Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • #Aurora_Linnea : Revendiquer la féminité, c’est paralyser le féminisme

    https://tradfem.wordpress.com/2016/04/30/aurora-linnea-revendiquer-la-feminite-cest-paralyser-le-feminisme

    Quand des femmes célèbrent la féminité, les féministes subissent deux pertes fatales : premièrement, nous renonçons à nous connaître les unes les autres, en tant que femmes, en gardant le costume de la féminité bien cousu à notre peau ; deuxièmement, nous glorifions (et renforçons) les architectures sociales qui contraignent les femmes à des cycles de dégoût de soi, de honte, de violence et de dépendance. L’« empowerment par la féminité » ne subvertit pas le pouvoir des hommes de coloniser les femmes, psychiquement et physiquement. C’est une célébration de la réussite du patriarcat à définir ce que les femmes sont, ce que les femmes peuvent être et comment les femmes peuvent exister dans ce monde.

    Le fait d’être féministe n’exclut pas nécessairement de porter du mascara, de la dentelle ou même de vous plonger la tête dans un seau de foutues paillettes roses ; mais se blottir contre la féminité, comme si c’était un trésor spécial à goûter et préserver, contredit les objectifs mêmes du féminisme.

    Traduction : #Tradfem
    Original : http://www.feministcurrent.com/2016/01/04/reclaiming-femininity-crippling-feminism

    Aurora Linnea est écrivaine, artiste et recluse, amoureuse de chiens, à la dérive dans le sud des États-Unis. Elle a signé le court essai This Mutilated Woman’s Head, entre autres œuvres de dissidence féministe.


    #féminité #féminisme #Feminist_Current

    • Oui, je l’ai vu, et je suis d’accord sur certains trucs (le « pop féminisme », ou « tu peux être féministe tant que tu restes baisable », me pose plein de problèmes aussi), mais je ne suis pas très convaincue, déjà parce qu’elle ne définit jamais ce qu’elle entend par « féminité ». Or il y a PLEIN de manières d’être « féminine ». Est-ce qu’avoir les cheveux longs c’est saboter le féminisme ? Se maquiller ? Porter des gros bijoux ? Etc.

    • Il me semble qu’à aucun moment il n’est question de remettre en question (  ! ) cheveux longs et jupes courtes. C’est le fait de revendiquer la féminité jolie comme du féminisme qui lui ( me aussi ) pose problème. J’ai ce souci avec la ( légitime ) campagne sur les femmes combattantes kurdes, quand on parle de leur féminisme ( réel ) et qu’on ne montre que les plus jolies. Les zapatistes et leur paliacate, ou mieux, leur passe-montagne, permettent d’éviter un peu cet écueil.

    • http://www.zones-subversives.com/2016/04/plaisir-feminin-et-clitoris.html
      L’émancipation passe aussi par le plaisir et la sensualité. La méconnaissance qui entoure le clitoris révèle l’ordre moral et patriarcal.


      Surtout, l’égalité des sexes n’a pas progressé. Dans ce sens, évoquer le plaisir féminin favorise davantage l’égalité. La sexualité reflète les inégalités sociales qui se jouent dans d’autres sphères. « La revanche du clitoris sur des millénaires d’obscurantisme, c’est celle des femmes qui affirment, assument, partagent aujourd’hui leurs goûts et envies en dépit du double standard qui continue de leur être proposé (sainte ou salope) », soulignent #Maïa_Mazaurette et #Damien_Mascret.

    • @val_k Non, ce n’est dit à aucun moment, mais elle ne définit à aucun moment non plus le terme qu’elle emploie, c’est quand même un problème. Je connais des femmes hyper féminines (longue chevelure soignée, maquillage théâtral, parfum, bijoux) mais qui en même temps ne correspondent pas aux critères de baisabilité communément admis : vêtements longs et amples, corps très plantureux (et en plus certaines ont le culot d’être vieilles). Où est-ce qu’on les range ? Féminité n’est pas forcément synonyme de « joli » ni de correspondance aux critères de beauté dominants.

      Mais d’accord sur les combattantes kurdes, c’était typiquement mon problème avec les Femen aussi.

      (Oh et aussi : je crois bien que je tiens à mon idée d’une part de ce qui est défini comme « féminité » comme « trésor de guerre » : http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=149#chap02 )

    • tu viens peu ou prou (maquillage en moins) de me décrire et ça me va parfaitement de n’être rangée ni dans les baisables ni des les féminines. Moi je m’balance de ces devoirs de définition : féminisme, étymologiquement, me convient amplement : http://www.cnrtl.fr/etymologie/feminisme : pour le droit des femmes ; qu’elles le demandent ou non, qu’elles soient mignonnes, garçonnes, stupides, frigides, belles ou rebelles, peu m’importe. Mais dire que la féminité est un attribut qui peut renforcer le féminisme est une promesse de comparaison et donc de césure dans nos différences qui me hérisse les poils (et à la fin de l’hiver j’en ai beaucoup !)