Pierre Coutil

de celles et ceux qui marchent avec… (enfin qu’essayent).

  • L’élève (handicapé), l’auxiliaire de vie scolaire et l’enseignant

    1/ Handicap : Hollande promet des CDI pour les auxiliaires de vie scolaire (AFP)
    http://www.liberation.fr/societe/2016/05/19/handicap-hollande-promet-des-cdi-pour-les-auxiliaires-de-vie-scolaire_145

    Le gouvernement communique sur la promesse que les #AVS-I (en statut précaire) vont devenir des #AESH (avec un statut et une formation reconnue) :

    « A terme, ce seront 50.000 professionnels (en équivalents temps-plein) qui seront disponibles, avec une plus grande continuité d’intervention auprès des élèves, et de véritables perspectives pour leur formation »

    2/ Auxiliaire de vie scolaire et en CDD depuis 6 ans, je suis une travailleuse précaire (L’Obs)
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1517828-auxiliaire-de-vie-scolaire-et-en-cdd-depuis-6-ans-je-suis-

    Des déclarations qui ne sont rien d’autre que de la poudre aux yeux pour Elsa Galataud, AVS depuis six ans. Elle raconte son quotidien et les difficultés auxquelles elle est confrontée.
    […]
    Lorsque je suis devenue AVS, j’ai signé un contrat d’AESH (Accompagnants des élèves en situation de handicap). Il s’agit d’un CDD d’un an minimum qui se transforme en CDI s’il est reconduit six ans de suite.
    Depuis, je suis à 80%, c’est-à-dire que je travaille environ 32 heures par semaine, pour un salaire de 930 euros par mois. Comment vivre avec une telle somme quand on a deux enfants à charge ? C’est tout simplement impossible. Mon quotidien ressemble donc à un parcours du combattant. Et malgré mes efforts, je suis toujours à découvert.
    Ce CDD qui s’éternise m’oblige aussi à faire une croix sur beaucoup de choses : achat d’un appartement, prêt bancaire… Ces privilèges, je n’y ai pas droit.
    […]
    Les annonces récentes de François Hollande n’ont fait que confirmer mon sentiment. Il a affirmé que les CUI deviendraient obligatoirement des AESH au bout de deux ans. Mais ce n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux : il veut faire baisser le taux de chômage, sans se préoccuper de nos salaires.

    3/ Handicap à l’école : l’envers du décor (L’instit’humeurs)
    http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2016/05/21/handicap-a-lecole-lenvers-du-decor.html

    Le principalement changement, avec la loi de 2005, a été l’installation de rampes d’accès pour les fauteuils de handicapés moteurs dans les écoles où il n’était pas trop cher de se mettre aux nouvelles normes. Pour le reste, c’est comme si on s’était contenté de dire aux instits : « Voilà, vous allez avoir dans vos classes plus d’élèves en situations de handicap, des situations très diverses, des handicaps très différents, mais vous n’allez pas être formés pour les accueillir, ni sur la spécificité des handicaps, ni sur les adaptations pédagogiques à faire, on vous allouera avec parcimonie des accompagnants pour aider les élèves en question, mais ces auxiliaires de vie scolaire (AVS) ne seront pas formés non plus, ils auront un statut bâtard, un salaire misérable ; les intervenants médico-sociaux (médecins, psychologues, éducateurs, spécialistes divers) ne partageront pas avec vous leur expertise (ne comptez pas sur une information ou une formation de leur part) ni ne considéreront la votre, ne vous diront que ce qu’ils veulent sur l’élève (secret médical oblige). Il vous arrivera parfois d’avoir deux, trois, quatre élèves en situation de handicap, et bien sûr 25 autres et pour tous, vous avez liberté d’action, mais obligation de réussite ».

    Depuis 10 ans, j’ai eu dans ma classe des enfants autistes ou à troubles autistiques divers, des enfants TED (Troubles envahissants du développement), des dyslexiques, des dyspraxiques, des dysorthographiques, des dysphasiques, des dyscalculiques, des déficients auditifs, des troubles bipolaires, des troubles sévères de l’attention, d’autres encore pour lesquels je n’ai jamais réussi à savoir quel diagnostic avait été posé par la toute-puissante #MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Je n’ai jamais eu une seule heure de formation, personne ne m’a dit comment m’y prendre, quelles étaient les particularités de ces enfants, les recherches sur lesquelles je pouvais m’appuyer pour leur proposer quelque chose de cohérent et d’adapté.

    #éducation #handicap #scolarisation #inégalités #inclusion #élèves #besoins_éducatifs_particuliers