Chez soi

Un compte pour suivre l’actualité des thèmes développés dans « Chez soi. Une odyssée de l’espace domestique », un essai de Mona Chollet, Zones / La Découverte, Paris, 2015.

  • L’immuable «complément féminin»
    http://www.lecourrier.ch/130847/l_immuable_complement_feminin

    Pour mieux comprendre cette centralité du travail masculin, il convient de faire un petit retour historique. En effet, le travail et cette centralité du masculin, tels que nous les connaissons, se structurent au XIXe siècle avec le développement de l’industrialisation.

    Le travail productif se conçoit alors en coupure avec le travail reproductif (travail domestique et familial), assigné aux femmes uniquement. Le travail en usine est pensé, dans sa temporalité comme dans son organisation, en sous-tendant l’existence séparée du travail familial et domestique : travail à plein temps, sans interruption, usant les capacités physiques et mentales au maximum, puisqu’on peut se reposer arrivé à la maison.

    Cette conception du travail repose cependant sur une vision très partielle de la réalité car, de fait, la grande majorité des femmes travaillent : elles sont ouvrières dans les usines de textiles, travaillent dans les mines de charbon, elles sont travailleuses agricoles, domestiques, couturières et lavandières... Le statut de femme au foyer qui se met en place ne concerne qu’une fraction des femmes, celles de la bourgeoisie et celles de la classe moyenne qui se développe avec l’industrialisation. C’est cependant ce modèle qui est instauré comme norme et comme un idéal que devrait atteindre toutes les classes sociales. Et cette idéologie permet justement de prendre le travail des hommes comme norme et celui des femmes comme cas particulier.

    #travail #femmes #foyer #conciliation