Nidal

“You know what I did? I left troops to take the oil. I took the oil. The only troops I have are taking the oil, they’re protecting the oil. I took over the oil.”

  • Bachar et les russes « bombardent » et « attaquent », nous « frappons » des « cibles », ce qui est « justifié par la légitime défense »…

    Comme à chaque fois que les autorités lancent une nouvelle guerre, nos journaux se mettent à retranscrire servilement des communiqués de presse écrits dans l’admirable novlangue des bidasses. À ce titre, l’annonce dans le Monde des premiers bombardements français en Syrie est un chef-d’œuvre : l’euphémisation de la violence militaire par le France est totale, les termes pour désigner notre action sont « frappes », « frapper », « frapperont » (jusqu’à la parodie), « interviendront », « déployés », « opérations aériennes ». Pas de bombardements, pas de bombes, pas de morts de tués ni même de « dommages collatéraux », juste des « cibles » « visées »… et tout cela « justifié par la légitime défense »

    La répétition systématique des euphémismes devient carrément comique :
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/09/27/la-france-a-mene-ses-premieres-frappes-en-syrie_4773677_3218.html

    La France a mené ses premières frappes en Syrie

    L’Elysée a annoncé dimanche avoir mené de premières frappes aériennes en Syrie contre l’Etat islamique, en coordination avec la coalition internationale.

    L’armée française a mené de premières frappes en Syrie. […]

    Selon nos informations, des frappes auraient eu lieu jeudi 24 septembre – ce que démentent formellement les autorités. Les cibles concernées se situaient notamment à Rakka, la ville du centre du pays qui est considérée comme le fief de l’organisation Etat islamique. […]

    Le président François Hollande avait annoncé le 7 septembre qu’après de premiers vols de reconnaissance en Syrie menés dès le lendemain, des frappes suivraient, justifiées par la légitime défense.

    […] L’armée frappera « tous ceux qui menacent la France », avait pour sa part indiqué le ministre Jean-Yves Le Drian dans un entretien au Monde le 18 septembre. Mais si l’armée de l’air française est intégrée au commandement américain pour frapper en Irak, Paris insiste pour dire que les opérations en Syrie sont menées en autonomie. « Nous sommes intégrés à la sécurisation du ciel syrien faite par les Américains, mais nous avons notre liberté d’appréciation, de nos cibles de renseignement et de nos actions », a précisé M. Le Drian au Monde.[…]

    Seront ainsi visés dans les semaines qui viennent les centres de commandement, les camps d’entraînement et la logistique de l’organisation terroriste, ce que les militaires nomment les « centres de gravité » de l’adversaire. Selon la défense, il ne s’agira pas d’une « campagne de frappes massive », mais de « coups ciblés ». […] Ces premières frappes pourraient avoir visé un QG duquel seraient commandités de nombreux attentats visant l’Europe et la France en particulier.

    […]

    A Paris, les sources de la défense avaient dans un premier temps laissé entendre que l’armée de l’air n’interviendrait que dans des zones dans lesquelles les avions syriens ne volaient plus […]

    Quelque 200 frappes françaises en Irak

    Quelque 800 militaires français sont déployés dans l’opération Chammal depuis 2014. En Irak, elle recouvre des opérations aériennes au sein de la coalition internationale dirigée par les forces américaines, mais aussi des missions de conseil de l’armée irakienne à Bagdad, et des missions d’assistance armée aux peshmergas kurdes. […] En Irak, la France a mené quelque 200 frappes, soit 5 % du total, depuis septembre 2014.

    Mais alors, personne ne tue personne ?

    Si, tout de même (ouf !) : « l’armée de Bachar », elle, « continue de bombarder », et les Russes sont associés à des « attaques au sol » et ne doivent pas « commettre » des « attaques » :

    En outre, la Russie a, ces derniers jours, renforcé ses moyens militaires en Syrie en soutien du régime, en y installant une trentaine de d’avions de reconnaissance et d’attaque au sol, des Sukhoi 24 et 30. […]

    Or, à Deir Ei-Zor comme à Rakka, l’armée de Bachar continue de bombarder l’EI.

    […] Les avions de chasse russes, mais aussi syriens, ne seront pas des cibles, à condition qu’ils ne commettent pas d’attaques contre les avions de la coalition anti-EI.

    La logique fréquente ici est que lorsque « la France » « frappe » « des cibles » à plus de 3000 kilomètres de ses frontières, c’est en état de « légitime défense » ; mais contre nous « l’armée de Bachar » serait en situation d’« attaque »…

    Cette absence totale de recul par rapport à la communication officielle est vraiment… frappante.