• 2 évolutions très étonnantes sur le champ de bataille en Syrie.

    1° - les rebelles coincés dans la poche d’Azaz viennent d’avancer vers l’est et de prendre à Da’ich du territoire, dont la ville d’al-Raï. Ils progressent le long de la frontière turque et sont soutenus par la Turquie (tirs d’artillerie à partir de l’autre côté de la frontière et livraisons d’armes) et l’on parle aussi (des clichés circulent) de la présence de quelque militaires turcs au sol (forces spéciales ?).
    Hier Libération écrivait un article sur le sujet (al-Raï n’était pas encore prise) en se focalisant sur la question de Dabiq et de sa symbolique pour Da’ich :
    http://www.liberation.fr/planete/2016/04/06/les-rebelles-syriens-en-passe-de-liberer-dabiq-ville-symbole-de-l-ei_1444

    Pour les rebelles, Dabiq n’est qu’un village à reconquérir parmi d’autres. Depuis la mi-février, ils ont repris une quinzaine de bourgades à l’EI dans une bande qui court entre Azaz, à l’ouest, Alep, au sud, et la frontière turque, au nord. Une dizaine de groupes, pour la plupart issus de l’Armée syrienne libre (ASL), participent à l’offensive, dont Faylaq al-Sham, Sultan Mourad, Fastaqim ou la brigade Hamza. Motasem, un groupe aidé par les Etats-Unis, est également présent. Les rebelles sont appuyés par des tirs d’artillerie de l’armée turque et des bombardements de la coalition. Leur objectif est de porter les combats jusqu’à Al Bab puis Manbij, les deux principaux fiefs de l’EI dans la région.

    Situation récente au nord d’Alep :

    2° - Alors que Jaysh al-islam participe à l’offensive contre les forces du régimes aux côtés d’al-Nousra au sud d’Alep, selon des sources pro-régime un accord avec le régime dans les alentours de Damas fait qu’ils s’entendent avec celui-ci pour y affronter Da’ich du côté d’al-Dumayr. Al-Doumayr c’est là : https://www.google.fr/maps/@33.6437074,36.6557403,12z
    Les forces du régime auraient laissé des troupes de Jaysh al-islam traverser une route sous leur contrôle pour aller affronter Da’ich et leur aurait assurer la couverture aérienne lors des combats :
    https://www.almasdarnews.com/article/syrian-army-rebels-work-together-isis-east-damascus

    The Syrian Arab Army (SAA) and rebel forces are working together to defeat the Islamic State of Iraq and Al-Sham (ISIS) in the Greater Damascus area for the first time since the start of this violent conflict. According to an Al-Masdar correspondent in Damascus City, the government forces allowed a rebel contingent from Jaysh Al-Islam (Army of Islam) to travel through the Homs-Damascus Highway to the Al-Dumayr front in order to reinforce their comrades fighting against ISIS. When ISIS launched an attack on Jaysh Al-Islam’s positions in Jabal Ruhaybeh this morning; it was the Syrian Arab Air Force (SAAF) that provided covering fire for the rebel forces confronting the terrorist group. The ISIS attack has now been repelled by Jaysh Al-Islam and the Ahmad Abdo Brigade at Jabal Ruhaybeh in the Qalamoun Mountains. With ISIS at the outskirts of the East Ghouta region of rural Damascus, the government and rebel forces face a serious threat near ‘Adra; this is one of the reasons why they are collaborating against the terrorist group. In the video below, Jaysh Al-Islam’s leadership state it is permissible to ally with the government if it means defeating ISIS.

    Une vidéo suit dans l’article montrant un type de Jaysh al-islam justifiant une entente avec le régime pour combattre Da’ich.

    • US and Turkish authorities are discussing plans to intensify support to the moderate Syrian opposition in a bid to push the Islamic State group back from the Turkish border, the US Ambassador to Ankara said Thursday.

      “We have had some progress in recent weeks as these groups pushed further east along the border,” John Bass told journalists.

      “There is conversation with the Turkish military and government to talk about opportunities to intensify support to those groups and to push Daesh (IS) east from the current line.”
      in http://www.middle-east-online.com/english/?id=76212

    • Merci @gonzo.
      Obama avait refusé de rencontrer Erdogan mais finalement a accepté et ils se sont vus au sommet nucléaire à Washington :
      http://sputniknews.com/politics/20160401/1037307525/obama-erdogan-nuclear-security-summit.html
      Est-ce à ce moment-là que le deal s’est fait ?
      En tout cas avec ce retournement net de la Turquie qui compte utiliser les rebelles, avec l’aval de Washington pour fermer la frontière à l’est pour Da’ich et surtout empêcher les Kurdes de faire leur jonction, la situation de Da’ich devient critique.
      Avec la prise d’al-Raï, une route majeure pour Da’ich vient d’ailleurs déjà de se fermer :
      https://www.lorientlejour.com/article/979688/syrie-lei-perd-son-principal-passage-avec-la-turquie.html

      Les rebelles en Syrie se sont emparés jeudi du principal point de passage avec la Turquie utilisé par les jihadistes de l’Etat islamique (EI), rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
      Il s’agit d’un revers de plus pour le groupe ultraradical qui en quelques semaines a perdu la cité antique de Palmyre, le carrefour stratégique d’al-Qaryatayn ainsi que plusieurs de ses commandants dans des frappes aériennes.
      « Des factions rebelles et islamistes ont pris le contrôle du nord-est d’al-Raï », localité sur la frontière avec la Turquie dans la province d’Alep (nord), a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, précisant qu’"il s’agit du principal et d’un des derniers points d’entrée et de sortie avec la Turquie".
      « Les rebelles sont entrés aujourd’hui (jeudi) à al-Raï après deux jours de combats dans ses environs », a précisé M. Abdel Rahmane, qui dispose un large réseau de sources à travers la Syrie en guerre.
      Il ne reste plus à l’EI comme passages principaux que celui de Halwaniyé, situé entre al-Raï et celui de Jarablos, plus à l’est.
      Mais « c’est par al-Raï que transitaient principalement les jihadistes de l’EI tandis que celui de Halwaniyé est réservé à ses hauts commandants », explique M. Abdel Rahmane.
      Quant à celui de Jarablos, il est techniquement « inactif car il est sous surveillance de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis », a-t-il précisé.
      Depuis une dizaine de jours, l’EI a perdu au profit des rebelles au moins 18 villages tenus par le groupe depuis deux ans dans la province d’Alep.
      « Tous les belligérants en Syrie semblent aujourd’hui concentrer leurs opérations contre l’EI, que ce soit les rebelles, le régime (qui a repris Palmyre) ou encore les Kurdes » qui avancent actuellement vers Jarablos, affirme M. Abdel Rahmane.
      « C’est une sorte de distribution de rôle supervisée par les Américains et les Russes », a-t-il dit.