• Arrogance sans bornes d’un parvenu : la leçon de morale de Stéphane Le Foll à une femme au #RSA
    https://www.slate.fr/story/111495/lecon-morale-stephane-le-foll-femme-rsa

    ...juste à côté de son bureau de vote, où elle aperçoit une jeune femme « d’un quart de siècle, et qui affichait une mine totalement dépitée ». Normal, chez cette jeune femme, tout était « au quart d’être bien », résume la chroniqueuse. Au #chômage, touchant le RSA, elle vit encore chez ses parents. Elle est venue voter sans enthousiasme, aucun des candidats ne la « faisant rêver », surtout pour sortir un peu de chez ses parents, pour se dire qu’elle a « une vie d’adulte, une vie normale, une vie de personne majeure ». « Je me demande qui a vraiment envie d’avoir 25 ans aujourd’hui », lâche l’inconnue, qui ne va pourtant pas voter FN, non, mais se demande quand même au bout d’un long silence si « faire barrage au FN va continuer longtemps à faire office de #projet_politique ». À la fin de sa chronique, Sophia Aram espère qu’on aura « mieux à offrir » à cette jeune femme pour la présidentielle « que de faire barrage au Front national ».

     
    Sur France inter, le #porte-parole_du_gouvernement a dit à une jeune femme au fond du trou parce qu’elle ne gagne rien et vit chez ses parents qu’elle n’a qu’à être heureuse parce qu’il y a des gens qui vivent dans des dictatures et des pays en guerre
    Alors Stéphane Le Foll prend la parole. Et c’est là que ça coince. Parce qu’au lieu de répondre à la question très juste posée par cette jeune femme au RSA, déprimée et plongée dans le #désespoir par la situation actuelle, Stéphane Le Foll lui fait une sorte de leçon de morale (cela commence à 1’58’’ dans le player ci-dessous).

     
    Il commence par reconnaître que le billet de l’humoriste est « assez percutant et assez juste ». Mais il ajoute immédiatement : « Et en même temps, j’ai regardé un reportage sur le Syrie avec des jeunes du lycée français de Damas. Ils disaient : “Nous, on sait ce que c’est d’être en guerre. On voudrait bien que chacun se préoccupe de la guerre qu’on subit.” » L’auditeur normalement constitué acquiesce forcément, mais se demande ce que vient faire la guerre en Syrie alors que l’on parle du chômage des jeunes de 25 ans.
    Tout s’explique quelques secondes plus tard (à environ 1’58’’50) :
    « C’est aussi ce message que je voudrais envoyer à la jeunesse. Que rien n’est jamais acquis. On peut avoir du désespoir, on peut être mélancolique, j’en ai parfaitement conscience, j’ai parfaitement compris. Mais de temps en temps il faut aussi regarder le monde tel qu’il est. Et que, dans ce pays, on a encore le choix d’être libre, d’avoir la capacité de s’exprimer, de voter, d’écouter de la musique, d’aller sur des terrasses, d’avoir toute cette liberté. Et je pense que c’est magnifique la liberté. La liberté, c’est fragile ».
    Et là, je sens que vous commencez à comprendre où je veux en venir. Car, si l’on résume, ce lundi 14 décembre, sur France inter, le porte-parole du gouvernement, celui qui est censé représenter la ligne de nos dirigeants, vient de dire à une jeune femme au fond du trou et en dépression parce qu’elle ne gagne rien, vit chez ses parents et n’arrive pas à conquérir son autonomie qu’elle n’a qu’à être heureuse parce qu’il y a des gens qui vivent dans des dictatures et des pays en guerre. C’est un peu le même genre d’argument que vous faisait votre grand-mère quand vous n’arriviez pas à manger votre soupe aux artichauts ou votre purée de brocolis : « Mange, il y a des petits Somaliens qui meurent de faim et n’ont qu’un grain de riz par jour à manger, tu devrais être heureuse. »

    #be_happy #oligarques_à_la_lanterne