• Retour sur la grève à #Radio_France
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7682

    Ebauche d’analyse d’une #grève dite exemplaire mais somme toute ordinaire.

    Ambiance électrique et délétère dans l’entreprise depuis plusieurs mois due aux travaux qui n’en finissent pas et qui perturbent la réalisation des émissions, à une direction déficiente et incompétente, à une absence de dialogue entre partenaires sociaux, à une réelle souffrance du personnel dont le travail n’est pas reconnu à sa juste valeur, et à l’arrivée d’un nouveau pdg sûr de lui, qui accumule les bévues et affiche un réel mépris.

    C’est la réaction radicale de certains face à cette situation qui a libéré les paroles et les actes, poussant l’ensemble des #salarié.e.s et #précaires à se lever et à revendiquer, pendant 28 jours d’une grève, qui a été qualifiée d’exemplaire et historique dans l’audiovisuel public, cette dignité tant bafouée…

    Une formidable envie d’en découdre et une réelle solidarité se sont manifestées quelques temps avant le déclenchement de la grève et se sont confirmées le long des différentes #assemblées_générales qui ont ponctué ce mouvement.

    Les #organisations_syndicales qui par ailleurs n’avaient pas brillé par leur combativité dans les mois et années précédant ce mouvement, ont dans la logique des règles gérant le « dialogue social dans l’entreprise » pris les choses en main, le train en marche et face à l’inertie de la direction, déposé des préavis de grève portant sur la production, les orchestres, les services de propreté et de sécurité et le démantèlement des radios locales.

    Sous la pression de l’assemblée générale, les syndicats ont accepté de déposer trois autres préavis portant notamment sur les travaux, mais les ont finalement abandonnés, cédant à une direction qui considérait, au mépris des textes et de la loi, qu’ils étaient illégaux.

    Il s’agit là de la première trahison dont se sont rendus coupables les syndicats réunis dans l’intersyndicale.

    • Mais fort heureusement, la lutte est ailleurs, et tout n’est pas perdu.

      Les grévistes ont tout d’abord compris qu’il fallait désormais être extrêmement vigilant.e.s vis à vis de leurs « représentant.e.s »… Que la démocratie représentative avait ses limites.

      D’où la nécessité de réfléchir à d’autres modes d’organisation (démocratie directe, type de mandats octroyés aux syndicats…)

      Certains ont proposé la création d’un collectif à l’image de celui des intermittent.e.s, aux fins de contrebalancer le pouvoir des organisations syndicales, car celles-ci sont incontournables dans la vie sociale d’une entreprise et il faut les contraindre à être plus combatifs face à la direction et surtout plus à l’écoute de la base.

      Le développement de structures comme par exemple « le meilleur des Ondes » qui existait avant la grève, et qui a senti venir la grève a été, par son soutien militant actif et créatif de ce mouvement, un aiguillon radical permanent au cours de ce combat [2].

      Ce mouvement à l’évidence n’est pas mort, les salarié.e.s sont certes déboussolé.e.s, comment ne le serait-il pas après 28 jours de grève, mais ils restent déterminés et solidaires… Déjà de nombreuses actions sont envisagées pour remobiliser les énergies et continuer ce combat, qui n’est bien évidemment pas terminé (sur l’emploi, sur la gabegie des travaux, sur le démantèlement des locales, sur l’externalisation des services, sur la privatisation des studios, sur le rôle primordial de la tutelle dans le démantèlement du service public, sur la « verticalisation » comme mode de gestion, etc...) [3].