• Au pays du mensonge déconcertant, rien n’arrive jamais | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/julien-schickel/blog/110517/au-pays-du-mensonge-deconcertant-rien-narrive-jamais

    Au pays du mensonge déconcertant, on a oublié que Pier Paolo Pasolini nous avait prévenu que « sous couleur de démocratie, de pluralité, de tolérance et de bien-être, les autorités politiques, inféodées aux pouvoirs marchands, ont édifié un système totalitaire sans pareil » et que « le centre s’est assimilé tout le pays… Une grande œuvre de normalisation parfaitement authentique et réelle est commencée et elle a imposé ses modèles : des modèles voulus par la nouvelle classe industrielle, qui ne se contente plus d’un « homme qui consomme » mais qui prétend par surcroît que d’autres idéologies que celle de la consommation sont inadmissibles. » On a oublié qu’il appelait cela, par défi, le nouveau fascisme.

    • Au pays du mensonge déconcertant, on ne regrette pas Pier Paolo Pasolini, parce qu’il faut être populiste ou fasciste ou réactionnaire ou insoumis pour craindre un fascisme qui ne fait peur à aucun de nos chers dirigeants et un arriéré archaïque pour dire qu’on nourrit une haine viscérale, profonde, irréductible, contre la bourgeoisie.

      Au pays du mensonge déconcertant, nous n’avons plus besoin des lucioles dont Pier Paolo Pasolini pleurait la disparition, la publicité éclaire nos villes et nos vies. C’était un poète, et nous n’avons plus de langue ni de mot, simplement des chiffres.

      Au pays du mensonge déconcertant, j’ai voté Macron le 7 Mai, la peur au ventre et la queue basse. Depuis, - me croirez-vous ? - une luciole me tournicote autour en répétant que j’ai fait quelque chose de bien vilain. Je ne sais que lui répondre, mais je crains qu’elle ne disparaisse vite.

      #nouveau_fascisme #Pier_Paolo_Pasolini

    • Du même auteur : Ode au capitalisme

      Debout, les aisés de la Terre,
      Debout, tous les aigrefins.
      La raison meurt en son cratère,
      C’est le business de la faim.

      Du passé, faisons table rase,
      Experts, sages, debout, debout !
      Le monde va changer de base,
      Nous somm’ déjà tout, soyons plus.

      C’est la lutte finale,
      Réformons, et demain,
      Le Grand Capital
      Sera le genre humain.

      Nous sommes les sauveurs suprêmes,
      Et Dieu, et César et Patron.
      Profiteurs, gavons-nous nous-mêmes,
      Décrétons l’salut du pognon.

      Pour que le chômeur rende gorge,
      Pour prendr’ l’argent du populo,
      Cassons nous-mêmes leurs forges,
      Battons les pauvres tant qu’ils sont chauds.

      C’est la lutte finale,
      Réformons, et demain,
      Le Grand Capital
      Sera le genre humain.

      Politiques, banquiers, nous sommes,
      Le grand Parti des Exploiteurs.
      Le fric n’appartient qu’aux hommes,
      L’salarié ira crever ailleurs.

      Comm’ nous de vos chairs se repaissent,
      Tous les Arnaud alentour.
      Que le peuple un matin disparaisse,
      Le soleil brillera toujours.

      C’est la lutte finale,
      Réformons, et demain,
      Le Grand Capital
      Sera le genre humain.