• Ghostbusters, renouer avec la sororité pour combattre les fantômes du passé
    https://www.deuxiemepage.fr/2016/10/06/ghostbusters-2016-sororite-fantomes-passe-analyse

    C’était le 10 août 2016. Rappelle-toi. Avant même sa sortie au cinéma, le Ghostbusters de Paul Feig soulevait une vague de critiques misogynes et racistes. En cause : son casting entièrement féminin et la présence de l’actrice afro-américaine Leslie Jones qui, face à la situation, a elle aussi rappelé que les « black lives matter ». Mais, finalement, que sait-on vraiment de ce reboot ? Pas évident de s’attaquer à un monument du cinéma de science-fiction. Eh bien, crois-le ou non, ce Ghostbusters 2.0 a plus à dire qu’il n’y paraît sur l’état actuel de la pop culture.

    Dans un monde merveilleux, la proposition cinématographique mainstream et sérielle de 2016 serait totalement originale. Nous, les spectatrices et spectateurs, n’aurions pas à engloutir encore et encore la régurgitation d’œuvres que l’on regardait enfant, ou nos parents avant nous. Mais ce monde n’existe pas, et il semblerait qu’aujourd’hui, l’évolution de la proposition culturelle passe par la pratique de la « réinitialisation ». Par la capitalisation de la nostalgie. Comme si, quelque part, il était nécessaire de procéder en douceur. Comme si le grand public, cette créature fantasmée par les sociétés de production, n’était pas prêt à voir des réalisations politisées, originales, créatives, progressistes, tout en étant divertissantes et accessibles à toutes et tous.

    Réécrire et se réapproprier des œuvres anciennes – souvent imprégnées de tons sexistes, misogynes, racistes, et invisibilisantes pour les minorités – pour inverser la tendance, multiplier les voix, voilà l’idéal. Progressivement, la réappropriation de ces créations, peu importe notre goût personnel pour elles, change la manière de raconter des histoires. Peu à peu, les perspectives à partir desquelles ces récits sont racontés évoluent. Mais cela prend un temps incroyable – on connait, par exemple, la proportion des femmes à l’écriture par rapport aux hommes, que ce soit à Hollywood ou dans notre chère France, et ne parlons pas des minorités. Si l’on devait faire une comparaison entre les films et les séries, la vitesse d’évolution du cinéma dit mainstream équivaut à peu près à mettre en compétition le paresseux de Zootopie et Bip Bip des Looney Tunes.

    #cinema #sororité #féminisme #racisme

    • moi aussi il m’as fait du bien et j’ai trouvé qu’il retrournait bien les clichés sexistes des vieux films et ca m’etonne pas que les machos aient pas aimer.
      Sinon l’article souligne tout de même l’aspect cliché du personnage joué par Leslie Jones qui est la seule membre noire de l’équipe et la seule qui ne sois pas scientifique. En le regardant en pensant à ca je me disait qu’il faudrait d’autres ghostbuster pour visibilisé d’autres groupes, ca ferait plein de remakes.

    • Oui ! C’était juste à l’annonce du casting, pas au fait qu’il y aurait un méchant qui serait un mec à qui on fait subir un stéréotype féminin horrible ici renversé, ce secrétaire qu’on embauche parce qu’il est mignon... En effet, il y a une seule noire, comme si c’était une option, et elle est très cultivée (c’est l’historienne de la bande) mais pas dans le même champ et pas de manière formelle et sanctionnée par un diplôme. C’est un hasard qui fait réfléchir. Mais c’était le cas dans le premier Ghostbusters, un perso noir un peu en décalage ? Ou il n’y avait que des blancs ?