Nidal

“You know what I did? I left troops to take the oil. I took the oil. The only troops I have are taking the oil, they’re protecting the oil. I took over the oil.”

  • C’est pas tous les jours que tu liras du bien d’Émile Lahoud dans l’Orient Le Jour (ou même généralement dans un canard en français) : Présidentielle libanaise : l’éternel retour - Stéphane Malsagne
    http://www.lorientlejour.com/article/969130/presidentielle-libanaise-leternel-retour.html

    Les présidents Élias Hraoui (1989-1998) et Émile Lahoud (1998-2007) sont en outre régulièrement accusés d’entorses successives à la Constitution ayant permis une prolongation de leurs mandats successifs. Le second pourtant peut se targuer d’une réelle probité et de n’avoir pas cherché délibérément à étendre son mandat. Il a de plus à l’actif de sa présidence deux succès éclatants : le retrait des troupes israéliennes du Sud-Liban (mai 2000) après plus de vingt ans d’occupation et dont le Hezbollah revendique la paternité, mais aussi le retrait des troupes syriennes en avril 2005. Il se montre impuissant toutefois à mettre fin aux attaques israéliennes au Liban pendant la guerre des 33 jours de l’été 2006 qui détruit une bonne partie des infrastructures du pays.

    […]

    Emile Lahoud, précédemment commandant en chef de l’armée libanaise, a pourtant joué un rôle central dans la reconstruction de l’institution militaire aujourd’hui perçue comme un rempart essentiel face aux incursions jihadistes.

    • Stéphane Malsagne (que je connais bien) rebondit ici sur les propos que Georges Corm a développé dans sa préface au livre monumental de Malsagne sur le général Chéhab. Que Lahoud ait réorganisé l’armée, certes. Mais son rôle effectif dans le retrait israélien est discutable, comme Malsagne le mentionne lui-même. De même, ce n’est pas parce que le retrait syrien s’est produit sous sa présidence qu’il faudrait particulièrement l’en créditer. C’est une décision qui lui a été imposée, me semble-t-il.
      Quant à son intégrité personnelle, c’est possible. Mais je me souviens très bien que c’est sous son mandat que le Bain militaire a été réaménagé et étendu, appropriant au bénéfice d’une institution militaire rénovée une fraction de l’espace public. A l’époque, les Libanais se moquaient de ce président qui passait ses matinées à nager...

    • @rumor : très franchement je n’ai pas d’opinion tranchée sur le bonhomme, ce que je fais remarquer ici essentiellement, c’est l’apparition d’un propos totalement à rebours de ce qu’on s’autorise à raconter dans les médias français (et cela dans l’OLJ). (D’ailleurs c’est un détail de cet article.)

      Je ne sais par ailleurs pas exactement ce que Malsagne veut dire par « de n’avoir pas cherché délibérément à étendre son mandat », alors que la prolongation de son mandat a été un nœud central de la crise qui a conduit à l’assassinat de Hariri.

      Pour son rôle dans la libération du Sud et le retrait syrien de 2005, je partage ta remarque, mais je suppose (parce que ce n’est pas explicite ici) qu’il s’agit plus de lui attribuer pour partie le « bon déroulement » de ces événements, qui n’ont ni sombré dans le chaos, ni dans la revanche sanglante ni dans l’affrontement entre l’armée et la résistance, mais au contraire la mise en place, malgré des pressions énormes, de ce qui était théorisé sous le triptyque « armée-peuple-résistance ». C’est plutôt ce genre de chose que j’entends quand le sujet Lahoud est abordé.