• Ce qui m’interpelle et m’interresse beaucoup dans ce texte et ce type de discours, c’est que les hommes sont acculés au silence : impossible d’émettre une critique sans confirmer le propos. Les hommes sont placés dans une position d’illégitimitée, leur droit à la parole et la pertinence de celle-ci est d’avance récusée : finalement, ils sont placés dans la position qui est d’ordinaire assignées aux femmes. Bien sur, l’experience n’est pas vraiment la même, puisque ce qui choquera et dérangera la plupart des hommes dans cette situation est probablement en bonne partie lié à son caractère exeptionnel, et au fait que l’illégitimité est affirmé de manière péremptoire, alors qu’il s’agit d’une position que les femmes sont incitées/contraintes à tenir depuis leur enfance, par des procédés incidieux et donc rarement perceptibles (du moins avant que des feministes ne le perçoivent et le visibilisent). Mais tout de même, ça me parait malgré tout un jeu de mirroir interressant.
      Et pertubant, d’autant plus qu’il est sur moi efficace, puisque je ne me sens plus autorisé à dire ce que j’en pense sur le fond — sans pourtant être complétement convaincu que ce soit une bonne chose.