• COP21 bien comprise : Suisse : Le DURO, DUrable et RObuste n’a pas de prix

    Tout le monde a croisé au moins une fois sur sa route un exemplaire de ces camions militaires, les fameux Duro transportant les troupes.

    Dans les années 1990, l’armée suisse en avait acheté environ 2000 auprès de l’entreprise Mowag pour une facture de quelque 230 millions de francs. Duro est une contraction de « DUrable et RObuste ».

    Pour durer, il faut cependant de l’entretien et des adaptations. Certes, mais cela n’a apparemment pas de prix pour l’#armée_suisse.

    Lors de la session d’hiver des Chambres fédérales, le Conseil national a accepté un crédit de 558 millions de francs destinés à mettre à jour la flotte des Duro, notamment leur tableau de bord. Ce qui représente une dépense de 250 000 francs par camion, soit deux fois le prix qu’ils avaient coûté à l’époque.

    Généralement les #dépenses_militaires sont soutenues sans trop de discussion par les partis bourgeois au Parlement. Mais là, la pilule n’a pas passé et le bloc #UDC lui-même s’est divisé en plénum sur la question.


    La fronde a été menée par le conseiller national argovien #Ulrich_Giezendanner (UDC/AG), patron d’une société de transports. Malgré ses arguments sur l’incroyable cherté de l’opération, le crédit, soutenu par le chef de l’armée, Ueli Maurer, a passé de justesse par 98 voix à 90. Mais hier, dans Blick, le transporteur argovien est revenu à l’attaque en disant que cette histoire « pue à plein nez ».

    Il entend intervenir auprès de la Chambre des cantons qui doit statuer à son tour sur cette dépense. En toile de fond, certains soupçonnent que ce crédit vise surtout à subvenir aux besoins de l’entreprise Mowag, située à Kreuzlingen (TG), à qui va revenir le mandat pour bichonner les Duro. Mowag appartient par ailleurs à la société américaine #General_Dynamics.

    Au nom du groupe socialiste, le conseiller national Pierre-Alain Fridez (PS/JU) était intervenu pour dénoncer « la modernisation luxueuse, c’est un euphémisme, de ces camions ». Il relève aujourd’hui que « dans cette histoire, il n’y a pas eu semble-t-il un réel appel d’offres. Pour cette raison on arrive à un prix très élevé et à cette polémique. »

    Il ajoute aussi que « ces dépenses de l’armée sont illogiques. Il n’y a pas que les camions, on capitalise aussi pour 100 millions de munitions. Pendant ce temps la Confédération doit économiser sur la formation, le personnel ou sur l’aide au développement. »

    La « patate chaude » du Duro est dorénavant dans le camp des sénateurs pour la session du mois de mars.
    (Le Matin) 29.12.2015 Source : http://www.lematin.ch/suisse/duro-sent-combine/story/21281710