• Le programme du FN sur l’école
    http://lahorde.samizdat.net/2015/12/10/le-programme-du-fn-sur-lecole

    Lu sur le site Questions de Classe (article tiré du blog Enseigner au XXIe siècle) : en complément, vous pouvez aussi jeter un œil sur une petite histoire de l’extrême droite contre l’école assez bien faite, de la fin du XIXe siècle à nos jours. Le programme du FN sur l’école : Plus indigent que sinistre ou [&hellip

    http://blog.educpros.fr/Jean-Michel-Zakhartchouk/2013/12/30/pour-qui-sont-ces-serpents-qui-sifflent-sur-vos-tetes
    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/elections-departementales-2015/20150316.OBS4750/departementales-2015-au-fn-on-n-a-pas-trop-de-programme.html

    • Extrait de l’article de #Jean-Michel_Zakhartchouk (blog.educpros.fr ci-dessus) :

      D’abord, je me suis demandé qu’est-ce qui distingue ce programme des positions sur l’école de ceux qui pilonnent sans cesse le « pédagogisme » ? Sans doute la radicalité et l’extrémisme, mais au fond pas tant de choses. On trouve l’affirmation de l’autorité-rataplaplan, la référence à la culture nationale, la verticalité du rapport maitre/élève, la condamnation du collège unique et le recours à la sélection précoce, le recentrage en primaire sur le français et le calcul (on ne parle même pas de mathématiques et l’on réduit le français aux règles d’orthographe et de grammaire).

      Ce qui frappe quand même, c’est l’extrême fermeture de cette #école : fermée aux nouvelles technologies, à l’histoire européenne et mondiale, au monde du XXIe siècle. On objectera que le mot «  ouverture  » est présent dans la phrase : «  L’école doit aussi donner au citoyen les moyens de subvenir à ses besoins et à ceux des siens, sachant qu’il changera probablement trois ou quatre fois de métier au cours de sa vie active. Les programmes doivent présenter les fondamentaux de chaque matière dans une perspective d’ouverture.  » Mais on ne voit pas bien ce que signifie ici cette «  ouverture  » qui devrait, si on prend le début «  subvenir à ses besoins  » (remarquons le caractère réducteur de la formule, digne d’une mauvaise rédaction de troisième), être justement une conception large des compétences du siècle présent (savoir s’exprimer à l’oral, travailler avec les autres, se constituer un esprit critique, pour pouvoir par exemple décoder un tract du #FN…) qui ne se trouvent absolument pas dans ce «  programme  » rudimentaire.

      Beaucoup de fausse naïveté : dans un programme global, les solutions aux manquements à l’#autorité qui sont proposées sont : «  se lever quand le professeur entre en classe, bannir le tutoiement par l’élève de l’enseignant.  » On ne sait pas si cela s’étend à l’école maternelle d’ailleurs ! En oubliant, comme Sarkozy qui était friand de cette formule de l’élève qui se lève, que ce qui compte vraiment c’est ce qui se passe une fois qu’il est assis et que cela ne peut se régler par la multiplication de sanctions (alors qu’on sait que c’est plutôt un mauvais signe quand les établissements battent les records de conseils de discipline).

      (...) Sur les savoirs, on trouve très peu d’ambition, sauf pour «  l’#élite  » à l’image des candidats aux élections départementales à mille lieues de ceux qui savent comme l’ancien élève HEC Filippot ou quelques rares lettrés réactionnaires et qui brillent par leurs manquements à l’orthographe dans leur tract (mais c’est sans doute la faute de notre école !) et ne savent pas parfois dans quel canton ils se présentent.

      (...) Quels contenus ? «  Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble.  »

      J’adore le «  vivre ensemble  », qui en langage FN signifie «  chez nous  », là où on ignore l’histoire de l’Afrique ou de l’Asie, la littérature mondiale.

      (...) L’insistance sur le fait que le maitre «  sait  » : il n’est jamais question de chercher ensemble, de travailler avec les élèves sur les manières non pas de «  construire les savoirs  » au sens où l’entendent les réactionnaires mais de comprendre comment on peut savoir quelque chose, comment on va chercher à le savoir, le trier, le vérifier, à l’heure d’internet. Tout cela est totalement absent, mais il est vrai qu’on aime bien obéir à un chef aveuglément, sans trop réfléchir, au FN…

      (...) On peut relever bien entendu tout ce qui est absent de ce programme, en plus de ce que j’ai noté plus haut : le travail d’équipe, les projets, le développement de la créativité et de compétences civiques et sociales, le souci de réduire les inégalités (et on dit que le FN se préoccupe des classes populaires !), la réduction de la fracture numérique, sans oublier le partage d’une culture artistique par tous. Et bien entendu, tout ce qui aurait un rapport même lointain à la construction d’une conscience européenne ou de «  citoyen du monde  ».