• Massif Central Ferroviaire
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    Massif Central, RER, même combat.*

    Morceler les dessertes, pour mieux les isoler et les affaiblir avant le coup de grâce : la stratégie qui a si bien réussie dans le Massif Central va être appliquée au RER D. Pour commencer.

    Document SNCF. (visiblement, je n’arrive pas à intégrer le schéma !)

    Comment se débarrasser du réseau RER, dont la qualité de service s’effondre en même temps que ses coûts d’exploitation s’envolent ? L’Etat, la SNCF et le Stif n’ont plus la capacité ni la volonté de transporter matin et soir tant de tronches fatiguées par tant de trajets mornes et incertains.

    Alors, pour initier le travail de sape, on va fragmenter le réseau et y isoler des sections qu’on laissera pourrir jusqu’à leur dernier tirefond. Premières victimes désignées, Corbeil - Melun et Juvisy - Malesherbes se voient imposer une indépendance mortifère. Navetteurs de Ballancourt ou de Saint Fargeau, préparez-vous à déménager ou à vous convertir au co-voiturage. Car voici ce qui vous attend.

    Tout d’abord, pour plus de « cohérence », la relation Juvisy - Malesherbes, « bien trop longue », sera définitivement cassée en deux parties : Juvisy - Corbeil et Corbeil - Malesherbes. Les correspondances à Melun, Corbeil et Juvisy seront bien entendu aléatoires, car trop compliquées à optimiser. D’autant plus que les bus qui, peu à peu, assureront les relations d’heures creuses puis de flanc de pointe, ne sauraient respecter un quelconque horaire.

    Mais le grand art consistera à réduire de façon draconienne les charges affectées à ce modeste archipel ferroviaire, à ces territoires d’Outre-RER si distants du « Grand Paris ». Entretien des voies allégé, ralentissements assurés. Idem pour le matériel, où un pas de maintenance allongé est une garantie de pannes, donc de suppressions de trains, au mieux remplacés par des cars, auxquels il faudra bien que la clientèle s’habitue.

    Pour donner le change, on programmera certes quelques travaux cosmétiques, en fermant les lignes un week-end, puis une semaine, puis un mois, puis un an, pendant lesquelles les substitutions routières s’en donneront à cœur joie. A la reprise du trafic, on s’apercevra sans se l’expliquer que les relations par fer sont encore moins nombreuses et moins rapides qu’avant. Mais on ne touchera surtout pas à ce petit pont métallique grevé d’un ralentissement à 10 km/h et dont l’état « inquiétant » sera le prétexte à l’estocade finale : la suspension du trafic.

    Des variantes ou scénarios complémentaires existent pour ces branches coupées du RER : circulation de trams-trains, mise à voie unique ou désélectrification, avec rachat « pour rien » à la Roumanie des poussives Caravelles d’antan, bien suffisantes pour le trafic résiduel relevant désormais des groupes UIC 7 à 9.

    Quinze années devraient suffire pour transformer en voies vertes l’essentiel des lignes de Villeneuve à Montargis et de Corbeil à Montereau.

    Bref, un joli copier-coller du process bien rôdé qui est venu à bout du chemin de fer dans le Massif Central.

    Plus d’info / source : La scission du RER D s’assortit de la mise en service de nouvelles rames, dont le nombre de places assises est notablement réduit : banlieusard, la SNCF aura ta peau !