• Genève Un « bûcher des endettés » était organisé jeudi soir. Une performance entre art et provocation. La Tribune de Genève Paul Ronga 16 Décembre 2016

    Grand ramdam à Plainpalais, jeudi à 19 heures. Au son des tambours, une cinquantaine de personnes habillées comme pour un enterrement – c’était le dress code – s’est réunie pour brûler ses factures. Alexandre, 33 ans, jette son paquet de douloureuses mensuelles dans le brasier. Elles se consument dans une benne, sous l’œil des sapeurs-pompiers. Le total, 5628 francs, se retrouve inscrit dans un grand-livre à côté de montants impressionnants : 18 983, 11 500, 4000. Jérôme, lui, a apporté de vieux dossiers.

    Organisatrice de l’événement, l’artiste Elena Montesinos tient en main une ancienne reconnaissance de dette. « Le point de départ, c’est ma participation à un festival de performances, explique-t-elle. Au lieu d’en faire une moi-même, j’ai invité la population à se faire plaisir en brûlant ses factures. On ramène ces documents à leur véritable rôle de papier combustible. »

    « Symboliquement, on a envie de s’en débarrasser, relève Alain Bolle, directeur du Centre social protestant (CSP). Mais détruire des originaux, quand ils sont le dernier rappel avant la mise aux poursuites, c’est une catastrophe. »

    Au côté de Caritas, le CSP offre son aide pour sortir de l’endettement. En 2015, ses 500 dossiers « dettes » ouverts totalisaient 14 millions de francs d’arriérés. Les impôts sont le premier créancier, suivis des caisses maladie, puis des crédits à la consommation, qui ne représentent qu’un dixième du total (1,4 million). L’organisation observe une augmentation régulière du nombre ces dossiers année après année.

    LA vidéo de Paul Ronga sur : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/brulent-factures-feu-joie/story/15900375
    #dettes #Suisse #bûcher
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    http://www.tdg.ch/economie/argentfinances/pauvrete-s-etend-geneve-projecteurs/story/21867916