• #hermant Une enquête au point mort, par crainte des révélations - Page 1 | Mediapart
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    Les faits sont accablants : un indicateur de la gendarmerie a acheté les armes qui se sont retrouvées entre les mains d’Amedy Coulibaly. L’homme, qui jure avoir agi dans le cadre d’une « infiltration » en informant les gendarmes, a été surveillé par la police judiciaire de Lille pendant huit mois. Et ce, sous le contrôle du parquet de Lille. Le trafic a été signalé par la Direction zonale du renseignement intérieur et, comme #Mediapart le révèle aujourd’hui, par un haut responsable policier de la région, Philippe Patisson, actuellement coordinateur français du Centre de coordination policière et douanière (CCPD). Les douanes étaient, elles aussi, dans la boucle.

    Au total, cinq ou six services de l’État au moins ont donc dysfonctionné, en laissant filer des armes en direction des terroristes, sans le savoir, jurent-ils en chœur. Depuis deux ans et deux mois, la justice avait de quoi faire toute la lumière sur ces implications. Au lieu de quoi, elle a ignoré les informations, préférant orienter l’enquête dans d’autres directions.

    Sans jamais être questionné sur les #attentats, il explique avoir « pris conscience » que « les armes citées » après les attentats de Paris pouvaient être des armes qu’il avait « été amené à fournir » à un voyou, un certain Samir, « à l’occasion d’opérations d’infiltrations pour le compte de la gendarmerie ». L’indicateur se rend alors compte que la « cible » qui a été la sienne, Samir Ladjali, a été identifiée par la PJ dès le mois de juin précédent, dans le cadre de cette enquête pour trafic d’armes ouverte en décembre 2013, après la découverte de l’ADN d’Hermant sur une arme.

    "un ensemble de documents montre que les services de gendarmerie et de police ont effectivement surveillé le ou les réseaux qui ont fourni des armes de guerre aux terroristes des 7, 8 et 9 janvier"

    "Dès le mois de juin 2014, soit sept mois avant les attentats, les policiers de la PJ de Lille ont obtenu le nom de l’acheteur principal du réseau et ont effectué des surveillances et des filatures autour des hommes qui ont acheminé et remilitarisé les armes. Cet échec de l’infiltration, ou de la surveillance, a eu pour conséquence la livraison effective d’armes à des terroristes et leur a apporté un soutien logistique inespéré."