Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • Susan Cox : Non, les ‘‘poupées sexuelles enfantines’’ n’empêcheront pas les pédophiles d’agresser

    https://tradfem.wordpress.com/2016/04/13/susan-cox-non-les-poupees-sexuelles-enfantines-nempecheront-pas-l

    Une entreprise de pornographie japonaise, Trottla, fabrique des poupées sexuelles réalistes de fillettes, en prétendant qu’elles vont « épargner des agressions sexuelles à des enfants ». L’argument utilisé pour justifier la vente de ces poupées est que les hommes les utiliseront au lieu de violer de véritables petites filles, que l’utilisation de ces poupées pornifiées aura pour effet de « rassasier » leurs désirs.

    Si nous tenons pour acquis que la pornographie et les jouets sexuels empêchent les hommes de commettre des crimes sexuels, le problème du viol aurait dû être résolu depuis longtemps. Mais ce n’est pas le cas : aujourd’hui, il y a plus de porno que jamais et il est beaucoup plus facilement accessible que jamais auparavant ; pourtant, les hommes continuent à agresser sexuellement des femmes et des filles tous les jours, partout dans le monde.

    Traduction : #Tradfem
    Original : http://www.feministcurrent.com/2016/01/28/no-child-sex-dolls-wont-keep-pedophiles-from-offending

    #Susan_Cox est une écrivaine féministe qui vit à New York, vous pouvez la suivre sur Twitter : https://twitter.com/BLASFEMMEY


    #culture_pédophile #pornographie #Feminist_Current

    • Mais encore une fois, la pornographie ne fonctionne pas ainsi. Quand un homme avilit et chosifie une femme en utilisant de la pornographie, cela ne l’amène pas magiquement à respecter ou à cesser de chosifier les « vraies » femmes qu’il côtoie dans la vie. La notion que les poupées sexuelles enfantines vont contribuer à absorber une partie des pulsions pédophiles de la société rappelle l’argument fallacieux avancé en faveur de la prostitution : celui qu’une classe de femmes doit exister pour faire les frais des « besoins sexuels » des hommes, de peur que les hommes se déchaînent et se mettent à violer de façon incontrôlable des femmes un peu partout. En réalité, plus la société valide le droit sexuel masculin en leur offrant des « exutoires » pour leurs soi-disant « besoins », plus ces « besoins » s’accroissent et sont normalisés. L’existence de la prostitution n’a certainement pas fait du monde un endroit moins violent ; l’idée que les poupées sexuelles enfantines protégeront en quelque sorte les enfants contre les pédophiles n’est pas moins illusoire.

      Le problème social de la pédophilie ne sera pas atténué en permettant aux hommes de simuler les crimes qu’ils ont envie de commettre. Nous ne donnerions pas à un éventuel meurtrier une « poupée à tuer » sur laquelle pratiquer, sous prétexte que cela fonctionnerait comme une sorte de thérapie qui les rendrait moins violents. Pourquoi des revues comme The Atlantic prennent-elles au sérieux les prétextes de Takagi pour justifier son entreprise tordue, au lieu d’exprimer une préoccupation pour les fillettes qu’elle menace ?

      Cela semble être un nouvel exemple de la priorité accordée aux érections des hommes au détriment de la sécurité des femmes et des filles, alors que les médias continuent à dépeindre l’utilisation de la pornographie (même celle impliquant des enfants) comme une activité inoffensive, et même bénéfique.