• Cessez d’employer le concept « d’esclavage pour parler de la loi travail ! | « Le blog de João
    http://joaogabriell.com/2016/03/21/cessez-demployer-le-concept-desclavage-pour-parler-de-la-loi-travail

    Vous aurez donc compris qu’il ne s’agit pas d’une question de vocabulaire, mais d’une question fondamentalement politique. On pourrait considérer qu’il s’agit de faire « beaucoup d’histoires pour rien », que les solidarités internationales sont réelles et que ce ne sont pas des slogans maladroits qui peuvent le contredire. Mais je ne suis pas d’accord. Une telle facilité à parler « d’esclavage » pour la condition des exploités du Nord est révélatrice de cette internationalisme bancal, paternaliste, qui imprègne les esprits ici. En fait, l’emploi de ce terme n’est pas le problème en soi, il est ce qui illustre le problème bien plus profond et qui rappelle que des luttes anticapitalistes sans luttes (afro)décoloniales ne sont pas émancipatrices pour les peuples du Sud et leurs populations au Nord. On peut, il est vrai, s’en foutre vu d’ici, mais lorsque nous avons des liens familiaux, affectifs, personnels, même lointains, avec ces territoires du Sud et les populations qui y vivent, on sait qu’on ne peut se contenter d’engagements politiques qui nient leur écrasement.

    • WP :L’esclavage est la condition d’un individu privé de sa liberté, qui devient la propriété, exploitable et négociable comme un bien matériel, d’une autre personne. Défini comme un « outil animé » par Aristote (Éthique à Nicomaque, VI, chap. VIII-XIII), l’esclave se distingue du serf, du captif ou du forçat (conditions voisines dans l’exploitation) par l’absence d’une personnalité juridique propre.

      Voire le détricotage des lois encadrant le statut de travailleur.

    • C’est-à-dire que la loi travail tend bien vers l’esclavage ? Peut-être, je n’ai pas du tout lu le texte, évidemment, j’ai vraiment autre chose à faire. Et je me doute bien que d’aucuns en rêve...

      Mais je trouvais par contre assez salutaire, dans l’article, de mettre des limites, un cadre à certains mots. C’est comme « dictature ». On est pas loin, il y a des signes, mais on y est pas encore.Enfin on est vraiment pas loin et ça devient de plus en plus dur de tenir la nuance, mais ça me semble important, de tenir la nuance. Quoique parfois, cette nuance est intenable, notamment avec ce foutu PS retors. Enfin...

    • Bien sûr le capitalisme sous la forme du salariat, et notamment du bas salariat, abime les corps et les esprits. Il tue même, assez souvent. Mais cela n’a tout de même rien à voir avec l’esclavage où il s’agit d’une guerre totale faite au corps, à l’esprit, à la vie toute entière : la liberté (d’union, de déplacement, de parole, de tout), n’existe pas. Les mots, surtout ceux si chargés d’histoire – une histoire que l’on peine encore à reconnaître et à réparer – ont donc un sens qu’il convient de respecter. S’il devient impossible de montrer le caractère injuste du capitalisme, sans se référer à la forme la plus brutale de l’exploitation, c’est qu’effectivement le capitalisme a idéologiquement gagné, y compris chez les militants anti capitalistes.