Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • #Samantha_Berg : De l’importance du langage dans l’univers de l’identité de genre (une allocution)
    http://tradfem.wordpress.com/2017/04/24/de-limportance-du-langage-dans-lunivers-de-lidentite-de-genre

    Je suis linguiste de formation et j’ai passé 14 ans à organiser politiquement des féministes radicales contre la prostitution. Mon allocution va combiner ces compétences et examiner comment le nouveau vocabulaire du transgenrisme fonctionne pour effacer les femmes et supprimer la parole des femmes.

    (...)

    Même si j’ai eu des rapports d’amitié et de travail avec des personnes transgenres durant de nombreuses années à Portland – c’est là que j’habite, à Portland (Oregon) – c’est à travers la question de la prostitution que j’en suis venue à me pencher sur les éventuels risques de la politique transgenriste.

    Georgina Beyer a vécu en tant qu’homme blanc en Nouvelle-Zélande avant de transitionner à l’âge de 27 ans. Georgina s’était prostitué comme gay avant de remporter un siège au parlement néo-zélandais et de réclamer la légalisation de la prostitution. Lorsqu’a été adoptée en 2003 la loi légalisant la prostitution, aucune travailleuse du sexe ne siégeait au parlement néo-zélandais.

    Ce fait m’a conduite à apprendre que partout au monde, plusieurs organisations de « droits des travailleurs sexuels » comptent des transfemmes dans des postes de premier plan, et j’ai dû réfléchir beaucoup aux raisons pour lesquelles une catégorie démographique aussi restreinte parmi les prostituées bénéficiait d’une plate-forme médiatique aussi disproportionnée. Avec tout ce que je sais sur la façon dont la hiérarchie de genre fonctionne dans la prostitution, je ne pouvais plus ignorer l’augmentation des militants transgenres dont les voix marginalisaient celles des femmes à propos de lois concernant presque exclusivement la vie des femmes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.youtube.com/watch?time_continue=13&v=hkKI5tz_XmM

    #travail_du_sexe #prostitution #transactiviste #féminisme_radical #capitalisme #misogynie

    • Parler de cisfemme confère aux femmes un pouvoir qu’elles n’ont pas. Bien qu’il soit vrai que les personnes trans souffrent d’énormes discriminations, il ne s’ensuit pas logiquement qu’être une cisfemme constitue un privilège. Dans notre monde misogyne, être une femme signifie encourir de la discrimination et du manque de respect dans presque toutes les interactions sociales. Être perçue comme une femme ne fournit donc pas d’avantages, de ressources ou de pouvoir au départ.

      En outre, il est faux d’affirmer que quiconque n’est pas transgenre est cisgenre. L’exemple le plus évident est celui des lesbiennes. Celles-ci ne se conforment certainement aux attentes sociales à l’égard des femmes lorsqu’elles aiment romantiquement d’autres femmes. Il est facile de songer à beaucoup d’autres exemples.

      « Avoir des privilèges » ça veut rien dire en soi : on a des privilèges par rapport à d’autres. Or l’avis de celleux qui utilisent « cis » c’est justement que les femmes cis ont certains privilèges par rapport aux personnes qui se pensent socialement comme femmes (et qui peuvent être reconnus comme femme par le regard des autres) mais qui sont nées avec un pénis.

      Ce n’est pas « être perçu comme femme » qui fournit des avantages en soi, c’est bien : « être perçue comme femme en étant née avec un vagin », donne des avantages par rapport à « être perçue comme femme sans être née avec un vagin ».

      Enfin c’est comme ça que je l’avais compris pour l’instant.

    • Maintenant c’est un privilège d’etre née avec un vagin par rapport aux personnes nées sans vagin.... On arrete pas le progrès.
      A la naissance on n’est pas cis ou trans et il n’y a pas de privilège à naitre avec un vagin. Le genre c’est pas un truc génétique qu’on choppe à la naissance. C’est une construction sociale. Faire comme si toutes les femmes trans avaient le meme vecu est vraiment domageable, aux femmes trans comme aux femmes. Il y a des trans qui se découvrent trans après une longue vie de macho à profiter de leurs privilèges sans aucun soucis, il y a des trans qui ne sont femmes que certaines heurs de la journée et il y a des femmes trans parfaitement misogynes, il y a des trans qui se disent trans tout en gardant l’intégralité des codes de la virilité. L’exemple donné dans l’article de « Fish Food » est tout de même sévèrement méprisant pour les femmes à vagin de naissance. Que les femmes trans disent que les femmes cis sentent le poisson de la chatte c’est tellement un privilège pour les femmes cis ! Heureusement qu’on a les femmes trans pour nous rappeler nos privilèges de morues.

      Ces femmes trans, qui se disent trans-féministes ne sont pas animées par une solidarité avec les femmes. Prétendre qu’il y a un privilège à subir l’oppression masculine c’est une grave erreur. Etre une femme c’est se prendre la domination masculine dans le face et rien d’autre, c’est pas être maquillé, douce, ou aimer tortiller du cul dans des vetements sexy. Ce que disent ces trans-femmes (qui ne sont pas toutes les trans-femmes, j’imagine qu’une bonne partie d’entre elles ne partage pas ces revendications et ce mépris pour l’odeur de nos vagins) est une négation de ce qu’est le sexisme. Et pendant que ces trans-femmes militent contre les femmes qui puent le poisson de la chatte, les hommes ont leurs privilèges renforcés par les revendication de ces femmes qui ne puent pas le poisson. Ils peuvent prétendre qu’ils se sentent trans pour privé les femmes des espaces qui leurs sont reservés (prisons, vestiaires, toilettes, espaces féministes non-mixtes sont compormis) , et cela sans qu’on puisse rien dire puisque rien ne permet de dire qui est femme à part peut être l’odeur poissonnière. Ils bénéficient d’un soutiens à leur pratique de prostitueurs (ce qui est nuisible aux femmes, principales victimes de la prostitution), ils peuvent jouer avec les clichés misogynes dans des mises en scènes stéréotypés de la féminité (les spectacles transformistes sont généralement un sommet de male-gaze et enfilade de clichés sexistes). Tous ces problèmes que les femmes-trans causent aux femmes qui puent la marée basse sont interdit de discussion, si on les évoque on est des TERF et des SWERF.

      Les trans-femmes entretiennent en plus la confusion entre les différentes formes de transgenrisme, transsexualité, transformisme sans qu’on ai rien à en dire. Un mec à grosse barbe et costume trois pièce peut parfaitement se déclaré trans-femme et aller dans les lieux réservé aux femmes sans que les femmes n’aient rien à redire car c’est la personne concernée qui décide selon son bon vouloir. C’est tout ce que les trans-femmes ont apporté au féminisme. Et l’autre apport de ces trans-femmes c’est une négation de l’oppression que subissent les femmes, une négation de la domination masculine, une négation de la différence de valence des sexes (cf F.Héritier), une négation du sexage et en fait une négation du féminisme dans ses fondement les plus profonds.

      Il n’y a pas de privilège à être une pue-le-poisson.

      Les vécus des femmes trans sont très variés et leur renoncement aux privilèges masculin et à la socialisation masculine sont très variés aussi. Le trans-genrisme est un parcours individuel, il doit être examiné au cas par cas, en tout cas on devrait avoir le droit de s’interroger là dessus, ce qui n’est pas le cas actuellement. C’est pas possible de faire comme si les trans étaient toutes identiques avec toutes les mêmes besoin et toutes le même accès aux luttes féministes, aux espaces non mixtes. C’est nuisible aux femme et a certaines femmes trans qui peuvent ne pas vouloir se doucher avec toute personne qui s’auto proclame femme. Les femmes trans refusent de réfléchir aux aventages que leurs revendication donne à l’oppression masculine. Donner un accès libre aux espaces féminins à toute personne qui se sent femme c’est un problème grave et aujourd’hui les trans-femme nous interdisent d’en discuter (les exemples commencent à être nombreux, insultes de TERF, SWERF, agressions physique, destruction d’ouvrages féministes, annulation d’assemblées féministes, menaces, divulgation d’adresses et coordonnées de militantes, culpabilisation des militantes abolitionnistes pour les violences perpétré par les prostitueurs ...). En face les femmes cis ne font pas fermé les espaces trans-féministes, ne menacent pas, ne divulgent pas les adresses avec appel au viol ou ce genre de choses. Pendant ce temps les hommes tuent les femmes, trans et cis et ceux là les trans-femme leur aménage le marché prostitutionnel, leur facilite l’accès à des lieux d’agressions sexuelles, et vident la lutte contre leur domination de toute substance en faisant croire qu’il y a une privilège à être née avec un vagin.
      Je veux bien accepté certaines femmes trans dans les espaces non-mixtes féminins, et j’avoue ne pas savoir du tout comment et sur quels critères faire ces acceptations. Mais certainement pas uniquement celui du ressenti de la personne. J’ai assez connu de pervers et de misogynes pour savoir que ceux là utiliserons ce critère pour agressé les femmes dans les rares endroits qu’elles se sont aménagés et ca je ne suis pas prête à le laisser faire pour quelques femmes trans.

      Enfin je ne conteste pas le droit des femmes trans à se réunir entre femmes trans en non-cis-mixité pour discuter de leurs problèmes spécifiques, mais de l’autre coté je pense que les femmes cis doivent pouvoir profiter aussi de non-trans-mixité sur certains sujets spécifiques tel que la contraception féminine, l’IVG, les règles par exemple sans avoir à se faire infligé des « trou avant » ou des « personnes accouchantes ».

    • Ah mais je suis d’accord avec tout ça.

      Je dis juste que je ce que j’avais cru comprendre, c’est que les personnes qui utilisent « cis » ne disent pas que les femmes ont des privilèges à la naissance (comme tu le redis là alors que justement mon commentaire était de dire que ce n’est pas ce qu’elles disent), mais que une fois adulte, et une fois trans, une personne femme trans, a des difficultés sociales qu’une femme cis n’a pas (pour le dire dans l’autre sens), dans le travail, la rue, etc.

      Mais après il faut préciser, vu que comme tu le rappelles, il y a plein de type de femmes trans (où plus précisément qui s’auto-disent femmes trans).

      Je suis plutôt de l’avis, comme déjà dit dans d’autres discussions avec Aude, toi, d’autres, qu’on peut se dire femme non pas soi-même mais si on est reconnu majoritairement par les autres, par la société, en tant que femmes… et que du coup on en subit toutes les conséquences. :(
      (Mais pour ces cas là, de femmes trans qui en subissent toutes les conséquences car bien prises par les autres en tant que femmes, possible qu’elles aient en plus d’autres difficultés qui s’ajoutent en tant que trans, pour le travail, leur carte d’identité, etc, que n’ont pas les femmes cis…)

    • @rastapopoulos c’est pas contre toi que je m’agace. Les féministes parlent entre autre des privilège dont on bénéficé les femmes trans avant d’être reconnu comme femme. En tant que trans-femme on profite de ce passif, plus ou moins selon les trans-femmes mais on ne peu certainement pas évacué ca comme les font les activistes trans actuellement. Les féministes disent aussi que si les femmes trans ont bien des discriminations spécifiques, les femmes non trans en ont aussi du fait d’être femmes. Des discrimination que ne vivent pas les femmes trans, discrimination sur la contraception, l’IVG, la socialisation féminine depuis l’enfance, les règles, la ménopause... Et qu’on va pas faire un concours de la plus discriminé, ca depend des femmes et ca dépend des femmes trans, ca dépend des contextes et des moments de la vie.
      Les féministes généralement ne dénient pas aux femmes trans de subir des discriminations spécifiques mais elles entendent pouvoir encore lutter pour toutes les femmes même celles qui ont le « privilège » de puer le poisson par leur trou avant. Les féministes luttent contre la discrimination masculine, les trans-féministe que j’entends luttent contre les féministes et contre les femmes et au bénéfice des hommes et de leur domination.

      @aude_v merci pour tes compliments :) Je suis contente de savoir que mes emportements te font plaisir. Le truc de « Fish Food » me blesse particulièrement parce que les amis gay et trans de mon père me gratifiaient de ce genre de « compliments » quand j’avais 11-12 ans et ca me fait encore mal quant j’y pense. Découvrir que cette insulte misogyne fait partie de l’argot ordinaire des trans me met en colère.

    • Oui je vois mieux la différence entre « juste » avoir des difficultés/des discriminations (et on ne va pas faire de concours, il n’y a pas d’échelle objective), et le fait d’avoir des privilèges sur une autre classe ("avoir des privilèges" tout court n’existant pas, on a des privilèges sur d’autres personnes). Cette dernière ayant alors des difficultés/discriminations parce que la classe privilégiée a ces privilèges (causalité un peu dans les deux sens).

    • Vers 7:30, il y a une diapo avec des symboles représentant toute une diversité de genres.
      C’est pas pour faire mon naturaliste (pratique très courante chez les pro binarité), plus une curiosité dont je ne trouve pas la réponse sur Wikipédia (trop technique sûrement).
      Dans un musée d’histoire nat., j’avais été surpris de voir d’autres symboles que mâle et femelle pour des oiseaux, il y avait ROND, ROND POINTÉ, DEMI ROND, DOUBLE DEMI ROND.
      Je n’ai jamais su à quoi ça correspondait.

    • Intrigué par le titre (et eu envie de dérouler jusqu’à n’importe quel autre sujet que le président du dernier des quinquennats)
      http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/05/14/ce-que-l-hygiene-sexuelle-dit-de-notre-societe_5127431_4497916.html

      En 2015, l’actrice Gwyneth Paltrow invitait sur son site personnel les lectrices à bénéficier d’un soin en spa bien spécial, consistant à s’asseoir sur un « mini-trône » libérant de la vapeur infrarouge.

      En attendant que nos vagins toxiques soient interdits à l’embarquement des aéroports, la vaporisation vaginale est toujours d’actualité.

      Argumentaire publicitaire
      La manière dont nous lavons notre linge sale est privée, celle dont nous lavons nos parties intimes relève de la santé et de la moralité publiques – peur des maladies, de la contagion, peur aussi de n’être jamais suffisamment propres, donc socialisables. Si les racines de l’association entre sexe et crasse remontent à la nuit des temps, elles n’en gardent pas moins un impact culturel, symbolique, marketing d’une modernité sans failles. Dites-moi comment vous lavez votre sexe, je vous dirai dans quelle société vous vivez.

    • @aude_v . je ne comprends pas votre « vos posts sont facilement doublonnés ». Est-ce possible de clarifier svp ?
      Nos post doivent être en « http » au lieu de « https », cela amène-t-il des difficultés ?

    • Votre site réalise bien la conversion http>https automatiquement, le souci n’est pas là.
      Par contre, la création de vos posts sur SeenThis se réalise avec l’URL en http, et non en https. J’ignore s’il s’agit d’un fil RSS ou d’une création manuelle. Mais il conviendrait, afin d’éviter les doublonnements des références à vos articles, que dans vos posts, l’URL soit en http.