• Le coût écologique d’#internet est trop lourd, il faut penser un internet #low-tech
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    Le combat pour une informatique émancipatrice échoue le plus souvent à expliquer les effroyables coûts écologiques et humains du numérique, expliquent les auteurs de cette tribune. Qui proposent des pistes pour un internet low-tech afin de nous émanciper des sphères technocratiques et industrielles.

    • À court terme, un tel projet suppose tout d’abord d’organiser, aux différents stades de leur élaboration et de leur mise en œuvre, l’opposition aux politiques de recherche qui, sous couvert d’encourager l’innovation et le « progrès », ne font que renforcer les logiques écocides et liberticides propres au capitalisme informationnel — par exemple, celles qui participent à la prolifération des objets connectés ou des technologies de surveillance.

      À l’inverse, il s’agit d’encourager les travaux émergents des chercheurs et ingénieurs sur la sobriété des équipements, protocoles, services et logiciels qui sous-tendent l’infrastructure numérique [8] ; d’œuvrer à la relocalisation de la production ; de prendre au sérieux la question de l’obsolescence des objets ; bref, de rendre possible et désirable l’avènement d’un internet low-tech, sans doute plus lent, mais beaucoup plus pertinent, durable et résilient, fondé sur des machines aux fonctionnalités simplifiées, contrôlables et réparables par les utilisateurs. high-tech.

      Une réflexion qui a du sens mais n’avancera pas beaucoup si elle ne s’attaque pas à la financiarisation du monde.

    • excellent article, c’est tellement rare de voir des papiers aller au delà la réflexion technophile.

      Sur le plan matériel il y a un début de réflexion et d’action avec le Fairphone, et on peut voir du côté des hébergeurs communautaires (notamment les CHATONS en France) une mise en commun des ressources, qu’il faut à mon sens favoriser par rapport à l’auto-hébergement.

      Sur le plan des usages enfin, il s’agirait de faire le tri, d’engager un débat sur les pratiques informatiques que l’on souhaite préserver et cultiver – parce qu’elles sont les véhicules d’expressions citoyennes ou artistiques, de solidarités renouvelées, de partages de savoirs –, et celles, chronophages, addictives et aliénantes dont on gagnerait à s’affranchir.

      C’est parfaitement dit, et ça passe par une réflexion sur les outils eux même.

      Il y a des choses qui vont dans le bon sens, mais trop lentement et il y a déjà urgence.

    • @goffi Je n’ai pas eu la meme interpretation que toi de cet article. L’approche anti-tech est indéniable. Mais parmi les soluces low-tech, j’entends plutot : Pas de vraies solution, seulement des moindres mal. L’article l’aisse donc la place à l’interpretation.

      Je sais bien que la réappropriation est deja une avancée compte tenu du monopole Gafam-Baidu. Mais la mise en commun, l’auto-heb... Rien n’apporte de gain energetique ou en ressources rares.

      Je sais bien qu’on peut classer bon nombre de techno electronique dans les low tech, c’est d’ailleurs mon point de vue : ordinateur low tech, circuits memoire, soudure en surface... Meme pas peur. Mais coté services... Le mieux est quand meme de tout eteindre.

      L’article apporte une reflexion sur l’égalité d’acces. Et la je suis d’accord. Si les petits n’ont pas les moyens, il faut interdire aux grands.

    • Je sais bien que la réappropriation est deja une avancée compte tenu du monopole Gafam-Baidu. Mais la mise en commun, l’auto-heb... Rien n’apporte de gain energetique ou en ressources rares.

      L’auto-hébergement pourrait diminuer le coût énergétique actuel s’il était placé dans les boîtiers internet qui sont déjà allumés H24 (ce qui est une bêtise en soit pour la grande majorité de la population, mais tant qu’à rester allumé autant utiliser).

      Après la mise en commun est une solution bien plus souhaitable et envisageable, et en partant de là, on peut espérer garder et réutiliser les machines le plus longtemps possible, voire utiliser des énergie renouvelable (il y a déjà des serveur tournant à l’énergie solaire par exemple).

      Le mieux est quand meme de tout eteindre.

      Probablement oui, mais ça n’est pas près d’arriver. D’un autre côté les technologies bien utilisées peuvent apporter beaucoup : SeenThis est un exemple, Wikipédia un autre.

      Une réflexion sur notre utilisation de ces technologies, leur implication sur notre écosystème, sur notre vie sociale, sur les inégalités, sur la réflexion et la connaissance, etc. est un point essentiel, et c’est à notre génération de le faire, maintenant.

    • Pour l’auto-hébergement c’est clair, perso j’ai toujours était farouchement contre, ça me parait une aberration pas possible…

      C’est la mutualisation à l’échelle locale le plus utile ET faisable dès maintenant, d’après moi. Des assocs locales, avec des serveurs locaux, comme dans la fédération FDN, comme Auilenet dans le sud-ouest par exemple. Et ensuite c’est relié aux internets, mais si ya des problèmes loin, il reste toujours un internet local qui peut fonctionner et déjà rendre des services aussi.

      Les contenus dupliqués en local, la mouvance unhosted, c’est intéressant. Avoir les contenus ENTIERS dans ces mutualisations locales, et avoir un système de synchronisation régulière (que ce soit à base de duplication SQL, de Git, de Syncthing, ou autre système de ce genre).

      En tout cas, oui aux chatons et non à l’auto-hébergement, pour moi c’est clair, aussi bien en ressources naturelles et énergétiques, qu’en problèmes d’élitisme.

    • je ne sais pas si les limites de ce texte sont techniques. On peut imaginer, peut-être, un internet low tech post-apocalyptique, avec un ordi pour 10000 habitants et un système fonctionnant à énergie solaire, le tout décentralisé et organisé en toute convivialité...
      Mais il faudrait certainement plus qu’un grand inventaire de nos besoins — une vraie rupture, seule à même de faire que nos désirs ne soient pas captés par l’infrastructure numérique et que nous cherchions ailleurs, hors de ce maillage-là, de nouvelles vies à inventer. Poser clairement la nécessité d’une désinformatisation de la société serait en tout cas un bon préalable, même si l’on doit tenir compte de nos dépendances et de nos contradictions.
      Parmi les choses qui ferait rupture, il me semble que des déclarations collectives d’informaticiens refusant de mener plus avant le processus de numérisation, ce serait très fort. Les hackers côté pile qui sont à fond dans le business côté face, c’est de la schizophrénie. Et pourtant, pas de trace d’une organisation d’informaticien qui revienne sur l’impact plus que contestable, au travail par exemple, de l’action des informaticiens eux-mêmes. Même si on est pris par le boulot, la nécessité de payer son loyer, l’envie de ne pas vivre la même dèche que ses darons ou je-ne-sais-quoi-encore, on peut quand même se donner des formes d’organisation pour imaginer se sortir de cette tension entre ce qu’on fait au boulot et le monde que l’on désire. Et donc commencer par critiquer ce que l’on doit faire.

    • Huhu, le serpent de mer. :)
      Ça me génère une grande dose de double bind, effectivement.

      Je suis plutôt d’accord avec @kamo, dans l’ensemble.

      Après… là maintenant, il y a quand même déjà moyen de faire bien mieux et surtout ne pas participer à augmenter de manière exponentielle les besoins.
      – Ne pas avoir de périphériques mobiles, méga miniaturisés (pas de mobile, pas de tablette).
      – Limiter le nombre d’ordis, par exemple ne pas forcément avoir un ordi au boulot et un ordi perso, quand on le peut, ce qui n’est pas forcément facile ok (quand on est dans un truc hiérarchique, qu’on peut perdre son travail son ordi, etc), déjà un par famille, peut-être. Et si plusieurs, parce qu’on a fait de la récup avec des vieux ordis (pour faire internet et texte ça suffit).
      – Mutualiser au max les services en ligne, pas d’auto-hébergement, pas chacun son petit serveur.
      – Avoir le max de ces choses en local, dans sa région voire dans sa ville, ce qui réduit forcément les accès lointains, les besoins en infrastructure.
      – Dans les logiciels, participer à des choses autour de l’information mais pas dans l’automatisation ou dans le management (les logiciels « ERP » classiques par exemple).

      Tout ça on peut le faire sans augmenter la fabrication et l’utilisation d’énergies, et même ça réduirait grandement.

      M’enfin comme de toute façon l’effondrement complet arrive sous peu (#collapsologie), c’est sûr que ça parait peut-être dérisoire.

    • Lui est graphiste et aurait besoin d’une bécane pareille pour son usage pro mais un con de vendeur a saigné son père aux quatre veines en lui fourguant un ordi pas adapté et super cher.

      Il ne faut rien attendre d’autre d’un « vendeur ». Le vendeur est dans son rôle car il touche une commission sur son chiffre.
      Non, le mieux pour des néophytes qui n’ont ni le temps ni l’envie d’approfondir leurs connaissances dans les technologie informatiques, ce serait de passer par des associations où des personnes auraient la possibilité de se mettre au niveau des débutant-e-s et de leur conseiller des solutions adaptées. Moi je leur conseillerais d’installer « toutou-linux », un OS adapté pour les « ordinosaures ».
      http://toutoulinux.free.fr/presentation.php