• Nikos Smyrnaios : «L’objectif des #GAFAM, c’est d’absorber le marché »
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    La thèse de votre livre repose sur le concept d’infomédiation. Vous écrivez que « l’objectif principal des #GAFAM est de contrôler la fonction d’#infomédiation ». De quoi s’agit-il ?

    Ce concept est un élément de réponse au discours sur la société d’information et la société post-industrielle. A la fin des années 1970, la théorie dominante explique que le capitalisme évolue parce que l’abondance d’information fait basculer le modèle. Mais un intellectuel, peu reconnu à l’époque, Kimon Valaskakis, voit déjà plus loin. Pour lui, le plus important, c’est la façon dont les ordinateurs vont médier ces informations. On peut définir l’infomédiation comme l’ensemble de segments d’activité et de dispositifs numériques qui permettent la mise en contact des internautes avec tout type d’informations en ligne mais aussi avec d’autres internautes.

    Le concept voyage, et est utilisé par des économistes libéraux qui voient dans les années 1990 que la valeur va se concentrer sur la valeur informationnelle. Ce qui est important, ce n’est pas la production d’information, mais celui qui va faire la médiation entre l’offre et le public. Pour eux, celui qui tirera son épingle du jeu est celui qui se placera entre la production d’information et l’utilisateur final. C’est ce qui est arrivé avec Facebook et Google.

    Mon petit apport à la théorie, c’est que la médiation ne se cantonne pas uniquement aux services en ligne. Elle se joue beaucoup plus tôt : si on arrive à contrôler l’accès à Internet, on fait de l’infomédiation. Quand Free décide d’attribuer à une télévision un numéro de chaîne spécifique sur sa box, il fait de l’infomédiation. C’est la même chose pour un système d’exploitation ou des datacenters. L’intéressant, c’est que les GAFAM sont tous au coeur de l’infomédiation, et à plusieurs niveaux. Les cinq acteurs étudiés sont présents dans tout ces segments, du fait d’une intégration verticale ou horizontale.

    #médias #critique_techno