• Un professeur de l’Université Laval féminise ses plans de cours
    http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201510/21/01-4912553-un-professeur-de-luniversite-laval-feminise-ses-plans-de-cours.p

    En entrevue au Soleil, M. Bettache avoue se sentir de plus en plus « mal à l’aise » de s’adresser par écrit au masculin à ses classes, alors qu’environ 60 % de ses étudiants sont en fait des... étudiantes. « Dans certains cours, sur 60 personnes, il peut y avoir seulement quatre ou cinq gars. Ils sont vraiment minoritaires, on les cherche. »

    Aussi, plutôt que de succomber au masculinisme lexical, a-t-il décidé de ne plus utiliser le mot étudiant dans ses plans de cours, mais étudiante, prenant soin de préciser en bas de page qu’il ne s’agit pas d’une discrimination basée sur le sexe. À son avis, l’emploi du masculin comme règle de base est l’expression séculaire d’une « domination phallocratique », doublée d’un « sexisme grammatical ».

    En poste à l’Université Laval depuis 10 ans, M. Bettache estime qu’il est plus que temps de passer de la parole aux actes en matière de reconnaissance du droit des femmes. « Le discours sur l’égalité hommes-

    femmes occupe beaucoup de terrain, mais, dans les faits, ça ne se traduit pas rapidement, de façon concrète. Je crois qu’il est important d’en parler, surtout en relations industrielles, où l’on aborde beaucoup les questions de droit du travail et d’équité salariale. »

    #langue #feminisation #feminisme #genre #grammaire #vocabulaire

    • Merci @mad_meg

      Aux oubliettes, la formule traditionnelle voulant que le masculin l’emporte sur le féminin...

      C’est particulièrement important, parce que c’est tellement ancré que nous même, souvent, nous l’oublions lorsque nous écrivons. Nous devons penser à changer nos habitudes d’écriture (utilisé le point médian par exemples), ce qui n’est pas facile quand on apris des habitudes depuis plusieurs décennies. Ça me fait penser à la difficulté que nous avons, au piano par exemple, quand on a appris un morceau avec un mauvais doigté et qu’il faut le réapprendre avec le bon doigté... :) ça prend du temps !

    • C’est claire que désapprendre ou perdre ses habitude c’est dur. Je reconnais que mon orthographe et ma grammaire toute pourri me privilégie sur ce coup la. Il y a d’ailleurs à mon avis un lien dans mon refu de ces regles, car quant en CE2 on m’avais appris cette histoire je m’était dit que celle la c’était vraiment la preuve que la grammaire c’est ?... J’avais déjà entendu parlé de cette regle avant le CE2 mais je me disait que c’était un conte pour faire peur aux petites filles...

    • @mad_meg Tiens, dans le même ordre d’idée :

      il y a cinq ans avec des collègues, nous avions envie de créer une revue (une de plus. Nous avions choisi un nom. C’était « l’étrangère ». Et qui avait proposé ce nom ? Alice. Nous n’avons pas fait cette revue, hélas. Pour pleins de bonnes et de mauvaises raisons. Je n sais pas si c’est ce qu’il faut faire aujourd’hui. Mais je regrette. Déjà avec visionscarto.net nous sommes comblés, mais j’ai très envie de participer à la création de quelque chose qui s’appellerait « l’étrangère ».

      Nostalgie.