• A page of madness / 狂った一頁 (1926)
    Teinosuke Kinugasa

    Film complet :
    http://youtu.be/ubJ_nuAGZBs?list=PLo6hw-XDtS7mvA7OfbKy6gHHA7XSDueff

    Trailer :
    http://youtu.be/NeYslWfpCcg?list=PLo6hw-XDtS7mvA7OfbKy6gHHA7XSDueff

    "Perdu pendant 45 ans, le film est redécouvert par Kinugasa dans sa cabane de jardin en 1970 ; il l’y avait enterré durant la Seconde Guerre mondiale et l’y avait oublié. Le film est la création d’un groupe d’artistes d’avant-garde japonais, connu sous le nom Shinkankaku-ha (ou « école des nouvelles perceptions ») qui essaye d’aller au-delà de la représentation naturaliste habituelle1,3. Il fut ainsi baptisé comme le premier film d’un courant « néo-sensationniste » mort-né mais présente selon les spécialistes une évidente influence du cinéma expressionniste allemand" WP https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_page_folle

    "Un marin s’engage comme concierge dans un hôpital psychiatrique ou sa femme est internée. Elle a voulu se noyer avec son bébé.
    L’enfant est mort, mais elle fut sauvée. L’homme désire être auprès d’elle et il espère pouvoir s’enfuir avec elle...
    Le message anti-psychiatrique s’esquisse à travers cette fresque ou il se lit également, en filigrane, l’impératif surréaliste "ouvrez les prisons, libérez l’armée."

    "Il y a beaucoup à voir et autant à dire. Une page folle est le premier film d’"avant garde" japonais, un équivalent à l’Homme à la Caméra ou Le Chien Andalou, c’est à dire une pure expérimentation libre, à l’époque où le cinéma n’avait pas trente ans, où il était fou et tentait des choses forcément nouvelles. Dans Une Page folle, n’en déplaise aux expérimentateurs DV qui croient avoir inventé l’image au 21 ème siècle, il y a déjà presque tout : caméra qui bouge dans tous les sens, surimpressions, et même, oui, du morphing, et là on se demande encore plus "comment". Le montage est d’une virtuosité estomaquante, mais on est encore plus surpris par la sobriété de l’interprétation (dans un muet d’habiude surjoué) et par de simples scènes, certains cadres épurés, des raccord regards émouvants, bref, là encore, tout était déjà là. La fille qui danse est sublime, elle revient comme pour rappeler que la folie profonde n’est jamais loin du bonheur total, ça dépend du point de vue. Une page folle est fou, beau et à jamais jeune.

    Le film existant est présenté avec de la musique expérimentale qui accompagne magnifiquement le film, sans le vampiriser, sans faire oublier que le poème était à l’origine purement visuel. C’est d’autant moins gênant que la musique a été conçue par le réalisateur même, pour la présentation du film en 1971. Car entre les deux, Une page folle avait disparu. Kinugasa l’a retrouvé un jour dans son grenier. Cette anecdote de mauvais roman en dit long sur l’état du cinéma muet japonais, qui avait perdu un de ses films majeurs. Il en existe maintenant une copie 35 mm somptueuse. A l’époque, Une page folle était connu dans toute l’intelligentsia d’Europe : il avait été montré aux surréalistes français, aux expressionistes allemands, dans la Russie d’Eisenstein et le futur romancier Kawabata a participé à son écriture. Bref, c’est une des pages majeures du cinéma japonais. "
    http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/unepagefolle/critiques.html

    "Composer la musique d’un film d’un réalisateur disparu permet une grande liberté. Choix des moments, du style, de la construction, de l’intensité... Tout reste possible. Mais cette liberté s’accompagne aussi d’une responsabilité essentielle : sans les précieuses indications du créateur, il convient de ne pas dénaturer le film. Composer une partition destinée à être jouée en direct est un exercice passionnant car le spectateur doit se sentir à la fois au cinéma et au concert. Lors d’un ciné-concert, l’intérêt musical s’ajoute à la valeur cinématographique.
    Avec Une page folle nous nous trouvons face à un film particulièrement exigeant, à la fois d’une immense beauté et d’une architecture cinématographique complexe. Cette fresque nous saisit par sa profondeur émotionnelle et psychologique, nous émerveille par sa plasticité, nous surprend par une incroyable inventivité du langage cinématographique et nous déroute par l’absence de narration. Afin que la composition musicale évolue véritablement avec le film, il est indispensable qu’elle suive très précisément le rythme singulier de son montage, qu’elle creuse l’émotion, qu’elle développe l’impalpable dans la psychologie des personnages et qu’elle accentue le regard sur certains détails.
    Pour exprimer le drame personnel et universel de la folie et de l’enfermement, Teinosuke Kinugasa et Yasunari Kawabata, son scénariste, ont construit le film autour d’une série d’oppositions, de tensions narratives et formelles (folie/normalité, dedans/dehors, statique/dynamique, ombre/lumière...). Une dialectique que la musique prendra elle aussi en charge, pour la souligner, la prolonger par un jeu sur les timbres, les tempi, les registres, le son, le silence et le bruit, toute matière à la disposition du compositeur." http://www.vadimsher.com/form/images/20121128214843-dossier-une-page-folle.pdf

    http://youtu.be/LK6UKz3n_80

    Autre BO :
    http://youtu.be/K2xoVRgndD4

    #cinéma_muet #japon #expérimental #composition #avant_garde