• Tel-Aviv sur Seine : l’astroturfing pointé du doigt
    http://information.tv5monde.com/info/controverse-de-tel-aviv-sur-seine-l-astroturfing-pointe-du-doi

    L’astroturfing est une technique permettant, via Internet, de simuler un effet de foule ou un mouvement d’opinion. La polémique autour de Tel-Aviv sur Seine, qui aurait enflé sur le réseau de micro-blogging Twitter, a fait la Une des grands médias. Et si le buzz #TelAvivSurSeine n’était que de la propagande en ligne ? Analyse.

    Franchement cet article me laisse sans voix

    • @rastapopoulos :

      C’est peut-être l’auteur Nicolas Vanderbiest qui fait en fait un astroturfing pour faire la pub de sa thèse et de sa méthode de travail.

      oui, on dirait bien que Nicolas Vanderbiest entend se faire connaître sur le concept d’astroturfing, en disqualifiant à la grosse truelle les voix minoritaires : il fait un gros paquet cadeau de pratiques très distinctes, allant de la manipulation planifiée de l’opinion au lancement d’alerte

      sur la page Wikipedia du terme, ça correspond plutôt à une campagne sous-terraine financée par de gros intérêts (à creuser davantage, je ne connais pas l’historique de ce concept), mais Vanderbiest l’applique à des mouvements spontanés qu’il considère « extrêmes »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Astroturfing

    • La conclusion très confuse de l’article donne la clé du glissement :

      Avec pour principales conséquence, une fabrique de l’opinion technologiquement orchestrée, qui mènerait à une démocratie du bruit médiatique, fortement vascillante.

      "Technologiquement orchestrée" c’est bien distinct de financièrement orchestré et ça marque surtout une remise en cause de l’horizontalité de la diffusion de l’information sur le web. Ah au moins quand l’info tombe des sphères autorisées (journalistiques, institutionnelles) on n’est pas dans le « bruit » et la démocratie est bien stablement hiérarchisée.

    • Sur le terme lui-même, explication sur la page Wikipedia Fr :

      Cette tentative de manipulation fait référence à la pelouse artificielle de marque AstroTurf utilisée dans les stades, car elle consiste à simuler un mouvement citoyen, venu de la base (appelé grassroots movement en anglais américain).

      Mais cette page oublie dans sa traduction de l’anglophone une précision d’importance (je souligne) :
      https://en.wikipedia.org/wiki/Astroturfing#Definition

      Astroturfing is the use of fake grassroots efforts that primarily focus on influencing public opinion and are typically funded by corporations, and governmental entities , to form opinions.

      Et plus loin

      These groups typically present themselves as serving the public interest, while actually working on behalf of a corporate or political sponsor.

      Définition dont la source renvoie aux campagnes de grosses entreprises pour nier le changement climatique à travers de fausses initiatives populaires (c’est encore moi qui souligne) : « Astroturfing Global Warming : It Isn’t Always Greener on the Other Side of the Fence »
      http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10551-011-0950-6

      Astroturf organizations are fake grassroots organizations usually sponsored by large corporations to support any arguments or claims in their favor, or to challenge and deny those against them. They constitute the corporate version of grassroots social movements. Serious ethical and societal concerns underline this astroturfing practice, especially if corporations are successful in influencing public opinion by undertaking a social movement approach. This study is motivated by this particular issue and examines the effectiveness of astroturf organizations in the global warming context, wherein large corporate polluters have an incentive to set up astroturf organizations to undermine the importance of human activities in climate change. We conduct an experiment to determine whether astroturf organizations have an impact on the level of user certainty about the causes of global warming. Results show that people who used astroturf websites became more uncertain about the causes of global warming and humans’ role in the phenomenon than people who used grassroots websites. Astroturf organizations are hence successful in promoting business interests over environmental protection. In addition to the multiple business ethics issues it raises, astroturfing poses a significant threat to the legitimacy of the grassroots movement.

      Et « The denial industry »
      http://www.theguardian.com/environment/2006/sep/19/ethicalliving.g2?INTCMP=SRCH

      For years, a network of fake citizens’ groups and bogus scientific bodies has been claiming that science of global warming is inconclusive. They set back action on climate change by a decade. But who funded them? Exxon’s involvement is well known, but not the strange role of Big Tobacco. In the first of three extracts from his new book, #George_Monbiot tells a bizarre and shocking new story.

      En somme, l’#astroturfing désigne les campagnes d’institutions ou de grosses sociétés visant à se faire passer pour des mouvements sociaux. Donc ce qu’entreprend #Nicolas_Vanderbiest c’est tout simplement de renverser ce concept : il l’utilise pour faire passer de vrais mouvements sociaux pour des campagnes mensongères, simplement du fait que leur communication est efficace grâce aux réseaux sociaux.

    • Voilà donc ça confirme ce que je pensais après avoir lu la définition sur WP, merci @intempestive. En plus à un moment le mec il dit lui même que normalement (grâce à l’aspect financier je suppose) l’astroturfing utilise pleins de faux comptes crées pour l’occasion et/ou plein de bots (et très souvent les deux à la fois), MAIS que là il s’agissait surtout de vrais comptes de militants très actifs qui tweetaient en mode mono-maniaques (des militants quoi :D). Mais il choisit malgré tout de continuer d’appeler ça par le même nom en mélangeant tout…

    • @perline : l’article de Rue89 est rédigé précisément par Nicolas Vanderbiest, qui détourne un vrai concept anglophone (maquillage d’opérations insitutionnelles en campagnes issues d’en bas) pour le redéfinir à sa sauce (la manipulation n’est plus liée à un quelconque aspect financier, mais à l’efficacité dans la communication) en vue de disqualifier les mouvements sociaux réels et la prise de parole non hiérarchique

    • @intempestive Ce n’est pas aussi simple et surtout aussi attrayant que tu le décris. La guerre contre le mariage homosexuel (par les homophobes) il y a deux ans ainsi que l’histoire du cassage de gueule de la fille en maillot au début de l’été (par l’extrême droite aussi, et cité dans l’article) ne sont pas, pas plus que les attaquants de Tel Aviv sur plage, des mouvements sociaux réels, mais de très beaux coups de com’ par une petite quantité de personnes, via les réseaux sociaux, qui se reproduit par l’intermédiaire des médias qui jaugent de l’importance, non pas sur le fond, la source et la logique des raisonnements et des argumentations politiques, mais sur la quantité apparente.
      Et donnent donc de l’ampleur, et une caisse de résonance, à un phénomène, certes réel, mais sans commune mesure avec de la réflexion et de l’argumentation sur le-sujet en question (pour tous ces sujets).
      Et ça donne des milliers d’homophobes dans la rue, et un état bloqué pendant des mois à cause de cela, par exemple.

    • Je ne pense rien simplifier ni rendre mhh "attrayant" (!), pour les bonnes raisons que :

      – D’une part ce sont des phénomènes très distincts de l’astroturfing, donc le buzz créé autour de ce concept détourné est artificiel et semble surtout servir la notoriété du seul chercheur que l’on trouve au coeur de tous les articles mentionnés ici. On pourrait donc lui renvoyer sa méthode et faire un ratio du bruit qu’à lui seul il crée autour de la notion retraduite à sa guise d’astroturfing. Au passage il crée un joli nuage de fumée autour de ce concept, qui décrit pourtant des réalités pour le moins problématiques dans le fonctionnement « démocratique ».

      – D’autre part, je ne veux pas dire par mouvement social nécessairement un mouvement de foule, mais un mouvement issu d’en bas (grassroots) - j’aurais sans doute dû employer, pour plus de précision, le terme d’initiative populaire ou associative ou minoritaire (par opposition à institutionnelle, oligarchique ou dominante).

      Mais que trois militant⋅e⋅s dans leur coin parviennent grâce aux réseaux sociaux à une communication efficace, je ne vois pas bien comment on peut qualifier ça de manipulation - c’est le principe même du militantisme voire de la simple liberté d’expression, c’est ce qui permet de sortir d’une information venant exclusivement des hautes sphères. Parfois un écho international émane d’une initiative individuelle (Snowden parmi d’autres), et ça ne disqualifie nullement cette dernière en tant que telle - pas plus que ça ne la valide en tant que telle. Charge à nous d’exercer notre esprit critique.

      Que les médias aient censément un rôle d’analyse et qu’ils l’oublient pour faire dans le sensationnel, on est d’accord et on le sait depuis un bout de temps. Mais ça ne dit strictement rien de la validité ou non des opinions et alertes lancées, de leur pertinence ou de leur écho dans une population plus large. Et ce n’est pas un logiciel avec des diagrammes bien designés qui va nous indiquer quelles sont les idées bonnes à recevoir - ni quelles sont les personnes légitimes à s’exprimer.