• QUESTION SUR LE GENRE

    Hier, sur la Télévision Nationale du Chili, j’ai vu un reportage sur les enfants transsexuels qui m’a fait réfléchir. J’aimerais que des spécialistes de la question m’éclaire sur ces deux points :

    1/ Peut-on, et doit-on, définir le genre d’un enfant prépubère ? Et dans ce cas, voit-on des filles transsexuelles devenir un homme ?

    2/ Pour ce que j’en sais, les théories du genre sont nées contre l’idée de détermination génétique des comportements humains selon le sexe. Or, dans ledit reportage, l’enfant transsexuel se reconnaissait notamment par le fait que, pour les femelles, elles n’aiment pas jouer à la poupée ou la couleur rose, ce sont donc des petits garçons, ou le contraire pour les mâles. N’est-ce pas un recul théorique que de considérer qu’une fille, même de sexe masculin, doit aimer le rose ou les poupées ? Il me semble que nous revenons alors à une essentialisation des goûts et des comportements qui ne fait que conforter la différenciation des sexes, le transsexualisme étant alors une sorte d’exeption qui confirme la règle, exception pouvant elle-même être corrigée par un traitement spécifique permettant le changement phénotypique désiré.

    Je terminerais par une dernière remarque : dans le reportage un homme transsexuel demandait que la loi permettent à son petit garçon transsexuel de suivre le traitement nécessaire au non développement de ses caractères biologiques féminins, de manière à pouvoir vivre pleinement son enfance de petit garçon. Or ne risque-t-on, dans notre monde marchandisé, de voir les grands laboratoires faire pression pour une médicalisation précoce de la question de genre ?

    Merci pour vos réponses

    #genre #transsexuel #débat #stéréotypes_de_genre #enfants

    • pour le 1 :
      Il me semble prematuré de definir le genre d’un enfant prepubère car un enfant a tendance a s’identifier à son parent et donc à l’imiter (apres, je ne sais pas si dans le reportage en question, l’enfant avait des parents trans... j’extrapole). Attention, je ne dis pas qu’un enfant de transexuel, gay, etc... le sera. Je dis qu’un enfant, pour se construire, s’identifie en premier lieu à ce qu’il a de plus proche avant de s’en detacher (ou pas) en grandissant et en multipliant les contacts avec d’autres.
      De plus, un enfant est une personnalité en construction et définir si tot son orientation me semble aussi dangereux que nier ses aspirations.
      Apres je m’interroge sur les risques pour la santé d’un enfant de lui faire suivre un traitement alors que son devellopement physique n’est pas achevé.
      Et je suis d’accord avec toi, sur le risque de marchandisation des grands groupes industriels de cette question.
      Pour le 2 :
      alors là, le coup de « elle aime pas le rose donc c’est un garcon » c’est juste de la connerie pure et simple ! C’est juste aussi dangereux que « les garcons ne doivent pas pleurer »...
      C’est du sexisme, de la categorisation digne de la manif pour tous.
      J’ai ete une enfant qui jouait à la poupée mais aussi aux billes et aux voiture, n’aimait pas plus le rose que toutes les autres couleurs, grimpait aux arbres et se battait avec les garçons, etc, sans que cela ne remette jamais en cause mon orientation sexuelle...