Articles repérés par Hervé Le Crosnier

Je prend ici des notes sur mes lectures. Les citations proviennent des articles cités.

  • Alerte aux écrans pour les enfants
    http://abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2017/06/26/alerte-aux-ecrans-pour-les-enfants_5151417_1650684.html
    http://img.lemde.fr/2017/06/23/250/0/3000/1500/644/322/60/0/2441eea_28888-1t61op7.2lhknjyvi.jpg

    Dans la communauté scientifique, la référence à l’autisme passe mal. « Aucune étude scientifique convaincante ne permet d’établir un lien entre autisme et écrans aujourd’hui. Des parents peuvent être culpabilisés à tort », tempère Michel Desmurget, chercheur en neurosciences cognitives à ­l’Inserm. « En revanche, ce message est pleinement fondé sur les effets délétères des écrans sur les troubles de la relation, la mémoire, les apprentissages plus tard, les habiletés sociales, comme le montre la littérature scientifique. »

    Quid des autres effets potentiels des écrans ? Ceux de la télévision sur la santé physique et mentale sont documentés de longue date dans toutes les tranches d’âge. Quant aux écrans interactifs, ils sont associés à des troubles du sommeil, de l’attention, de la vision, des difficultés d’apprentissage, un déficit d’activité physique… chez les enfants d’âge scolaire et les collégiens. Moins nombreuses chez les tout-petits, les données ne sont guère rassurantes.

    Ainsi, une étude de la Canadienne Catherine ­Birken, présentée en mai dans un congrès, menée auprès de 894 familles avec un bébé âgé de 6 mois à 2 ans, conclut que plus un enfant passe de temps avec un smartphone ou une tablette, plus il est susceptible de développer un retard de langage. Pour chaque demi-heure supplémentaire passée par jour sur un appareil portable, le risque augmenterait de 49 %.

    Récemment, des chercheurs de l’université de Londres ont mesuré l’effet des écrans tactiles sur le sommeil d’enfants de 6 à 36 mois. L’étude, publiée dans la revue Scientific Reports en avril, a été réalisée en ligne, auprès de 715 familles. Premier constat : 75 % des 6-36 mois manipulent quotidiennement des écrans tactiles, et 92 % après 2 ans. Le temps quotidien de tablette est de 9 minutes chez les 6-11 mois, et atteint 45 minutes chez les 26-36 mois.

    L’impact est net sur le sommeil : les écrans tactiles allongent le temps d’endormissement et réduisent la durée du sommeil nocturne. Chaque heure d’écran tactile correspond à une baisse de quinze minutes du temps de sommeil, selon les auteurs, qui rappellent que « le sommeil joue un rôle important dans le neurodéveloppement et la plasticité synaptique [des liaisons entre neurones] ».

    Les Américains Brandon McDaniel et Jenny Radesky ont, eux, exploré les effets de la distraction des parents par des technologies, sur leurs jeunes enfants. C’est le concept de technoférence, définie comme des interruptions au quotidien de conversations ou du temps passé avec quelqu’un par les smartphones, tablettes, etc.

    L’étude, menée par questionnaire auprès de 170 familles avec un enfant de 3 ans, a été publiée le 24 mai dans la revue Child Development. 40 % des mères et 32 % des ­pères estiment avoir un usage problématique des smartphones. Et près d’un parent sur deux comptabilise en moyenne trois technoférences quotidiennes dans le temps passé avec son enfant.

    Le taux de troubles du comportement est plus élevé quand la mère se déclare technoférente, alors que ce n’est pas le cas si c’est le père. « C’est une étude intéressante, mais les effets semblent relativement faibles, tempère le pédopsychiatre Bruno Falissard. Peut-être que la vraie question est : pourquoi ces parents regardent-ils si souvent leur téléphone ou leur tablette, y compris quand ils sont avec leurs enfants ? Est-ce que ce n’est pas cela qui explique ­ensuite le problème d’interaction parent-enfant ? »

    #Ecrans #santé_publique