la justice ne l’a pas condamné. »

      Pendant ce temps, le gars a fait de la préventive, a goûté à l’arbitraire de la justice et des traitements peu ragoûtants qui lui sont liés, a peut-être en plus eu à subir quelques conséquences dans son quotidien (licenciement...). Et combien de condamnations dont on n’entend pas parler, pour une condamnation évitée, parce que ça se voyait trop ?

    • Je viens de raccrocher d’avec mon père, le vieux bonhomme qui a été RPR toute sa vie. Il me dit être catastrophé par la tournure que prennent les choses, qu’il fuit la plupart des discussions et des espaces publics devant ce qu’il appelle à présent l’hystérie collective.
      Là, une amie de longue date qui l’appelle pour lui dire qu’elle ne trouve plus de Charlie Hebdo dans sa ville et qu’il doit aller lui en acheter un dans son bled. Mon père lui répond qu’il n’a pas l’intention d’en acheter ni pour lui ni pour personne. Elle lui a raccroché au nez et refuse de lui répondre à présent.

      Il est assez affolé par la tournure d’esprit d’une grande partie des gens et, du coup, il rase les murs.
      Il était content qu’on puisse juste en discuter ensemble, sans que personne n’exclue la parole de l’autre sous prétexte qu’elle n’est pas conforme.
      « Et quand je pense que tout cela se passe au nom de la liberté d’expression... » a-t-il conclu.

    • La caricature est terrible.

      Les crayons, les stylos, les claviers ne sont pas le contraire des armes à feu.
      La plus ou moins relative « liberté d’expression » concrète dont on peut se trouver disposer ne met jamais à l’abri de l’inconséquence.
      La question qui regarde chacun n’est évidemment pas tant cette abstraction qu’est « la liberté d’expression », mais ce qu’ellil fait de sa propre capacité d’expression, là où ellil se trouve.

      Un vieil anar au moins aussi phallocrate que l’était Wolinski, et moins rigolo, chantait néanmoins, à propos des illusions quant au langage et à l’expression

      « YES ! I AM UN IMMENSE PROVOCATEUR
      Je vous l´ai dit
      Des armes et des mots c´est pareil
      Ça tue pareil
      II faut tuer l´intelligence des mots anciens
      Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras ». (Ferré, le Chien)

      Ces jours ci c’est un ordre ancien qui nous renvoie à la figure, avec ses mots anciens, son deux poids, deux mesures.

      #hystérie_collective

    • Apologie du terrorisme. Un lycéen nantais poursuivi pour un dessin
      Nantes - 17 Janvier

      http://www.ouest-france.fr/apologie-du-terrorisme-un-lyceen-nantais-poursuivi-pour-un-dessin-31194

      « Ce jeune homme n’a pas un profil évoquant une évolution vers le djihadisme, indique Yvon Ollivier, vice-procureur en charge du parquet des mineurs. Il n’a pas pris véritablement conscience de son geste, qu’il tente de justifier par l’humour. »
      « Réfléchir à deux fois » avant de s’exprimer

      Vednredi, le lycéen a été déféré au palais de justice. Le parquet a requis son placement en liberté surveillée et sa mise en examen. Une réponse pénale forte, dans la lignée des décisions des magistrats depuis une semaine. Une illustration de « l’extrême réactivité » dont doivent faire preuve les procureurs, selon les consignes données par la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

      C’est le second fait qualifié d’apologie du terrorisme soumis à l’appréciation des juges nantais cette semaine. Mercredi, une adolescente de 14 ans avait été mise en examen. Non pas pour un dessin mais parce qu’elle avait, lundi, crié dans le tramway, à l’adresse des contrôleurs : « On est les soeurs Kouachi, on va chercher les kalachnikovs. » Mesurait-elle, elle aussi, la portée de ses paroles ? S’agissait-il d’une provocation ? La jeune fille devra réaliser une mesure de réparation pénale.

      « Il faut rappeler qu’on doit réfléchir à deux fois avant de tenir certains propos », a réaffirmé, vendredi, le parquet, « et responsabiliser ces jeunes quant aux conséquences de leurs attitudes. »

    • @monolecte : c’est ce qui m’interroge aussi dans le terme « islamophobie » - pourquoi a-t-on fait le choix de ce terme, plutôt que de celui de racisme ? parce que la critique de l’Islam est devenu le principal moyen d’exprimer un racisme anti-Arabe sans en avoir l’air ? parce que le terme de « racisme » n’est pas plus satisfaisant, vu qu’il renvoie à des races imaginaires ? on manque alors d’un mot satisfaisant, qui exprime la discrimination d’une partie de la population, mais qui ne l’assigne pas du même coup à une religion supposée

    • @intempestive, Depuis la #nouvelle_droite 70’, il y a une montée d’un #racisme culturaliste « différencialiste », qui prétend se fonder sur une anthropologie.
      Cette orientation est désormais clairement présente à la fondation Jean Jaurès et au #P.S par exemple (les #blancos de Valls sont pas une « race » mais des « mes ancêtres les Gaulois »).
      Germinal Pinalie, parle de « #paradigme_identitaire »
      http://seenthis.net/messages/332638

      Reflux de la (lecture en terme de) lutte de classe (cf le braconnage à la Soral), #droitisation de l’espace mental et public, et voilà que même la « philosophie de la #différence » se fait en partie phagocyter par la tyrannie des nouveaux conformismes.
      #ouilleouilleouile

    • Oui, c’est un peu ce que rapporte @colporteur : critiquer les religions ou les cultures est le moyen qu’on trouvé les racistes d’échapper à la censure, c’est aussi simple que ça. Ils disent « musulmans », parce que dans leur tête, ce sont les arabes (« hein, on s’comprend, hein ») et rien d’autre. C’est parce que c’est une pensée raciste qui sous-tend leur « critique » de l’Islam, qu’ils n’arrivent même pas à conceptualiser qu’il y a des musulmans occidentaux, indiens ou asiatiques, à peine pour les Africains. Et comme ils brandissent la religion comme excuse, ils se dédouanent de l’accusation de racisme... d’où la nécessité de ce mot « islamophobe » pour rendre compte de ce discours de la haine.
      Pour moi, c’est juste du racisme, mais ce n’est plus le cas dans le discours dominant.

    • @monolecte, plus que d’échapper à la censure il me semble qu’il s’agit de travailler à une #hégémonie_culturelle. L’exemple Charlie est lisible. Des valeurs liées à l’émancipation (athéisme, sacrilège, dérision, anticléricalisme) sont attestées par l’histoire de l’organe, ce qui permet ensuite de miner de l’intérieur la réflexion et la sensibilité de ceux qui y sont attachés (le mort est ici l’outil du vif, le libertaire fantomatique et sa réminiscence cache un tout autre sujet politique).
      Au lieu d’une critique interne (autodérision ou réflexivité), on produit une conformation. Ces gens, qu’ils le sachent ou non, sont « gramsciens » #du_côté_du_manche.
      Et cela produit de nouveaux champs de forces, surdéterminés (voir l’exemple du #PIR évoqué par le papier de Pinalie cité plus haut).
      Voilà pourquoi l’exemple des meurtres et du suicide de #Durn me parait intéressant, ici, pas de religion établie, pas de post colonial :
      http://seenthis.net/messages/331247#message332733

    • merci @colporteur et @monolecte pour ces éclaircissements

      mais cela ne fait que renforcer mes interrogations sur la pertinence de ce choix : oui, en parlant d’"islamophobie" on dévoile le vecteur par lequel s’exprime aujourd’hui le racisme sous couvert de lutte pour l’émancipation, mais ce faisant il me semble qu’on se cale sur les « éléments de langage » réacs, qu’on risque d’occulter les causes réelles (une discrimination anti-Arabes tout court, fussent-elles/ils musulman⋅es, athé⋅es, chrétien⋅nes ou tout autre chose) et qu’on accepte une exagération inverse (un⋅e Blanc⋅he musulman⋅e ne se verra sans doute jamais demander sa religion et s’il n’y a pas de signes extérieurs, on ne s’adressera pas à elle/lui en fonction de ses croyances supposées)

    • Ah, mais je suis d’accord avec toi, @intempestive, cet élément de langage édulcore (voire justifie et c’est encore pire) la réalité du #racisme qui se planque (fort mal, d’ailleurs) derrière.
      Ou alors, devons-nous plutôt parler de #xénophobie, la haine-peur de l’autre, de celui qui nous est étranger, ce qui permet d’inclure, en passant, d’autres dominés, comme les fameux #cassos' dont je n’arrive pas à digérer la stigmatisation « bon teint » dont ils font l’objet.

    • oui, « xénophobie » est ce qui me semble convenir le mieux

      je reste assez curieuse de comprendre comment et pourquoi le terme d’islamophobie s’est imposé dans la gauche radicale ces dernières années

      peut-être @wardamd pourrait-elle éclairer ma lanterne ? (voir 4 commentaires plus haut pour mon interrogation initiale) pour rappel, elle recensait ici un bien intéressant article sur l’histoire du mot
      http://seenthis.net/messages/330438

      #langage

    • Quelques éléments de réponse par @alaingresh, favorable à l’usage de ce terme aux côtés de « racisme » et « discrimination » (il me semble que le problème aujourd’hui est notamment que la notion d’"islamophobie", plutôt que de les compléter, se substitue à eux)
      http://lmsi.net/A-propos-de-l-islamophobie

      Une remarque sémantique préalable. “Phobie” vient du mot grec “phobos” qui signifie fuite (due à la panique), d’où un effroi, une peur intense et irraisonnée. C’est ce caractère “irraisonné” que met en avant le terme “islamophobie”, et non une critique rationnelle.

      (...) Quoiqu’il en soit, le terme “islampohobie”, utilisé très ponctuellement jusqu’au 11 septembre 2001, est devenu d’usage courant, non seulement en France mais aussi aux Etats-Unis et dans tous les pays européens. Il semble donc répondre à une conjoncture nouvelle.

      (...) Personne n’a relevé cette affirmation de Jean-François Revel, dans son livre L’Obsession anti-américaine. Il se félicite du fait que George W. Bush et plusieurs dirigeants européens se soient rendus dans des mosquées après le 11 septembre, pour éviter notamment aux Etats-Unis que les Arabo-Américains ne deviennent des cibles de “représailles indignes”. Et il affirme :

      “Ce scrupule démocratique honore Américains et Européens, mais ne doit pas les rendre aveugles devant la haine pour l’Occident de la majorité des musulmans vivant parmi nous .”

      Vous avez bien lu : “la majorité des musulmans”. Je ne sais si notre philosophe propose de les expulser, mais sa remarque définit bien le discours islamophobe : sous couvert de critique de la religion, on stigmatise toute une communauté, renvoyée à son “identité” musulmane, qui serait “naturelle”, “biologique”. Cet amalgame entre religion et communauté est proprement scandaleux et il suscite aujourd’hui un trouble important chez ce que l’on nomme les “musulmans”, y compris les athées ou ceux qui n’accordent aucun poids à la religion.

      C’est ce nouveau masque du vieux fond de racisme anti-arabe et anti-Maghrébin conjugué avec l’idée d’une “menace” internationale que le terme “islamophobie” recouvre.

      (...) Il est évident qu’il y a un recoupement entre racisme anti-Maghrébin et islamophobie, sans doute renforcé par la visibilité d’une partie de la jeune génération, qui s’affirme “musulmane” sur la scène publique et ne rase plus les murs. Il se développe ainsi un nouveau racisme anti-Arabe, porté par une partie des intellectuels et des médias, qui se camoufle sous le drapeau de la lutte contre l’islam.

      (...) Sans parler de la jonction entre une partie de la droite extrême et de l’extrême droite juive, qui s’est opérée sur le terrain de la haine des musulmans, comme en témoigne l’itinéraire d’un Alexandre Del Valle ou les sites Internet dénoncés par un rapport du MRAP.

      Ces “nouveaux habits du racisme” s’inscrit dans une vision du monde marquée par le “choc des civilisations”, par la guerre qui serait engagée entre la civilisation et la barbarie. Ainsi, un ouvrage qui a marqué les esprits en France et reçu un éloge presque unanime, Les Territoires perdus de la République, développe un telle vision dont Emmanuel Brenner, son coordinateur se fait l’expression :

      « Evoquer un conflit de valeurs, c’est aujourd’hui prendre le risque de se voir cataloguer partisan des thèses de Samuel Huntington et de son “choc des civilisations”. Refuser de voir et de nommer un péril ne l’a jamais fait reculer. Il l’a seulement exacerbé . “
      Cette perspective n’est pas seulement, ni même principalement française - même si elle a, dans notre pays, une dimension propre liée à l’histoire coloniale sur laquelle il faudrait revenir plus longuement (en Algérie aussi,” nous “voulions libérer les femmes en les dévoilant). Elle est partie des Etats-Unis et sert de cadre de pensée à l’administration Bush. Elle permet d’inscrire chaque fait isolé dans une vision apocalyptique : un musulman qui effectue ses cinq prières et porte la barbe est” un intégriste “ ; un attentat du Hamas comme le port du foulard par une jeune fille font partie d’une
      stratégie planétaire. Le terme d’islamophobie a l’avantage de rendre compte aussi d’un phénomène international.

      Aucun terme, aussi précis soit-il, ne peut définir une réalité complexe. Mais” islamophobie “me semble le mieux convenir, avec les restrictions que j’ai définies au début de ce texte. Il ne s’agit pas d’un usage” exclusif “- les termes de” racisme “,” discrimination », etc. restent, malheureusement aussi d’actualité.

    • Bonjour @intempestive la CNCDH explique dans son dernier rapport pourquoi elle opte pour le terme « islamophobie » http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/144000199/0000.pdf
      A ma connaissance, il n’y a pas ce débat dans les populations françaises musulmans qui utilisent le mot islamophobie, inventé comme indiqué dans mon précédent lien par des chercheurs français.
      « L’islamophobie » concerne aussi bien les attaques ou autres actes visant des personnes musulmanes ou considérées comme telles que les attaques de mosquées, lieu de culte, tombes, pompes funèbres, etc islamiques. Enfin, il y a un lien entre le fait de ne pas reconnaître ce mot et l’invisibilité du phénomène. Le débat est en effet focalisé sur le mot à utiliser, il n’y a pas de discussion sur comment enrayer le phénomène qui est lui bien réél (cf chiffres ministère intérieur)

    • #merci @wardamd

      Dans le document de la CNCDH (pp. 193 et suivantes) :

      Parmi ces contempteurs de l’islam, on trouve des figures des luttes anti-homophobes ou antiracistes, des leaders des mouvements féministes, autrement dit des personnes qui n’ont pas grand-chose à voir avec la nébuleuse xénophobe traditionnelle.

      (...) On voit ici une dynamique spécifique des débats autour de l’islam : dans certains cas, comme celui de la burqa, un consensus répressif se crée, qui rassemble des individus aux opinions et aux dispositions à la tolérance totalement opposées. Cela permet ainsi aux plus ethnocentristes d’exprimer ouvertement leur rejet de la religion musulmane sans être décrédibilisés par leur ethnocentrisme.

      Il s’agit donc effectivement de rendre visibles de nouvelles formes de xénophobie.

      Tout à fait d’accord avec le fait qu’il ne s’agit pas de se focaliser sur le débat sémantique, mais bien de lutter contre la xénophobie. Je profite simplement de l’intelligence collective de #seenthis pour tenter de me clarifier les idées sur le cadre de pensée - et donc d’action - tel qu’il se définit depuis une grosse dizaine d’années.

    • Xénos signifie d’abord hôte... Il me semble que l’on passe d’une notion tardive, xénophobie, qui daterait de la fin du XIXe (le terme serait un « produit » résultant de l’émergence des nationalismes européens), à un terme lié au sort de l’indigène dans un vocabulaire français (et colonial, ie, de nation dominante à nation dominée) d’abord rare et actuellement en pleine diffusion. Le Dictionnaire historique de la langue française ne comporte pas le terme islamophobie dans l’édition de 2000 dont je dispose.
      Je n’aime guère l’aspect unidimensionnel du terme qui contribue plus qu’il ne s’oppose au fourre-tout de la #différence culturelle (cf. remarques et autres posts précédents).

    • tous les néologismes en « phobe » sont en vogue, c’est banalisé, et oui je trouve aussi que cela édulcore un peu tout ce qui se cache dans l’islamophobie..
      http://opinions-opiniez.blogspot.fr/2013/12/phobie-philie-neologismes.html

      Néanmoins je milite pour qu’on parle de judéophobie au lieu d’antisémistisme pour parler de la haine des juifs dans le monde arabe. L’antisémitisme étant pour moi une idéologie raciste liée au nationalisme chrétien (juifs comme race de gens apatrides, donc traitres à la nation)
      La Judéophobie étant plutôt le fruit une haine de rivalité intercommunautaire.

      L’islamophobie cache souvent une idéologie raciste à droite.
      Exemple d’un illuminé qui se dit pacifiste, prêt à financer la remigration :

      Notre peuple européen, dont la propre fécondité est inférieure au taux de remplacement, est en passe d’être englouti par un raz de marée d’ethnies africaines dont le nombre double à chaque génération.

      (...)

      Or cette antithèse contredit le point de vue anthropologique, récemment éclairé par la cartographie génétique : la formation, à partir de lignées africaines, avec ou sans détour asiatique, de lignées européennes acquérant certains gènes, résulte, avant tout croisement entre elles, d’un énorme stress génétique subi dans un environnement hostile. C’est bien la souffrance qui a fait les lignées européennes telles qu’elles sont, et ce que le Monde voit de spécifiquement beau en elles, et de bon accompli par elles, résulte de cette souffrance surmontée dans le temps. C’est en cela que notre vérité spirituelle centrale, le Christianisme, nous était particulièrement destinée, lui-même tenant à la transfiguration de la souffrance héroïque d’un Dieu fait Homme. Les Gens d’Europe étaient faits dans le temps pour accueillir, défendre et répandre, cette Vérité hors du temps, née hors d’Europe.

      https://retromigration.wordpress.com/2013/05/28/retro-migration-pourquoi-et-comment

      Enfin un exemple de banalisation de l’abject
      http://seenthis.net/messages/329826#message329851

      En novembre 2012, il se définit comme « islamophobe de gauche » et « islamophobe de droite »

    • L’islamophobie est-elle punie par la loi ?
      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/01/20/l-islamophobie-est-elle-punie-par-la-loi_4559911_4355770.html#a2LFC56Ll515Ah

      Le terme « islamophobie » suggère à l’origine une peur collective de la religion musulmane. Mais il s’impose depuis quelques années comme l’ensemble des réactions de rejet vis-à-vis des personnes musulmanes (ou supposées telles). En effet, si le suffixe « phobie » désigne étymologiquement une peur, son sens a dévié et peut désigner communément une notion d’« hostilité sociale », comme dans les mots xénophobes, homophobes, etc. (...) Selon ces définitions, il ne s’agit donc pas d’une critique de l’islam en tant que dogme, mais bien d’une hostilité vis-à-vis des musulmans.

      L’utilisation du chef d’accusation « apologie de terrorisme » est une #judiciarisation_de_l'hostilité.

    • Votre débat sur la sémantique, le sens psychologique et l’opportunité du terme islamophobie est passionnant, mais... il me parait à côté de la plaque ! Souvent les termes ne sont pas appropriés, à commencer par antisémitisme, ou homophobie. Ce qui compte, comme vous le dites, c’est ce que les gens mettent derrière : ce que nos alliés ET ce que nos ennemis mettent derrière. Valls et Fourest ont refusé de l’utiliser, c’est bon signe. En revanche, les musulman.e.s veulent l’utiliser et il me semble qu’ils ont même fini par réussir à l’imposer, ce qui n’était pas gagné au départ, et c’est bon signe aussi. Enfin, d’après les sociologues, l’islamophobie est maintenant clairement défini comme un racisme. Bien sûr, c’est le nouveau visage du racisme anti-arabes ("musulmans d’apparence", mais aussi anti-noirs), mais comme il a une nouvelle forme, il porte un nouveau nom...

      @intempestive
      "je reste assez curieuse de comprendre comment et pourquoi le terme d’islamophobie s’est imposé dans la gauche radicale ces dernières années"

      Agressions de femmes voilées, attaques de mosquées... Des actes « islamophobes » ou « antimusulmans » ?
      Vincent Manilève, Slate, le 17 janvier 2015
      http://www.slate.fr/story/96889/actes-islamophobes-ou-antimusulmans

    • Dror @sinehebdo. Pardon mais « les musulmans », c’est trop massif à mon goût. « Les gens » aussi, sauf à accepter que chacun en serait. Si il est est question d’hostilité, le terme homophobie se justifie. À propos des religions, et en particulier des 3 monothèïsmes, cela me parait plus compliqué. Je reste hostile aux religions (et suis parfois aussi curieux, intéressé), mais cela ne me conduit pas à être hostile à l’ensemble des croyants de ces religions.

      Et pour ce qui regarde l’Islam, j’irais jusqu’à dire (même si des racistes et des gens de droite le prétendent eux aussi) que, oui, c’est historiquement un des monothéisme les plus #dogmatiques, (on peut bien citer la modalité soufi, j’ai aussi connu en Tunisie des musulmans très « tolérants », disons décontractés, mais encore ?). Je vais pas pour autant réduire « le » musulman à l’histoire doctrinale de la religion dans laquelle il est (le plus souvent), plutôt m’intéresser aux capacités historiques actuelles, aux devenirs possibles.

    • J’ai tendance à lire l’entrée ou le retour en religion comme le résultat de défaites politiques (ainsi pour les frères pois chiches et Coulibaly). Le choix Israélien de définir son meilleur ennemi possible, lors de l’invasion du Liban, le Hamas (pour casser l’OLP et « compliquer » la solidarité internationale) coïncide avec l’"islamisation" d’une résistance qui avait été « multiconfessionelle » (catholiques à la direction de l’OLP). La montée du Hezbollah, il ne reste que la foi (une certaine foi) quand on a tout perdu ?

    • @sinehebdo : pour résumer ma position, le terme a une efficacité certaine pour lutter contre la xénophobie anti-Arabe qui s’exprime sous couvert d’une critique de l’Islam - pour s’en convaincre, il suffit de consulter la section « vos droits » du Collectif contre l’islamophobie en France
      http://www.islamophobie.net/vos-droits-fiches-pratiques

      ma crainte est, en revanche, qu’à n’utiliser que ce terme, on invisibilise la xénophobie anti-Arabe ou anti-Noir⋅es et qu’on se focalise sur une prétendue « guerre des civilisations » - la « vague d’actes islamophobes » à laquelle on assiste en ce moment est clairement une vague de xénophobie anti-Arabes et anti-Noir⋅es

      disons que dorénavant j’emploierai ces termes conjointement et non comme si l’un contenait l’autre

      merci pour ton lien - en fait je posais la question du point de vue de la gauche radicale, mais je me rends compte que ce n’est pas tout à fait pertinent : c’est un mouvement beaucoup plus large - à cet égard, voir le billet de @simplicissimus sur l’évolution de l’emploi du terme
      http://seenthis.net/messages/333642

    • Vu que le racisme « de base », anti-arabe et anti-noirs, n’a plus le droit de cité dans les journaux, le racisme anti-musulman (ou islamophobie) est une façon discrète ou inconsciente d’être anti-arabe.

      Un exemple : parmi les dessinateurs assassinés, Tignous n’était pas le pire, et pourtant son « astuce » depuis quelques années, quand il voulait représenter des « islamistes » (des mauvais musulmans intégristes djihadistes etc.), c’était de les dessiner avec des mouches qui volaient autour d’eux, comme pour bien préciser qu’ils puaient. C’est donc bien un relent de racisme physique « classique » qui transparait sous le nouveau racisme culturel, soi-disant anti-religieux.

      Je ne crois pas qu’un terme invisibilise l’autre puisque, précisement et pas par hasard, c’est la même population qui est visée dans les deux cas. Ce qui compte, c’est de dénoncer qu’ils sont visés, quelque soit la raison explicite ou implicite. En revanche, sans faire de concurrence des termes ou des souffrances, je crois que tous les termes ont leur utilité pour décrire des aspects différents, qui s’ajoutent ou qui se combinent, de ces fléaux.

      #Tignous