• Vers la fin des petites écoles rurales ?
    http://www.lemonde.fr/education/article/2016/08/19/vers-la-fin-des-petites-ecoles-rurales_4984913_1473685.html

    Regrouper les écoles rurales – voire regrouper les groupements d’écoles – est dans l’air du temps. C’est ce que vise le ministère de l’éducation nationale en encourageant la signature de « conventions ruralité » avec les élus. Le principe ? L’Etat garantit le maintien des postes d’enseignants pendant trois ans, en échange de quoi les maires s’engagent à réfléchir à une « réorganisation » de leurs établissements : fermeture des petites écoles, regroupements, mises en réseau… Depuis 2014, 18 conventions ont été signées, et le mouvement s’accélère : à la rentrée, 22 devraient l’avoir été, 30 sont en projet. Au final, c’est l’ensemble des 60 départements ruraux de métropole qui pourraient être concernés.

    #ruralité
    #paywall dommage

    • Pour remplacer les petites écoles en milieu rural, où la convivialité règne toujours entre élèves, parents et enseignants, on est parti pour créer des usines à gaz de 200 marmots où plus personne ne connaît personne, où les gamins vont se taper des journées de prolétaires du XIXème siècle, avec cantine obligée et garderie périscolaire pour celles et ceux dont les parents taffent encore lorsque l’école est finie. Quant aux transports, bonjour le bilan carbone. Gageons que c’est (encore) une idée à Macron ...

    • Non, ce n’est pas une idée de Macron, c’est un truc qui est à l’oeuvre depuis une quinzaine d’années dans les écoles rurales, au moins.
      C’est effectivement une logique de boutiquiers, mais aussi une logique de colonisation des espaces ruraux dans une optique de métropolisation. Les bouseux ne doivent pas couter cher, n’ont pas besoin d’être bien éduqués ou soignés, mais seulement d’être peu chers pour mieux servir les intérêts des métropoles : produire des matières premières et des espaces de villégiature.

    • Je résume ma pensée : Macron = autocars.

      Tes propos me font penser à ce qu’on pourrait appeler une nouvelle société féodale : les barons (le pouvoir) aux grandes villes (métropoles) avec leurs centres et hypercentres livrés aux promoteurs en vue d’une gentrification accélérée (bourgeois et notables) et une population taillable et corvéable à merci (les serfs) en périphérie (banlieue) et dans la cambrousse livrée aux grandes entreprises de l’agro-industrie qui précarisent les « bouseux » dans le seul but d’augmenter leurs marges.
      Demain à Laval (53), la FNSEA organise une grande kermesse avec courses de tracteurs et concours de pneus brûlés aux portes de Lactalis (le géant de la transformation du lait) qui prétend que le syndicalisme agricole est irresponsable de refuser de s’adapter au Marché (Ah ! le Marché !) C’est sûr qu’en rémunérant les producteurs 25 cts le litre de lait, le « Marché », il jubile.
      Seulement, les troupes à Beulin, il faudrait pas qu’elles oublient qu’elles cautionnent ce modèle productiviste depuis les années 50. Donc le « syndicalisme agricole », moi je rigole (enfin, je me force encore un peu avant que toutes leurs saloperies ne nous pètent à la gueule).

      Quant aux regroupements d’école, les projets sont dans les cartons depuis la fin des années 90 et chaque ministère a successivement mis sa pierre à l’édifice en concoctant sa petite tambouille). Ce que les gouvernements de droite n’ont pas réussi à finaliser, devinez qui va mettre la touche finale à tout ce tripatouillage d’arrière-cuisine ?

      http://www.collectif-parents-4saisons.fr/lecole-rurale-en-danger (article d’avril 2016)

      RPI = Regroupement Pédagogique Intercommunal. L’idée de départ est de maintenir une école (avec une ou plusieurs classes) dans chaque commune qui adhère au regroupement.
      RPC = Regroupement Pédagogique Concentré. Une seule école pour scolariser les enfants de plusieurs communes. L’école ainsi « concentrée » comportera plusieurs classes comme dans les écoles de ville.
      Fusion d’écoles = une seule école à la place de deux le plus souvent. Peuvent fusionner plusieurs écoles maternelles ou plusieurs écoles élémentaires. Le plus souvent, on fusionne une école maternelle avec une école élémentaire. Et (malheureusement), la plupart du temps, c’est la qualité de l’accueil qui fait les frais de l’opération car il y a souvent une classe qui « saute ». Conséquence : l’effectif par classe augmente. C’est AUSSI (pour ne pas dire SURTOUT) le but recherché.