Reka

géographe cartographe information designer - rêveur utopiste et partageur de savoirs

  • La misogynie banalisée par le rire - Le Temps
    https://www.letemps.ch/societe/2017/06/06/misogynie-banalisee-rire

    La misogynie banalisée par le rire

    Les lois sur l’égalité ou contre le harcèlement sexuel ont beau exister, la femme reste une proie ou un ennemi dans la tête du misogyne, qui contourne les règles en usant désormais de l’humour. Jusque dans des émissions ciblant les ados, comme le montre Cyril Hanouna

    C’est un patron de 42 ans qui aime lancer des défis en réunion. A une employée de 26 ans, il lâche un jour : « Je vais te faire toucher une partie de mon corps, ferme tes yeux, tu dois trouver ce que c’est. » Très vite, il place la main de la subalterne sur sa braguette. Rire général. Un autre jour, une collaboratrice lui rappelle son entretien d’embauche : « Vous avez posé votre zizi sur l’épaule de votre secrétaire avec tous vos potes, en me disant : Je crois en toi. » Rire général.

    #sexisme #obscénité

    • A sa lecture, on est tentée de faire un parallèle entre les séquences télévisuelles d’agression menées par des hommes célèbres, au nom de l’humour, et une tradition de la jeunesse dorée jusqu’au XVIe siècle : le viol de « bons compagnons », commis par des nantis à qui l’on autorisait toutes les licences puisqu’il fallait bien que jeunesse se passe. La victime, servante ou veuve, était préalablement choisie, puis traînée dehors et violée. « Après quoi, quelques pièces de monnaie pouvaient lui être jetées pour signifier qu’elle était consentante. » Un viol sous forme de « rite festif d’affirmation de la masculinité », pour « fraterniser dans le partage de la chair ».
      Dégrader avec décontraction

      En 2017, les frasques de bons compagnons n’ont plus la faveur des juges. Mais la haine des femmes s’est déplacée. Dans une tribune publiée l’année dernière par le New York Times, Sam Polk, un ex-trader repenti, s’indignait d’une tradition vigoureuse à Wall Street : le « bro talk », la conversation de potes. Soit une manière de moquer les femmes en les ramenant au statut d’objet sexuel. Sam Polk y évoque ainsi son dîner avec un ponte de la finance ravi de lâcher, dans le dos d’une serveuse : « Je la renverserais bien sur la table pour lui donner de la viande », ou ces armées de traders dressés à fanfaronner : « à propos de collègues féminines : J’aimerais la prendre par-derrière ». Ou ces étudiants à Yale traversant le campus en beuglant : « Non veut dire oui. Oui veut dire sodomie. »

      Conclusion du millionnaire désormais reconverti dans l’humanitaire : « Le langage de potes produit un champ d’exclusion empêchant les femmes de progresser. Lorsque vous créez une culture où les femmes sont dégradées avec décontraction, comment pouvez-vous éprouver le désir de les promouvoir ou de travailler pour elles ? » Résultat : seulement 2% des gestionnaires de hedge funds sont des femmes…

      #fraternité #domination_masculine #misogynie #culture_du_viol #viol #oppression

    • « Comment des personnes jeunes, « modernes », « averties », tombent-elles encore dans la répartition genrée, donc inégalitaire, des tâches, alors que l’amour pousse à la réciprocité ? »

      #amour
      Encor un gros mensonge masculin sur l’amourrrr.