Stéphane Bortzmeyer

Homme blanc, hétéro, cis, > 50 ans, diplômé du supérieur, habitant à Paris et abonné à Charlie

    • Le féminisme de Elle me laisse toujours perplexe. Si on regarde la définition de Midinette ce mot ne me semble pas du tout incompatible avec le féminisme.


      http://www.cnrtl.fr/lexicographie/midinette
      MIDINETTE, subst. fém.

      Vieilli. Jeune ouvrière ou vendeuse qui travaillait dans une grande maison de couture ou de mode à Paris. Jeanne Samary s’est mariée ce matin, à la Trinité. (...) aux inévitables midinettes, trottins et autres arpètes (...) est venu se joindre (...) le Tout Paris artiste (Galipeaux,Souv.,1931, p.109).Rue de la Paix, les midinettes sortaient en bandes et traversaient la place Vendôme et la rue de Rivoli en se donnant le bras (Nizan,Conspir.,1938, p.51) :
      1. Le curé de la Madeleine me dit que dans la chapelle de l’Assomption (au 1erarrondissement) qui peut tenir six cents personnes, ils réunissent neuf cents midinettes. Elles prennent vingt minutes pour leur déjeuner, puis arrivent mangeant encore un bout de saucisson : « Nous ne vous parlerons pas du placement de vos économies, de vos intérêts ; non, nous vous parlerons de vos âmes, car vous ne le savez peut-être pas, vous avez une âme. Vous êtes souvent malheureuses. Nous vous approcherons de votre perfectionnement. » Elles comprennent. Les couturières plus que les modistes. Ces dernières gagnent plus d’argent. Barrès,Cahiers, t.9, 1911, p.138.
      − P. ext. Jeune fille simple et frivole, à la sentimentalité naïve. « Je me suis monté la tête comme une midinette », se disait Antoine en marchant (Martin du G.,Thib., Pénitenc., 1922, p.699).Bref, elle n’osait avouer son rêve de midinette qui lit toutes les semaines Ciné-Monde (H. Bazin, Lève-toi,1952, p.81) :
      2. ... ce que j’admire le plus chez les lecteurs assidus, ce n’est pas leur science ni leur constance (...) mais leur faculté d’illusion, et qu’ils ont tous en commun, et qui les marque comme d’un signe distinctif (...) qu’il s’agisse d’un savant érudit spécialisé dans une question hors série et qui coupe les cheveux en quatre, ou d’une midinette sentimentale dont le coeur ne s’arrête pas de battre à chaque nouveau fascicule des interminables romans d’amour à quatre sous qu’on ne cesse de lancer sur le marché, comme si la terre qui tourne n’était qu’une rotative de presse à imprimer. Cendrars,Bourlinguer,1948, p.382.
      Prononc. : [midinεt]. Étymol. et Hist. 1890 (Le Journ. amusant, 17 mai, 2a, Légende d’un dessin de Henriot ds Quem. DDL t.17). De midi et dînette*, littéralement « qui fait la dînette à midi »* . Fréq. abs. littér. : 47. Bbg. Hasselrot 1957, 204.

      (Le français c’est formidable on passe de « Jeune ouvrière ou vendeuse qui travaillait dans une grande maison de couture ou de mode à Paris. » à « Jeune fille simple et frivole, à la sentimentalité naïve. » )

      J’ai pas besoin de cliquer sur le lien pour savoir que Elle, en bonne revue servante du patriarco-capitalisme, se complait dans les #injonctions_paradoxales et fait régulièrement des sortes d’hybrides feministo-misogynes improbables.

      #double_contraires #noir_blanc #double_pensée #catch22 #vocabulaire

    • Éhhh, bien vu @mad_meg, Et ici le magazine Elle a comme prédicat que le #bon_sexe c’est de perdre le contrôle, #misère. Cette injonction aux femmes est totalement perverse et insidieuse (Où comment Elle mélange les cartes en nous faisant parler de midinette/féministe pour faire disparaitre son discours prônant la #culture_du_viol) car qu’est ce que

      perdre le contrôle

      quand il s’agit de sexe … si ce n’est perdre justement la possibilité de dire non.

    • Par ailleurs quand une femme se masturbe (et on rappellera que ce n’est pas une activité forcément solitaire, ça peut très bien être à plusieurs, apparemment faut le rappeler à Elle), elle peut parfaitement jouir sans perdre le contrôle face à son/sa conjoint⋅e.
      À moins que « perdre le contrôle » pour elles c’est le fait même de jouir ?…

      Et puis bon ya clairement une confusion entre « lâcher prise » et « perdre le contrôle », ça peut être important de faire gaffe aux termes. Qu’on soit homme/femme/autre, homo/hétéro/autre, ça peut effectivement être vecteur de plaisir que de lâcher prise (« ça peut », ou pas donc, ya rien de généralisable dans les goûts sexuels !), se laisser aller, mais je ne vois absolument pas en quoi c’est contradictoire avec garder du contrôle, pouvoir changer en cours de route, s’arrêter, dire non, etc. Du coup ça entretient la confusion.